SCÈNE IX. yVI
LE MÂBQUis, de même.
Son étonrderie continuelle pourrait-elle yéritable» ment convenir à un homme raisonnable ? Aurait-elle ^e calme, cette présence d'esprit^ cette égalité de caractère nécessaires dans xm ménage? — J'aurais fort à faire avec cette femme-là.
LA OOMTESSB.
Ceci mérite d'être écouté.
LE UABQXJIS.
Mais elle si bonne musicienne 1 Germain! Alil que nous serions heureux, seuls, dans quelque retraite paisible, avec quelques amis, avec tout ce qu'elle aime, «ar je serais sûr de l'aimer aussi.
LA COMTESSE
A la bonne heure. '
LE MABQXnS.
Mais non, elle aime le monde, les fêtes ! — Germain ! — Eh bien! Je ne serais pas jaloux. Qui pourrait l'être d'une pareille femme ? — Germain ! — Je la laisserais faire ; j'aimerais pour elle ces plaisirs qui m'ennuient ; Je mettrais mon orgueil à la voir admirée ; je me fierais à elle comme à moi-même, et si jamais eue me trahissait... Germain ! je lui plongerais un poignard dans le cœur.
LA COMTESSE, lui prenant la main.
Oh ! que non, monsieur de Valberg.
LE MÂEQUIS.
C'est vous. Comtesse ! grand Dieu ! je ne croyais pas...
LA COMTESSE
Ayant de me tuer, lisez cela.
LE MABQUIS.
Qu'est-ce que c'est donc ? (n ut)
40 ON NB SAUBAIT PENSEB A TOUT.
Monsieur le Marquis est prié de vouloir bien se souvenir d'épouser madame la Comtesse avant de partir pour l'Allemagne. ' '
Eh bien ! madame, vous voyez bien que c'était moi et non pas vous, qui avais parlé de oe voyage-là.
LA OOMTESSE.
Mais c'est donc réel, ce départ ?
LE MABQUIS.
Vous le demandez l voilà deux heures que je me tue à vous le répéter.
LA COMTESSE
Vous aurez pris ma femme de chambre pour moi» ear ces trois lignes sont de son écriture.
LE MABQXJIS.
Vraiment ? elle n'écrit pas trop mal.
LA COMTESSE
Non, mais elle écrit des impertinences.
LE MABQUIS.
Point du tout, c'était ma pensée.
LA COMTESSE
Mais qu'allez-vous faire en Allemagne ?
LE MABQUIS.
Des compliments, de la part du Boi, à la Grande- Duchesse.
Et quand partez-vous ?
LE MABQUIS.
Demain matin.
LA COMTESSE
Vous vouliez donc m'épouser en poste ?
LE MABQUIS.
Justement, je voulais vous emmener. Oe serait le plus délicieux voyage!
BOÈNE a. 4L
^^vA^"*^ LA COMTESSE,
Un é^èvement ?
LE 1£ASQUI£U
Oui, dans les formes.
LÀ COMTESSE
Elles seraient jolies.
LE MÂBQUIS.
Certainement, nous publierions nos bans...
LA COMTESSE
A chaque relais^ n'est-il pas vrai 9 Et les témoins f
LE MABQUIS. *
Nous avons mon oncle.
Et nos parents ?
LE MABQUIS.
Ss ne demandent pas mieux.
LA COMTESSE
Et le monde ?
LE MABQUIS.
Que pourrait-on dire? Nous sommes d'honnêtes gens, je suppose. Parce que nous montons dans une ehaise de poste, on ne va pas nous prendre tout à coup pour des banqueroutiers.
LA COMTESSE
Yotre projet est si absurde, si extravagant, qu'il ■ m'amuse.
LE MABQUIS.
Suivons-le, il sera tout simple.
LA COMTESSE
J'en suis presque tentée. ^
LE MABQUIS.
J'en suis enchantée. Holà ! Germain.
(Entre Gemudiii)
GEBBIAIN.
Yçus ayez appelé, monsieur ?
(A part.)
Je crois que le danger est passé.
LE HABQUIS.
Va vite chercher cette grande malle, qui est là-bas aiU milieu de la chambre, et apporte-la tout de suite.
OEBMAIN.
Iciy monsieur 9
LE MABQXnS.
Oui, dépêche-toi.
(Qermain sort)
LA COMTESSE, Hant.
Ah! mon Dieu, mais quelle folie 1 vous envoyez prendre votre malle ?
LE MABQUIS.
Oui, il faut faire nos paquets sur-le-champ, parce que, voyez-vous, quand on a une bonne idée, il faut s'y tenir ; je ne connais que cela.
LA COMTESSE
Un instant. Marquis; avant de s*embarquer, bride abattue, pour les Grandes-Indes, il faut prendre son .passeport. Êtes-vous bien sûr que je sois douée de toutes les qualités requises pour faire convenablement votre ménage dans quelqu'un de ces grands châteaux que vous possédez en Espagne ?
LE MABQUIS.
En Espagne ? je ne vous comprends pas.
Âi-je bien ce calme, cette présence d'esprit, cette égalité de caractère, si nécessaires dans une maison, surtout quand le maître en donne l'exemple ?
LE MABQUIS.
Vous vous moquez. Est-il donc besoin que je vous