‹ On demande un tyranChapitre 3 sur 23 · CATALOGUE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE · texte numérisé non relu

CATALOGUE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE

De tout ce que les hommes de tous les temps et de tous les pays,

ont cru et croient encore de faux,

d'absurde, de bête, de ridicule, d injuste, de cruel,

et de dangereux.

Mensonges, extravagances, erreurs, tromperies, contes , àneries, momeries, sottises, niaiseries, puérilités, préjugés, bévues, prodiges, superstitions, escobarderies, hâbleries, billevesées, naïvetés, impostures, fourberies, fables, charlatanismes, mystifications, g blagues, » etc.

En histoire, en philosophie, en politique, en morale, en religion, en médecine, en astronomie, en his-

toire naturelle, en justice, en législation, en arts; en sciences, etc., etc., en tout;

Où il est prouvé que l'homme

n'est jamais arrivé et n'arrive jamais au vrai,

sur aucun sujet,

qu'après avoir épuisé toutes les formes

clu faux.

Je regrette que l'astrologie ne soit plus à la mode, et que j'aie négligé de me rendre « adepte »; j'aurais pu pronostiquer les destinées du sénat dont les soixante- quinze premiers membres viennent d'être nommés avec tant de discernement par l'Assemblée.

J'ai lu que le père d'Eudoxie, celle qui épousa Théodose II, était un célèbre astrologue; — sa fille s'appelait alors Athénaïs. Le jour de sa naissance, il constata sa « figure généthliaque ».

« Le soleil était dans le lion à la pointe du milieu du ciel, avec Vénus, maîtresse de la septième maison qui se rapporte au mariage, et le Basilic, étoile royale, tous en « trine » avec Jupiter qui, dans le sagittaire, dominait la seconde maison dont dépendent les biens d'acquisition ; tout le reste des planètes formant des configurations qui ne s'opposaient point à l'excellence de ces promesses. »

L'astrologue déshérita sa fille au bénéfice de ses autres enfants, prévoyant qu'elle n'avait aucun besoin de la part de fortune qu'il aurait pu lui laisser. Cette science si révérée autrefois, ne présente plus aujourd'hui assez de certitude pour que j'ose, imitant le père de l'impératrice Eudoxie, proposer de supprimer le traitement qui donne tant d'attrait à cette fonction de sénateur.

Je ne puis guère prédire le sort de la future assemblée, que par comparaison avec celles qui l'ont précédée, en tenant compte du prestige exceptionnel que doivent donner à celle-ci les circonstances qui ont présidé à son élection.

Necte tribus nodis ternos. Amarylli. colores.

[Virgile.]

Je dois avouer que je n'étais pas sans inquiétude sur la situation particulière de M. le duc d'Audiffret- Pasquier. La plupart de ceux qui ont obtenu des sièges au sénat, se rangeant, par cohortes, sous les ordres de MM. Naquet, Thiers et Gambetta, les avaient payés comptant parleurs votes qui formaient un appoint indispensable. Mais il n'en était pas de même de M. le duc d'Audiffret-Pasquier : il était dans la situation de ces malheureux qui, autrefois, vendaient leur âme au diable, pour obtenir dans cette vie une richesse et une puissance éphémères. Quel jour, à quelle heure, de quelle manière l'esprit du mal exigerait-il le gage et le payement? Et ce payement ne serait pas modéré, si on se rappelle

ce que disait le même M. d'Audiffret-Pasquier dans la séance du 14 décembre 1872 :

e Vous êtes radical, vous, mon collègue, parce que lorsque, pour la première fois, vous parliez devant le Corps législatif, dans la séance du 2 avril 1870, vous mettiez en avant cette fameuse théorie de la souveraineté du nombre.

» Eh bien, voilà ce qui divise profondément l'école libérale de l'école radicale ; c'est la théorie de la souveraineté du nombre, la plus révolutionnaire qui soit au monde. . .

» Je vous dis : Vous, radicaux, je vous repousse, non parce que je suis monarchiste ; je vous repousse au nom de la liberté, parce que je suis libéral...

» J'ai bien le droit d'invoquer les six mois que M. Gambetta a passés au pouvoir et de lui dire : J'en sais assez pour désirer que jamais le pays ne vous confie ses destinées. . .

» Si jamais les doctrines que je combattais tout à l'heure venaient à triompher, je me consolerais d'être leur victime, mais je ne pourrais me pardonner d'avoir été leur complice. »

Et voici qu'il vient de se faire non-seulement leur complice, mais aussi leur obligé. Restera-t-il inconsolable? Restera-t-il dans la dépendance de ses bienfaiteurs?

