I. 'un avait ouvert la voie un romantisme, où l'autre
n'all.u! pas larder à le suivre et ù te dépasser. tous lient l'Ame Lrop baut placée pour
BCCessibli - '■ cette jalousie mesquine que les si d'autrui inspirent lrop souvent aux esprits étroits l ' médiocres.
Ils so revirent fréquemment, s'écrîvi Fois, 00 vers 00 SO prose, H. à Reims, Lamartine ita M'ii i-mule .'i aller le voir a Saint-Poiot.
Il sut être n ol que le voyage en M
rut décidé séance tenante. M ** Hugo devait, oatnrel*
lenienl, rejoindre la partie. Elle allaitait encore sa
Bile ri n'aurai! pu se résoudre à la quitter] on lit donc place dans la vaste berline pour une servanl un berceaUj M l'on emmena Léopoldîne
Le surlendemain du dépari, après avoir coud Mfleon, on traversa la vallée ooduleuse qui eno île toutes parts le château de Saint-Point, dont les tourelles s'effilaient a travers un épais rideau de feuillage.
Lamartine et sa jeune femme s'étaient rendu* andevaol des voyageurs dans la cour d'entrée, \ # leui avoir souhaité la bienvenue, ils les conduisirent .m salon. Dans une des fenêtres k amhrasi fluides, deux 'les sœurs du poète, sveltes, blon élégantes, se tcnuienl auprès «l'une dame d'un âge, à la physionomie noble et sereine, dont les beaux cheveux noirs commençaient a peim i se mêler de quelques fils d'argent. Elle se leva à l'entrée d« riteura et s'avança vers eux, affable et souriante. C'était M" 10 de Lamartine, la vraie maltresse de ce logis sur lequel elle régnait par la tend urne
elle avait régné sur la maison de Millv.
Elle voulut, voir la petite Lénpoldine, qu'on avait laissée en l'as avec la servante. Elle la prit st; : genou v, l'embrassa, lui dit mille douces l>
— LôO
si bien que la migOOûoe, un peu eflVavée d'abord par tant de Egares incoonuos, m rassura • i répandil un i ■ i ï-« - [oyeux ;in sourire malerael qui se penchait vers elle.... Minute profonde que celle qui unissait dans une caresse ces deux prédestinées, Is femin soir de la vie et l'enfant ù son aurore, la mère de Lacoartioe et la fille do Victor Bugol
- -[Min .1 Satnt-Poiûi passa trop rite. Un causa, on récita des vers, on fit de la musique, on visita
.us. tandis que Léopoldine et sa nourrice se promenaient dans le parc, en compagnie de lu fille de leur hôte, cette petite Juliaquî devait mourir en I arre Sainte, et dont, bien des années après, alors mie son juait, lui aaasî, d'une Messttreïngnériasable, M" 1 ' Efago écrivait : « C'était une enfant blonde Cl
pose, inondée de cheveux d'or; un de ces anges que
Dieu prête aux mères pour leur faire un instant de bonheur et une vie île deuil. »
Los relations entre les poètes continuèrent pins affectueuses après cette visite, la seule qui ail mis es présence nus deux béroTnes. Ils ne cessèrent jamais île s'aimer, de se le dire, de se le prouver •'< l'occasion, ■•i quand Lamartine lut nommé, en i848, ministre des affaires étrangères, il voulut avoir pour secrétaire un des fils de son ami.
Rentrée à Paris au mois de septembre i8:>.">, l.i famille Hugo ne larda pas s piittcr Vaupirard ■m'h- Débiter, nu tfotre-Dame-des-Champs, un
1 ii être transport^ il* l.i province dan in perdu de la capitale. • hj
y resta cinq ans, avant d'aller s'installer aux <
■ laus la verdure et les fleurs. C'est là >|Ut t'éveillèrent les premn iirs de Léopoldine,
Il y avait un jardin, joie un diable ! un jardin bien lui ,i la vérité, mais nu monde pour lu t. potelée qui se roulait el trottinait sur la pelouse, eni vi ée de soleil el de liberté,
Btraordînaireriiriil précore, elle avait parlé à U1 un; à quatre ans, des visiteurs venus causer av. père, — .Iules Janin, Sainte-Beuve, Charles Nodier, tant 'i autres encore I - l'appelaient parfois au milieu dfl Nés jeux.
— Mademoiselle Léopoldine, demandaient-ils, voi. lex-voua nous 1 1 i i ■»• quelque chose?
La petite liésilail , interrogeait son péri
— Allons, Didine, faisait-il. l'encourageant d'un sourire, récite -nous la Ballade des de, chers !
Alors, sans se faire prier davantage, toute simple, toute naturelle, ivtii' mignonne et frêle créature commençai! le funeste récit, de. sa vriix douce el limpii Vrrivée à l'endroit où il faut dire . « C'était Si tan!... » l'en fa ni prenait un ton funèbre; la terreui Était dans su a irestc, la pitié dans sou regard; Victor Hugo, transporté, saisissait sa fille dans ses bras et I embrassait avec passion.
