SCENE II
ULRIC, seul.
Ah ! il n’est pas content. . . il est bien difficile ! je ne dis pas que je suis ce qu’il y a de mieux en fait de Prussiens; mais, enfin, j’ai mes agrémens physiques tout comme un autre, et la preuve c'est que j’ai plu... c’est que je suis adoré, c’est que j'épouserai ma petite Edith Natlianiel, la plus jolie ouvrière en modes de toute la confédération germanique ; il ne me manque plus que deux choses pour ça : le consentement de son père, qui ne veut pas me l’accorder , et mon congé, que le colonel m’a déjà refusé trois fois. . . en v’ià-t-il des obstacles? et dire que cette pauvre chère amie est sans doute à m’attendre auprès de la grande fontaine, comme de coutume , et qu’elle pleure, qu elle se morfond làbas tandis que je suis en faction ici, où je m’ennuie à en avaler le canon de mon fusil jusqu’à la crosse... chien de métier, va ! ma foi, si le roi ne me trouve pas à son goût, je ne suis guère flatté de le servir non plus.
Air du llaiser au porteur.
C’est ntl’ parade on bien c’«t nn service Qui nous arrivent tour à tonr;
On pass' tant d’ temps à taire l'exercice.
Qu'il n’en reste plus pour ['autour.
.Ou aîm'.. bernique! on n’ peut pas s'fair’ la cour. D’quitter l’uniforme je grille :
Le roi Guillaume a d'trop mauvais moment * li frapp' tout 1’ moud' dans en famille ,
F.t nous traite comin' ses enfans.
Ah ! si on osait lui parler à ce brutal de roi! jesais quelque chose concernant luimême et feu défunt le caporal Ulric, mon brave homme de père... et peut-être bien que, si je le disais, ça pourrait me faire renvoyer du régiment avec honneur, et même lever les difficulté* de mon mariage avec Edith... et bien oui; niais j’ai beau avoir mon secret au bout de la langue toutes les fois qu’il passe l’inspection... j’ai beaumedireje vas parler... quand il arrive devant moi, j’ouvre la bouclie, je baisse les yeux, et puis j’aperçois sa grande diable de canne; crac, mon courage a’en va... je reste fixe, immobile avec un tremblement dans les jambes, un frisson sur l’estomac et des inquiétudes dans les épaules... allons, je vois bien qu'd ne faut compter que sur moi pour arranger mon mariage...
ttiais j’entends marcher... eh vite ! eb vite!
ttWtB poste!
{{I reprend un fusil et se place en sentinelle.)