Mais j'ai été rassuré sur le sort de ce père conscrit lorsque je l'ai vu saisir plus adroitement que décem-

ment la première occasion de s'acquitter; — lorsqu'il a protégé contre M. Buffet l'insolence de maître Gambetta, lorsque surtout je l'ai vu si soucieux de se délivrer de sa dette, que, craignant de ne l'avoir pas encore suffisamment acquittée par cette sortie qui avait cependant scandalisé le public, il l'a encore payée « par surcroît » en n'entendant que le lendemain des paroles prononcées à haute voix par M. Naquet, paroles que tout le monde avait entendues, excepté le président de l'Assemblée, M. le duc d'Audiffret-Pasquier, et qu'il eût été du devoir du président de réprimer avec toutes les sévérités dont il est armé. C'est cher, mais c'est payé.

Si cette fois le diable ne le tient pas quitte, le diable est difficile et peut être, à bon droit, traité d'usurier. M. d'Audiffret-Pasquier peut, je le crois, se considérer comme dûment libéré, et reprendre dans la vie politique la situation qu'il y avait autrefois. Qu'il ne s'inquiète pas du discrédit momentané qu'a pu jeter, sur son caractère, l'évolution qu'on lui a vu exécuter. Dans Jiuit jours; grâce au caractère français, on n'y pensera plus, — dans un mois on l'aura oublié; — dans trois mois, ça n'aura pas eu lieu, et il sera ridicule d'en parler.

Cependant le nouveau père conscrit voudra-t-il renoncer si vite aux avantages de sa nouvelle manière ?

Revenons au vers de Virgile qui sert d'épigraphe à ce chapitre :

Faites, ô Amaryllis, trois nœuds de trois couleurs. Necte tribus nodis ternos, Amarylli, colores

Ornez-vous d'opinions panachées de trois fois trois couleurs, et même davantage, si vous en connaissez et s'il s'en présente.

Cette églogue mérite que nous nous arrêtions un moment; il semble qu'elle soit pleine de prédictions et que ces prédictions regardent le nouveau sénat et le nouveau sénateur.

Ce n'est pas la première fois, du reste, que Virgile passe pour prophète, — et on sait que Constantin et beaucoup de chrétiens avec lui voulaient voir, dans l'églogue à Pollion, l'annonce de l'avénement du Christ. Ce ne serait pas non plus la première fois qu'on interrogerait Virgile, en ouvrant son livre au hasard, les « sorts virgiliens ».

« Je dirai les combats des Bergers, Damon et Alphésibée (les gauches et les droites) » : Pastoruin musam, Damonis et Alphaesibei.

Pastores, — les pasteurs, les conducteurs, les représentants du peuple.

Damon appuyé sur le bois poli :

Incumbens tereti Damonis ... olivœ.

N'est-ce pas la tribune ?

« On va voir les griffons s'unir aux cavales, et désormais les daims timides «viennent avec les chiens boire à la même jatte » :

Jungentur jam gryphes equis...

Cum canibus timidi venient ad pocula danite.

N'est-ce pas l'alliance des légitimistes, des bonapartistes et des soi-disant républicains?

Mais voyez comme le poëte appuie sur ce sujet : « Que l'aulne couvre sa cime des fleurs de narcisse, — que les chênes produisent des pommes d'or, — que les bruyères suent l'ambre, — ,que les hiboux et les cygnes mêlent leurs voix » :

Aurea dura?

Mala ferant quercus. Narcisso floreat alnus. Pingula corticibus sudent electra nûrycae Certent et cycnis ululae.

Cycni — les cygnes : les blancs ; — est-ce assez clair?

Et l'enchantement :

...Fragiles incende bitumine lauros.

« Brûle à la flamme du pétrole tes fragiles lauriers. »

Lauros, — la réputation que tu t'étais faite dans les commencements de l'Assemblée.

« A la flamme du pétrole », — bitumine; — estce assez limpide?

Et ces nœuds.

Trois bandeaux de diverses couleurs :

Terna... triplici diversa colore.

Necte tribus nodis ternos... colores.

Toutes les couleurs, toutes les nuances réunies pour un seul vote; ces nœuds (nodis) enchaînant ensemble les adversaires d'hier.

Et pour terminer cette image par laquelle M. le duc d'Audiffret-Pasquier est si clairement désigné sous le nom de Mœris :

« J'ai vu Mœris se changer en loup et se cacher dans les forêts avec les loups. »

...Ego... lupum fieri et se condere sylvis Mœrim.

Et ces traitements de sénateurs partagés. « J'ai vu les moissons livrées à d'autres qu'au laboureur. »

Atque laetas alio vidi tradere messes.

Etc.