— Oh! disait-il. que tu me fais là de beaux vers ! Comme il l'aimait, sa petite adoive I Comme il en
Lu uvAKTi u Viatn Hi oo
liait fier! Quels tendres accents il prenait pour parler d'elfe:
M front, ce Marin n ntta fraîche joue,
(l'est bien l'enfant qui pleure et joii'
Noua pouvons retrouver, une h un * lis mé-
lodies qui bercèrent l'enfance de la petite Léopoldinc. Elle était présente à chaque pensée, à chaque labeur de SOD père. Partout où il allait, il l'emportait ou l'emmenait avec lui. C'était sa plus chère, parmi les tètes blondes qui étaient venues, d'année en année, nilii |e cercle de famille : deux garçons, Charles ••I François- Victor, et, en i83o, Adèle, qu'on appelai! Dédé pour éviter les confusions.
Quatre enfants! quatre trésors pour ti père n la
mère, que leur âge faisait plutôt les aînés que les parents de leurs filles et de leurs iils ! Et pourtant, comme ils prenaient leur rôle en conscience!
Le jeune femme nourrissait ses bébés, 1 un après
t autre, et montrait à lire aux aînés alors que les cacts tétaient encore.
L'homme écrivait du matin au soir, souvent du soir u matin, disputant le terrain pied à pied à la pauvreté, contre laquelle il dut se défendre longtemps encore avant d'en triompher définitivement. Certain
jour, il n'y avait plus à la maison qu'un billet il» i -piquante francs pour toute fortune!
La vie était donc difficile, mais douce encore plus.
Les âmes des enfants s'épanouissaient, joy< jnliiii un rayonnement d'infinie bonté.
l'inl us loi père quittait ses manuscrits
-'i ilr i.iut snn I le lapis H laissait les
bambins grimper sur lui, riant, bégavanl, se bousculant, lui tirant les cheveux, le tourmentant tout à leur |
I l'antre* jours, ils écrivaient à la môme table, eux, des alphabets «t îles jambages, lui les Oriêniol$i ou les Feuille» d'automne, Il s*i poil pour
admirer une page terminée sans pâtée ni ratures, montrer aux petite à confectionner des cocottes, des voitures, dee bateaux en papier, ou pour leur faire, avec un bout d'allumette noircie, des dessins fantastiques qui les émerveillaient.
Le soir, Léopoldine, en sa qualité d'aînée, s'appn chait calmement :
— Viens, petil père, implorait-elle; raconte-nous
uni: histoire, ilis !
Comment résister à la prière de tous ces veux noirs
■ m Meus qui se levaient vers lui ? « Petîl père » ré-
l>"iidait d'un sourire; c'étaient alors des cris, <U sauts de joie; en triomphe, on apportait la grande «baise ou il s'installait, un enfant sur chacun de ses genoux, un autre blotti à ses pieds; Léopoldine restait debout, un bras passé, aulouj du cou du narra* iem, sa jolie tête fine appujrée sur son épaule. Ils formatant UO tableau charmant, ainsi enlacés! Le Conteur connaissait à merveille l'art de cupliver soi auditoire. Quelles fusées de rires accueillaient le; mésaventures toujours imprévues « d'affreux géants très bétOS, Vaincus par «les nains pleins d'esprit
Dans un coin d'ombre, le grand' pi nel,
M. Faucher, l'ancien j^reffier du Conseil de i^uiTri 1 , un excellent homme qui avait toujours sa place server ;ih foyer, fjuiftaît par instants son livre des veux pour contempler -ses petits-enfants. Sondeuse, M""-' llu^o écoutait leur joyeux tumulte. Les exclamations de terreur et de ravissement alternaient avec tes : « Encore, petit, père, encore I » Et les : « Et puis alors? » palpitants d'intérêt.
Docile, pftii père continuait l'odyssée, Il ne savait rien leur refuser, à ses doux tyrans!
Jamais U ne se fâchait, pas même — quelle suprême abnégation ! — quand les étourdis avaient pris un de ses précieux papiers pour en faire une envolée de papillons.
S'ils étaient m.ilade-., il se relaxait à leur chevet ivec leur unie, elle le jour, lui la nuit. Lorsque le petit Charles eut le choléra, il rie le quitta pas une
minute, et OS furent ses soins qui l'arrachèrent ù la mort.
Mais sa tendresse ne s'arrêtait pas à ses propres enfants; elle s'étendait aux enfants des autres, à l'enfance tout entière.
L'amour de l'enfant chez Victor Htzgol Cest là, peut-être, le plus l>eau et le plus touchani oélé de son taie.
Cs sentiment lui h inspiré ses paç-es les imill il remplit son œuvre, ptôse et poésie, l'illuminant d'une fraîche clarté d'aube, apportant nu milieo
•cliiranl ili ili m i nci i i i! mis re-