ULRIC, FRÉDÉRIC
FRÉDÉRIC , enveloppé dans un manteau, etentrant avec précuution. Enfin, je suis en liberté, et en dépit du roi mon père, je lut échapperai encore cette fois.
ULltic. Est-ce qu’il va s’établir ici et particulier-là?..
FRÉDÉRIC, à lui-même. Ab ! l’on veut que je ui'liumilie devant la princesse ; que je lui demande pardon! lorsqu’elle vient à Berlin tout exprès pour détruire mes projets de bonheur... de célibat je veux dire...
Si le roi mou père compte sur ma soumis* sion, il a (panel tort-., dès demain matin je quitte la capitale, et dans trois jours je suis hors des frontières., une fois en France, \
je sais où trouver un asile ; V oltaire u’ha- f-
bite-t- il pas Paris ? J
Am : j4inti que vous, je w/j, ma de ni oi telle .
Je veux lui dire : b (un égal, je pen»c,
Que tu «loi* l'hospitalité f Le génie est une puissance...
Je viens trouver dion frère en royauté.
Guide ma plume , à toi je m'abandonne j
Je puis passer inconnu comme roi;
Mais si je porte un seul jour ta couronne.
Le monde entier se souviendra de moi.
ulric , à part. 11 paraît qu’il attend quelqu’un...
FRÉDÉRIC, toujours à lui- mime. Une seule chose m'embarrasse... où me cacherai-je cette nuit?., ma foi, il serait plaisant de choisir justement pour refuge cet hôtel, dont je connais tous les détours, et qui est habité par la princesse elle-même... ce n’est pas là qu’on viendrait me chercher...
et puis le hasard pourrait peut-être servir ma curiosité , et me faire apercevoir ma future sans qu’elle se doute de ma présence chez elle... comme je suis bien décidé à ne pas l’épouser... je ne serais pas fâché de la connaître... mais cela présente quelques difficultés... toutes les issues sont gardées... on a même été jusqu’à établir un poste à cette petite porte du parc où il n’y avait pas de sentinelle autrefois.
(Il va vêts la porte.)
ULRIC, à part. Il approche! attention à ma consigne ou gare la sclilague. ( Haut et se plaçant devant Frédéric.) Au large et passez votre chemin ;
Frédéric. Eh! mais, l’ami, tu es bien terrible!
ulric. Je suis comme ça. [A part.) C’est dur de faire le méchant quand on a un tempérament d’agneau.
FRÉDÉRIC. Comment! on ne peut paa même regarder re mur
JAGiSIN THEATRAL.
ULRIC, d’un un bref. A cinquante pas...
c'est la consigne.
Frédéric. Ab! bah! laisse donc, elle n'est pas si sévère que cela ta consigne.
iilric. Au fait, si vous croyez savoir le service mieux que moi, que ne faites-vous la sentinelle à ma place ?
FRÉDÉRIC, ù part. Tiens, mais c'est une idée qu’il me donne là... ( Haut .) Je te prends au mot, grenadier... Allons, ton fusil, ta giberne.
ULRIC. C'est sans plaisanterie que vous dites ça?..
FRÉDÉRIC. Sans plaisanterie ! et la preuve, c’est que voilà unfrédéric d’orque je te donne pour prix de l'échange.
ULRIC. Én ce cas je dois répondre à votre politesse... une! deux ! ( Croisant sa loyonnelle sur leprince.) Au large!
Frédéric. Insol... {A part.) Qu’allais-jc faire? m’exposer à être reconnu !
iilric. M’offrir de l'argent !à moi ?.. un soldat ! et en faction encore!., ah ça ! pour qui me prenez-vous ?
FRÉDÉRIC, à part. Voyons un peu s’il ne ressemble pas à tant d’autres dont la fidélité ne dépend que du prix qu'ou y met. ( Haut. ) Camarade , je t’ai offense en te proposant un frédéric, j’en conviens ; mais si je t’offrais la bourse tout entière?
ULRIC La bourse!., ah ! c’est différent...
je ferais feu, et pour vouslc prouver...
(Il le concile en jone.)
FRÉDÉRIC, reculant. Mais c’est un diable sons l'habit de grenadier.
iilric. Ah! mon gentilhomme de nuit, voilà comme vous cherchez à séduire les grenadiers de Frédéric-Guillaume ! mais vous seriez leprince royal, que je feraisfeu tout d’même... attendu qu’il y va de la vie pour moi...
FnÉDÉuiC.Oh ! le prince royal... lu n’oserais pas ..
IILRIC. Je me gênerais.
VRBDSIUC.
Air : Si inatlnmr me voyait.
M j tlau le pliure royal ,
Je punirai» la résistance;
Oins liien ijhc re tou d'arrogance rouirait te devenir fatal 1
ULRir. , le regardant nvee mépns*
Ali ! vnui n'êt’s pas le prince royal ;
Il lumuM* l'»oldat fidèle ,
Car il <*>t ju*tc... d eut loyal !
Loin d'insulter In sentinelle,
Vous m’diric* : ’j’te fai» caporal ,
Si vous étiez le princ’ loyal.
Frédéric. Tu as raison. .. te faire manquer à ton devoir... ce serait indigne de Frédéric, et je te remercie pour lui de la bonne opinion que tu as de sa loyauté....
{A part.) C’est un brave homme! ( Haut .) Tiens, mon ami, cette bourse uliiic. Encore!..
Frédéric. Tout-à-rhcure je te l’offrais comme le prix d’une trahison... acceptcla maintenant comine la récompense de ta fidélité.
ULRIC, à part . Moi qui ai promis depuis si long-temps un cadeau à Edith. (Haut.') En arrière, corps du diable ! on ne prend rien, sous les armes.
FRÉDÉRIC, jetant la bourse devant Ulrte, N’importe, elle est à toi... la discipline n’empéche pas de sc baisser pour ramasser l’argent qu’on trouve sur sa route.
Air : Gais gymna siens , remettons à quinzaine. Allons ailleurs pour chercher un asile;
A mes amis si je m'adresse en vain.
Je me dirai, tout en courant la ville :
J'ai fait au moins dn bien »nr Dion chemin.
vlric, regardant la bourse .
C'est tout profit : je gagne à me défendre Un' scldagu’ de moins, une bourse de plus.
Frédéric, à Vlric .
Garde cet or.
UtRlC.
Ah ! je ne peux pas l’prcndic Avec la main... mais j' peux rnettr’ T pied d'su».
(// exécute le mouvement ) Frédéric , à part .
Allons ailleurs pour chercher nn asile.
VLRIC.
Qand par hasard l'argent vient, c'est facile 1>e fair* fortun' sans être bien malin,
Voilà comment plus d'an qui s'dit habile Sans le vouhiir dans c' monde a fait son ch'min.
( Frédéric sort.)
0000 99 8909f8909000 Q Q90Q 89 9999 89 8 9 90 9s >09 fri»