Voici, ont assuré certains sténographes, la phrase textuelle prononcée par M. Naquet, et que M. d'Audiffret-Pasquier n'entendit que le lendemain, en exagérant le phénomène qui fait qu'on n'entend le bruit du tonnerre ou du canon qu'un certain temps après avoir vu l'éclair ou le feu de la lumière :

« Entre les massacreurs de Versailles et les défenseurs des barricades, mon choix est fait. »

Tandis qu'on lisait le lendemain au compte rendu officiel qui, paraît-il, entend mal les choses que le président de l'Assemblée n'entend pas :

« Entre ceux qui, exaspérés par quatre jours d'exécutions sommaires, ont agi dans un moment

de désespoir, et ceux qui ont fusillé sans jugement plus de 10,000 citoyens, mon choix est fait. »

Malgré ces euphémismes, le sens est le même ; je ferai cependant de nouveau ici une remarque que j'ai faite plus d'une fois depuis trente-sept ans que les Guêpes existent :

Il est de l'intérêt, il est du droit des électeurs de savoir exactement les faits, dits et gestes des représentants auxquels ils confient leur fortune, leur honneur et leur vie de nation ; il ne devrait pas être permis ni aux orateurs de corriger leurs discours avant l'impression au Journal Officiel, ni au président de l'Assemblée de modifier, de supprimer même certains passages des discours de certains députés, ainsi que je l'ai « relevé » dans plusieurs exemples.

De même, il devrait être imposé aux journaux de ne parler de ce qui se passe aux assemblées qu'en en donnant à leurs lecteurs un compte rendu textuel et non tronqué, arrangé, sophistiqué.

Ce compte rendu devrait être rédigé par des sténographes jurés, sous la surveillance d'un comité formé de sténographes des journaux de toutes nuances, et imprimé dans le local même de l'Assemblée aux frais de l'État, et on le livrerait aux journaux qui l'intercaleraient chaque jour dans leur feuille, au nombre justifié de leur tirage, — on ne leur ferait payer que le papier.

Par ce moyen, l'électeur pourrait suivre, surveiller et juger son représentant, et ni le représentant ni les journaux amis ou hostiles ne pourraient ni arranger ni déguiser ses paroles.

Un seul journal, je crois, le Moniteur Universel, s'acquitte envers ses lecteurs de ce devoir de leur donner les séances complètes, mais cela ne comporte pas une garantie suffisante de l'exactitude du texte; autant que le moyen que je propose.

Revenons à la phrase de M. Naquet; que le mot de massacreurs y soit ou n'y soit pas, le sens est le même :

M. Naquet se place hautement de sa volonté, et par son choix, dans les rangs des assassins des otages et des incendiaires de nos monuments, son « choix est fait ».

Mais ne pourrait-on pas lui demander pourquoi alors il a attendu si longtemps? pourquoi il n'était pas avec eux derrière les barricades, au moment du danger où lui et ses amis et complices avaient tant contribué à les jeter? et pourquoi aussi il vote aujourd'hui avec M. Thiers, qui a commandé ce que M. Naquet appelle les « exécutions sommaires » ou les « massacres ».

La réponse est simple :

La cause est celle qui abritait maître Gambetta sous les orangers de Saint-Sébastien, et qui lui faisait

refuser l'appui (?) de sa parole à son intime ami Cavelier, dit Pipe-en-Bois,qui appelait à son secours, cette même éloquence (?) qui allait le faire mettre aux galères, me rappelant une romance où la jeune beauté abandonnée regrette :

Ces paroles qui m'ont perdue Et... qu'hélas! je n'entendrai plus.

Cette cause, c'est que ces messieurs, en attendant qu'ils aient. . . conquis. . . autre chose qu'ils puissent conserver, se montrent d'ardents et vigilants conservateurs de leur précieuse peau.

Je le répète, je n'aurais absolument rien contre l'amnistie, dans les conditions que voici : Ramener en France les quelques fous, les quelques égarés qui peuvent se trouver à Nouméa, en les faisant remplacer chacun par un des chefs qui les ont non pas conduits, — non, ça brûle, — mais poussés aux actes qui ont amené leur condamnation. M. Naquet qui, avant et plus que les autres, a le courage d'avouer qu'il est de cœur avec eux, que son « choix est fait », ne pourrait se plaindre d'être « choisi » le premier pour aller prendre la place d'un de ces pauvres diables.

Puis ensuite, tous ceux qui, réclamant l'amnistie pour « les frères absents », avouent leur complicité, et qui ne pourront refuser, sans mauvaise grâce, d'aller les relayer, prendre leur place pour au moins quelque temps.

Loin de moi, certes, la pensée de prêcher la vengeance aux exilés, aux déportés, aux parents, aux amis des fusillés; mais je dois leur dire cependant que, si jamais ils en avaient une à exercer, ils ne pourraient le faire avec justice que s'ils l'exerçaient à l'égard de ceux qui, mettant le feu à la patrie pour faire cuire sur la braise la côtelette de leur déjeuner, les poussent, les jettent, depuis bientôt un demi-siècle, dans toutes sortes de troubles, de désastres, de misères, ne plaignant ni les ruines ni les morts, pourvu qu'ils arrivent, eux, à vivre et à bien vivre, à satisfaire leurs appétits exaspérés, sans peine et sans travail.

Sied-il à des... « législateurs » de se montrer contempteurs des lois?

N'en est-il pas une qui punit l'apologie de tout acte qualifié par la loi crime ou délit?

