‹ On n'est pas des boeufsChapitre 3 sur 48 · UTILITÉ DU BOTTIN · texte numérisé non relu

UTILITÉ DU BOTTIN

avait déposé, sur une chaise, son chapeau, au fond duquel mon ami George Auriol put apercevoir le nom et l'adresse du chapelier: P. Savigni/y rue de la Halle, à Tréville-sur- Meuse,

Avec ce sérieux qu'il réserve exclusivement pour les entreprises de ce genre, Auriol fixa notre voisin; puis, très poliment :

— Pardon, monsieur, est-ce que vous ne seriez pas de Tré ville-sur-Meuse?

— Parfaitement ! répondit le monsieur, cherchant lui-même à se remémorer le souvenir d'Auriol.

— Ahl reprit ce dernier, j'étais bien sûr de ne pas me tromper. Je vais souvent à Tréville... J'y ai même un de mes bons amis que vous connaissez peut-être, un nommé Savigny, chapelier dans la rue de la Halle.

— Si je connais Savigny! Mais je ne con-

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nais que lui!... Tenez, c'est lui qui m'a vendu

ce chapeau-là.

— Ahl vraiment ?

— Si je connais Savigny!... Nous nous sommes connus tout gosses, nous avons été à la même école ensemble. Je l'appelle Paul , lui m'appelle Ernest.

Et voilà Auriol parti avec l'autre dans des conversations sans fin sur Tréville-sur- Meuse, localité dont mon ami George Auriol ignorait jusqu'au nom, il y a cinq minutes.

Mais moi, un peu jaloux des lauriers de mon camarade, je résolus de corser sa petite blague et de le faire pâlir d'envie.

Un rapide coup d'oeil au fond du fameux chapeau me révéla les initiales : E. D.-H.

Deux minutes passées vers le Bottin du d'Harcourt me suffirent à connaître le nom complet du sieur E. D.-H.

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