Sied-il au gouvernement et à la justice d'un pays, comme la France, de permettre qu'on encourage et qu'on glorifie publiquement la révolte, l'assassinat et l'incendie?

Et l'amnistie, — sinon dans les conditions que je propose, le remplacement des égarés par leurs guides, — ne dirait-elle pas :

« Ne vous gênez pas, recommencez, suivez ces exemples ; vous voyez bien que ce n'est pas dangereux, que la « perpétuité a des peines est une

des choses qui durent le moins et n'est qu'une farce; allez toujours, nous sommes là, nous vous ferons revenir? »

Ce serait une grave et dangereuse erreur de croire que tout est arrangé et terminé par l'adoption du scrutin d'arrondissement; — c'a été certes un point important à conquérir, — important comme un buisson auquel s'accroche un voyageur en train de rouler dans un précipice sans fond. — Mais le buisson n'est ni un but, ni un séjour possible, — il permet seulement de reprendre haleine, d'attendre des secours et d'en profiter en s'aidant de toutes ses forces.

Avec le scrutin de liste, la société était désarmée; avec le scrutin uninominal, elle n'est pas sauvée, mais elle est armée, — elle a part égale du terrain et du soleil, — il lui reste à combattre avec courage et résolution sans négliger les ressources de l'adresse et de l'escrime.

Il ne faut pas se dissimuler tout ce que cette importante conquête du scrutin d'arrondissement a cependant d'insuffisant ; — pour que le suffrage

universel fût. . . universel, pour qu'il lut réellement l'expression des sentiments et de l'opinion du pays il faudrait qu'il fût à deux degrés. Il faudrait encore que le suffrage fût obligatoire, et enfin qu'une pénalité sévère menaçât ceux qui seraient tentés de commettre des fraudes. Il ne faut pas oublier que M. Cotte, hier encore représentant du Var, et demain candidat au Sénat — car on m'assure qu'il se présente — a été convaincu en pleine assemblée de la Chambre des députés d'avoir glissé de faux bulletins dans l'urne électorale, en faveur de ses amis Gambetta et Laurier, dont l'élection fut solennellement cassée. M. Cotte n'en a pas été autrement puni; on n'a pas compris que c'était là le plus grand crime politique dans une forme de gouvernement où tout repose sur l'élection. Ce n'aurait pas été, ce ne serait pas trop, comme je l'ai dit alors, d'envoyer aux travaux forcés le fonctionnaire coupable d'un pareil méfait.

C'est aux électeurs à combler ces deux lacunes. L'abstention aux prochaines élections serait un crime et contre la patrie et contre soi-même. L'armée de l'anarchie sera au complet ; ses enfants perdus surtout, ses troupes irrégulières voteront plutôt deux fois qu'une ; il n'ont ni affaires, ni travail qui les empêchent de se transporter sur les divers points de l'arrondissement, — de faire des stations dans les cafés, les brasseries, les tavernes et les cabarets, pour y prendre le mot d'ordre.

Après l'abstention, il est à éviter une autre cause de défaite et de ruine pour les conservateurs. Il n'y a en ce moment que deux couleurs en présence, — il ne faut pas s'amuser à jouer sur les nuances; commencez par gagner la couleur, vous discuterez la nuance plus tard. Les chances des candidats bien étudiées dans chaque arrondissement, il faut réunir vos votes sur celui d'un des candidats d'un des partis conservateurs, qui aura le plus de chances déjà acquises. Autrement, il vous arrivera ceci : pour vous opiniâtrer à choisir absolument du bleu clair ou du bleu de roi, au lieu de ne vous occuper que du bleu, vous finiriez par être forcé d'accepter et d'endosser du rouge.

Voyez vos adversaires, ils ne sont pas scrupuleux sur la nuance, — ils ne s'attachent pas — quels que soient leurs goûts et leurs sympathies — au rouge vin, ou au rouge sang, ou au rouge feu : — ils admettent l'écarlate, et le pourpre et le nacarat, et le carmin et le rose, et au besoin ils mettront dans leur pot à couleur, s'il n'est pas plein, et du bleu et du blanc et du vert qui altéreront plus ou moins la couleur, en la rendant plus sombre ou plus claire mais seront absorbés par elle, comme nous l'avons vu pour l'élection des soixante-quinze sénateurs.

En ce naufrage où nous sommes, il ne faut pas

que chacun se jette à la mer, qui avec un aviron, qui avec un tronçon de mât, qui avec une cage à poules, qui avec d'autres débris, — il faut réunir la cage à poules, le tronçon de mât, l'aviron et tous les autres débris surnageants et en. former un radeau, sur lequel tous trouveront place et auront des chances de salut, en confiant la conduite de l'embarcation aux vrais marins et à un vrai pilote.

Il faut s'occuper de consolider et de maintenir le radeau sur lequel nous sommes aujourd'hui : — la république conservatrice avec la présidence de M. de Mac-Mahon, sans penser à autre chose jusqu'à l'époque légalement fixée pour la révision possible de la constitution ; on verra alors si la république a pu s'acclimater et faire des racines, et personne ne le désire plus que moi.

Je l'ai dit plus d'une fois à mes lecteurs, je suis républicain de conviction, de théories, de sentiments, de raisonnement ; mais je suis aussi jardinier, — Je sais que la Providence et la nature sont riches et généreuses, — partout il peut germer, végéter quelque chose, — mais tout ne vient pas partout ; la crête des murs nourrit des giroflées jaunes et par-

fumées, — le sommet des toits de chaume se pare d'iris violets, — les pins trouvent dans les rochers les plus durs des fissures où leurs racines pénètrent et conquièrent une alimentation suffisante. Il n'est pas jusqu'aux rochers les plus nus en apparence, en partie submergés par la mer, qui ne produisent à leur sommet le perce-pierre au feuillage touffu.

Les eaux aussi ont leur végétation : les nymphœa, les nelumbium, les sagittaires, les aponogetons, les valisnières, et cent autres plantes donnent aux étangs des surfaces fleuries, — la mer elle-même a ses algues et ses varechs.

Mais si vous voulez planter les giroflées dans la mer, le perce-pierre dans l'étang, les nymphœa sur les toits de chaume, les sagittaires sur les rochers, tout mourra.

Il faut donc étudier si. le bouillonnement appaisé, lorsque la surface du pays sera redevenue calme et transparente, ^notre sol peut accepter et nourrir la forme républicaine, c'est-à-dire le gouvernement le plus équitable, le plus sensé, le plus élevé et, pour tout dire, le seul légitime.

Si oui, il faudra que tout le monde laboure, bêche, sarcle, fume, et emploie tous les efforts pour faire végéter d'une façon luxuriante l'arbre qui doit nous abriter.

Si non, il faudra reconnaître que tel sol ne produirait que de mauvais froment, qui peut donner

d'excellent vin, — que tel autre qui serait impropre à la vigne, peut former de riches pâturages, et qu'il faut de toute nécessité approprier la culture au sol.

J'ai, pour ma part, fait une partie de ces études depuis 1830, et je le crains avec chagrin, la nation française si bien douée sous beaucoup de rapports ne me paraît pas jusqu'ici avoir reçu les goûts, les penchants, les aptitudes qui peuvent procurer l'installation définitive de la forme républicaine.

Une forme de gouvernement et la république plus que toute autre, ne peut subsister qu'en se fondant sur les mœurs; eh bien, nos mœurs actuelles sont aussi anti- républicaines qu'il est possible de l'imaginer, et semblent chaque jour s'éloigner de la république. — Je suis républicain; mais j'en cherche en vain un. Voyez avec quelle facilité les soi-disant républicains abandonnent leurs principes les plus fondamentaux pour augmenter ou hâter leurs chances d'arriver au pouvoir et à l'argent; la république, pour eux, n'est pas un but, mais une échelle et les soi-disant républicains sont simplement des joueurs qui « pontent » sur la rouge.

Les preuves de ce que je dis ici se présentent chaque jour par centaines; — j'en citerai une d'hier :

Un tribunal vient de rendre un jugement à propos d'un sieur Nicaise qui avait ajouté à son nom la fameuse particule de... ceci ou de cela, — de l'Orme, ou du Chêne, ou du Balai de Crin, ou du Pot à beurre, ou de l'Oise, ou de n'importe quoi.

« Le tribunal,

» Attendu que Nicaise, sans droit, et en vue de s'attribuer une distinction honorifique, a publiquement modifié son nom,

» Le condamne à mille francs d'amende. »

Je choisis ce fait dans un tas, parce qu'il présente à la fois deux des principaux côtés anti-républicains du caractère français, — il y en a d'autres.

J'ai déjà fait remarquer, dans les Guêpes, avec quelle avidité de grenouilles après des loques rouges on se jette sur les plus futiles et les plus mensongères distinctions. — Le commerce des décorations interlopes ou imaginaires est en pleine prospérité;

— tous les Dubois, les Delaunays, coupent leurs noms en deux, s'appellent du Boys ou de l'Aulnaie,

— et dernièrement la chancellerie voulant essayer de mettre un terme à cet abus qui n'est pas pratiqué seulement par des sots, mais aussi par des coquins, — avait, comme je l'ai raconté, fait envoyer des ordres aux divers magistrats pour poursuivre ce genre d'infraction. Eh bien, il a fallu rapporter ou ajourner cette mesure, parce que nonseulement un grand nombre de députés et de fonctionnaires étaient dans ce cas, mais deux ou trois

ministres n'auraient pu établir des droits suffisants aux titres ou aux particules ajoutés à leur nom.

Cela n'est qu'un des côtés de la question, il en est un autre. — Le premier démontre clairement que nous ne demandons l'égalité qu'avec ceux qui sont au-dessus de nous, et cela jusqu'au moment où, ayant atteint à notre tour l'échelon où ils sont juchés, nous pensons à les précipiter ou à leur monter sur la tête pour arriver à l'échelon supérieur; — quant à l'égalité avec nos inférieurs, il n'en est pas même question.

Le second côté de la question est le respect de la loi, — c'est le fondement et l'assurance de la liberté. — Eh bien, non-seulement il n'est aucune des 87,000 lois que nous possédons qui ne soit violée chaque jour, même par ceux qui ont devoir et intérêt à les respecter , mais la répression de ces infractions n'est faite que « au hasard de la fourchette ».

Ainsi Nicaise change, altère, modifie son nom, « sans droit », par vanité, « dans le but de s'attribuer une distinction honorifique », d'usurper une considération mensongère; — la loi considère cet acte comme un délit, et prononce une pénalité contre ceux qui commettent ce délit.

Le ministère public cite Nicaise à la barre, expose son cas, et requiert contre lui.

Le tribunal l'interroge, reconnaît le bien fondé

de l'accusation, le condamne, et lui applique la pénalité prononcée par la loi.

Rien de mieux.

Mais, êtes-vous bien certain que, dans l'auditoire, parmi les avocats présents à la barre, peut-être même parmi les juges, il ne se trouve personne dans le même cas que Nicaise? — Eh bien, je demande ou je prends la permission d'en douter, tant cette ridicule folie est répandue aujourd'hui. — Estil un de nos lecteurs qui, parmi ses connaissances ne puisse désigner quelqu'un, et presque toujours quelques-uns, qui se soit ainsi, de sa propre volonté, affublé indûment d'un titre, d'un second nom, ou de la bienheureuse particule? — Jetez un regard autour de vous, faites l'appel de vos connaissances et dites-moi la réponse.

Alors, pourquoi Nicaise est-il seul accusé et condamné? pourquoi fait-on payer 1,000 francs d'amende à Nicaise, quand tant d'autres ne payent rien? Nicaise est coupable, je le reconnais, sans que son crime m'inspire une bien profonde horreur, mais le crime de la justice est le plus grand qu'il puisse commettre : l'injustice.

Pour faire une république, il faut des républicains ; il faut l'égalité, et surtout l'égalité devant" la loi; il faut le respect absolu et le maintien inflexible de la loi. Vous ne pouvez vous dire républicains, vous ne pouvez vous sentir libres qu'à ce prix.

XVIJI

Rien de plus naturel, quand on est mal, que de chercher à être bien.

Il est naturel encore mais souvent imprudent, quand on est bien, de s'efforcer d'être mieux; — le mieux, dit un proverbe, est l'ennemi du bien.

Robinson, sur son île, où il s'est tant bien que mal installé, se construit un canot et va à la découverte; mais, avant de partir, ii étudie la position et l'orientation de l'île qu'il quitte pour être sûr de la retrouver s'il ne trouve pas mieux.

Assez peu nombreux sont aujourd'hui ceux qui peuvent se rappeler les dix-huit années de rare prospérité dont a joui la France sous la royauté de Juillet; — on s'est ennuyé de son île, on a construit un bateau, et on a abordé successivement plusieurs autres îles :

En 1848? l'île de la République; on n'y est pas resté longtemps, on s'est rembarqué, et on a abordé à l'Empire;

Puis à une nouvelle république en 1870; la commune nous a fait voir que cette île était hantée par un assez grand nombre de tigres, hyènes, chacals, crocodiles, et autres bêtes féroces, — on essaye'

d'y rester et de se fortifier contre elles, parce que cette île se recommande par la salubrité de son climat, la fertilité de certaines productions séduisantes, — mais si on ne réussit pas, il ne faut pas perdre l'orientation de l'île que nous avons quittée en 1848.

On se préoccupe beaucoup de la lettre que viennent de publier les deux princes d'Orléans, qui faisaient partie de l'Assemblée défunte, et l'on y cherche des sens variés ; — je n'y vois qu'une chose : ce sont des pilotes, pour le moment sans ouvrage, qui s'asseoient sur leur banc, au bord de la mer. les yeux fixés sur l'horizon.

Si on ne signale pas de navire en danger, ils fument tranquillement leur pipe.

Si un navire en détresse appelle le secours d'un pilote, ils sont là.

XÏX

Et moi aussi je veux parler du manifeste de M. de Mac-Mahon ; — voici ce que j'y comprends.

Texte :

1° « JusqU'en 1880, j'ai seul le droit de provoquer la révision des lois constitutionnelles qui viennent d'être votées; — ces institutions ne doivent être révisées qu'après essai loyal ;

2° » Je ferai prévaloir une politique conservatrice et vraiment libérale;

3° » Au-dessus des souvenirs, des aspirations et des engagements de parti ;

4° » Une autorité forte — droits, intérêts légitimes;

5° » Il faut désarmer et décourager ceux qui troublent et voudraient troubler cette autorité par les propagations de doctrines anti- sociales et de programmes révolutionnaires ;

6° » J'exercerai sans faiblesse le pouvoir dont je suis investi. »

Traduction et glose :

Art. 1er.— N'espérez, ô monsieur Thiers, ô maître Gambetta et autres, ni me décourager, ni m'intimider, ni prendre ma place.

Je ne suis pas du tout certain que la république soit possible et s'acclimate en France, — mais il faut cinq ans de paix, pendant lesquels le pays achèvera sa convalescence : — appelez ça république, si vous voulez, — il faut même l'appeler république; nous verrons bien si elle marche, — mais pour qu'elle ne fasse pas de chute dangereuse, nous la soutiendrons avec des lisières. — En 1880, on avisera.

,\RT. 2. Los places l'argent, les dignités ne seront plus au pillage, — le nom de la liberté ne sera

pas un euphémisme, un petit nom, et le dernier déguisement, le dernier masque du despotisme.

Art. 3. — « Les souvenirs », — c'est-à-dire les légitimistes et les bonapartistes; — « les aspirations», — c'est-à-dire « l'avènement des nouvelles couches sociales »; — les faims et les soifs des soi-disant républicains; — « les engagements de parti », — c'est-à-dire les honteuses et ridicules coalitions qui ont présidé à l'élection des soixante-quinze premiers sénateurs.

Art. 4. — « Une autorité forte », — « droits, intérêts légitimes » ; c'est-à-dire on respectera et on fera respecter les lois; — on ne promettra plus aux « travailleurs » qu'ils vivront sans travailler. — le fruit du travail passé sera respecté ; — c'est à une autre moisson que les nouveaux moissonneurs demanderont leurs gerbes, ils sèmeront, cultiveront, faucheront eux-mêmes sur terre et non dans les greniers d'autrui.

Art. 5. — « Désarmer », comme les gens dont il s'agit n'ont d'armes que dans la langue, et ne se servent jamais que de celles qui peuvent leur couper les doigts, on s'occupera de leur langue : — « doctrines anti-sociales »; lisez : les soi-disant socialistes qui rendraient toute société impossible et nous feraient fatalement faire une rechute en sauvagerie.

Art. 6. — J'avais annoncé déjà que les lois seraient inexorablement obéies, — ça ne s'est pas réalisé tout à fait, — mais cette fois c'est pour de bon.

Ainsi traduit, ce programme est excellent.

Mais,

C'est surtout en politique qu'il faut distinguer ce qu'on dit de ce qu'on fait.

Voyons un peu comment ce programme pourrait êlre suivi; car il ne faut pas que, proclamant la politique de M. Buffet, on suive ensuite celle de MM. Say et Dufaure.

Corollaires.

J'espère, — ■ mais je voudrais en être certain, — qu'ils sont dans l'esprit du Maréchal, président de la République.

1° J'obéirai aux lois, mais je n'obéirai qu'aux lois; mes ministres tireront « le char de l'État », vieux style, — attelés les uns au timon, les autres en volée, mais tenus par les mêmes guides, et marchant ensemble dans le même sens, de la même allure et du même pas. Je n'aurai plus d'attelages tout à l'entour dudit char, qui l'empêcheraient de marcher et le verseraient nécessairement dans la boue; — ceux qui voudront aller individuellement à droite ou à gauche, à hue ou a dia, et essayeront de c< tirer » hors du droit chemin, ceux qui voudront galoper aux descentes, seront dételés et iront seuls où ils voudront.

Je supprime d'un coup le grand attrait de la guerre qu'on fait au pouvoir clans les assemblées; — je supprime le butin et les dépouilles opimes, — et voici comment :

Quant à ma place de président, « j'y suis, j'y reste» jusqu'en 1880.

Ni M. Thiers, ni aucun autre ne la prendra; nonseulement on ne m'intimidera pas, mais on ne me découragera pas; on pourra m'inspirer du dégoût, mais on ne me dégoûtera pas.

Quant aux portefeuilles, les ministres que j'ai choisis garderont leurs portefeuilles, sauf les cas où ils voudraient ou « porter l'arme à volonté » ou ne plus marcher au pas, ou mettre leur enjeu à cheval sur deux couleurs ou sur quatre numéros; s'il arrive alors que je doive me séparer d'eux ou de quelquesuns d'entre eux, je déclare dès à présent que je prendrai leurs successeurs en dehors de l'Assemblé/', et jamais dans les rangs des hommes politiques appartenant à un parti ou à une coterie; il est donc inutile de tuer des gens dont on n'a aucune chance d'hériter.

Le mât de cocagne est là — graissé, huilé, suive; il est toujours surmonté d'une couronne de lierre, mais il n'y aura plus désormais ni montre, ni timbale, ni cervelas accrochés à la couronne. Ceux qui se contentent de lierre et à qui l'exercice est salutaire, peuvent s'évertuer à grimper pour la gloire; — le mât est là. libre à chacun d'v user ses culottes

— mais l'État ne se chargera plus d'en fournir d'autres.

On n'a donc pendant cinq ans à espérer ni ma place, ni celle d'aucun autre; armez-vous, escrimezvous, valeureux chevaliers, vos armées même coalisées ne vous mèneront à rien, — elles tourneront en rond comme celles du cirque.

Quant aux doctrines que j'appelle antisociales, ce sont celles des soi-disant républicains, démocrates, socialistes, transigeants, intransigeants, rnariannistes, etc., c'est-à-dire de ceux qui empoisonnent toutes les classes de Ja société en faisant luire à leurs yeux des mirages décevants : en disant au laboureur que ce n'est pas en labourant ; au cordonnier que ce n'est pas en faisant des souliers; à l'avocat que ce n'est pas en plaidant; à l'écrivain que ce n'est pas en faisant des livres et des pièces de théâtre; au bûcheron que ce n'est pas en fendant du bois ; au médecin que ce n'est pas en soignant des malades ; au cocher de fiacre que ce n'est pas en menant sa voiture, qu'ils peuvent vivre dans l'abondance, mais que c'est en s' agitant, m bavardant dans les cabarets, en conspirant, en faisant des émeutes et des révolutions, etc.

J'appelle doctrines antisociales celles qui surexcitent et exaspèrent les besoins, les habitudes, les désirs, les espérances, à un tel point, que, ce qu'il

existe de richesses ne suffirait pas pour donner satisfaction à tout le monde, — tellement que, pour que les pauvres soient contents, il faut que les riches deviennent pauvres, — lesquels se mettraient en devoir de dépouiller les vainqueurs à leur tour, ce qui nous assurerait une guerre civile et acharnée à perpétuité.

Ajoutons ceci :

Ces richesses qu'on s'arracherait, qu'on se prendrait et reprendrait, iraient se détériorant et diminuant, car tout le monde serait consommateur, il n'y aurait plus de producteurs des richesses véritables qui sont les produits de la terre et du travail; — à mesure que la production diminuerait, la rareté amènerait renchérissement.

Le signe transmissible, c'est-à-dire l'argent, s'avilirait en même temps, et on ne tarderait pas à voir, comme du temps de Law et des assignats, une paire de souliers se payer huit cents francs et soixante francs une botte de petits radis, si bien que, dans un temps donné, les détenteurs de l'argent seraient aussi pauvres que les dépouillés et qu'on arriverait à l'égalité de la misère.

Notez que nous avons déjà conquis l'égalité des dépenses qui y mène en ligne droite.

Il n'y a que Dieu, la nature et la terre qui peuvent donner aux uns sans prendre aux autres ; mais dans les doctrines prêchées par les Gambetta, les Louis Blanc, les Naquet, les Pyat, lesVermesh, etc.,

qui voudrait travailler? qui voudrait labourer? qui voudrait gagner sa vie et celle de sa famille à la sueur de son front? Tout le monde ferait et fait déjà un peu, tous les jours davantage, comme un gamin, neveu de Mazzini, auquel ses camarades de collège demandaient quelle carrière il suivrait, ses études finies.

^ — Moi, répondit-il, je me ferai conspirateur.

Comme il eût dit je me ferai ingénieur ou militaire.

11 y a longtemps déjà que ce n'est plus à Dieu,

mais au diable que la plupart des gens demandent

leur pain quotidien.

« J'exercerai sans faiblesse les pouvoirs dont je suis investi. »

Il n'y aura plus une loi, plus un arrêté, plus une ordonnance qui ne soit exécutée à la lettre, s'appliquât-elle aux choses en apparence les plus insignifiantes.

On ne pourra ni les enfreindre, ni les éluder, ni leur échapper.

M. de Mac-Mahon, dans son manifeste, semble comprendre qu'il faut imiter le dernier des trois Horaces, — les deux premiers sont tués, — et combattre nos ennemis en les divisant. — Lisons Tite Live :

... Les Romains n'ont plus d'espérance, mais

cependant encore de l'inquiétude. — Qu'espérer en effet du dernier Horace qui est enveloppé par Jes trois Curiaces. . .

Il est trop faible contre ces trois ennemis réunis ; pour diviser leur attaque, il s'enfuit, certain qu'ils le suivront à des distances inégales.

Un, en effet, est très-près de lui, il se retourne brusquement et fond sur lui Vainqueur, Horace marche au second ennemi1.

Disons, d'une façon moins littéraire peut-être, mais d'autant plus expressive, — que tout le monde doit s'occuper du péril social ; — il faut mettre en ordre les devoirs comme les besognes et les dangers.

Il serait dangereux et ridicule, en voyant venir un loup, la gueule béante et les dents claquant à vide, de s'occuper à chercher ses puces.

Ce n'est pas arbitrairement que je disais tout à l'heure que par doctrines anti-sociales, le Maréchal entend les doctrines (si doctrines il y a) des prétendus socialistes.

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