CAUSES BES RACES
le poil soyeux. A l'état sauvage, il n'en est pas de même : le mouflon, souche du mouton, et le chien de la Nouvelles-Hollande, à demi sauvage, ont toujours les deux poils. C'est ici le lieu de parler des belles expériences de Daubenton sur les moutons.
DaubentoD avait commencé par être , comme chacun sait, le collaborateur de Buffon : il fit, pour Buffon, toutes les anatomies des quadrupèdes. Préparé par ces études , il tourna plus tard ses idées du côté de l'application; il s'occupa de l'amélioration des bêtes à laine, et cela avec une ardeur et une persévérance telles qu'on put surnommer, un jour, notre respectable savant :Je berger Daubenton,
Nous tirions alors (1766) toutes les laines fines de l'Espagne. Le gouvernement français, voulant s'aJEfranchir de ce tribut, s'adressa à Daubenton. Le problème était celui-ci : obtenir, avec les races françaises, une laine aussi belle que celle des mérinos d'Espagne.
Daubenton commença par fake venir des béliers du Roussillon, province qui, confinant à l'Espagne, devait avoif, et a en effet avec elle des analogies de climat. Il unit ces béliers avec les brebis de Bourgogne. Les expériences se faisaient à Montbard.
Il faut savoir que la laine d'Espagne se distingue par quatre qualités : Elle est : 1* longue ; 2** abondante; 3* fine; 4* pure. Il s'agissait de donner à nos laines ces quatre qualités. Voici les résultats qu'obtint Daubenton :
1" Longueur. Les béliers tirés du Roussillon avaient une laine longue de 6 pouces, et les brebis de Bourgogne une laine longue de 3 pouces. Daubenton, les ayant unis ensemble, obtînt, à la première génération, une longueur de S pouces, à la deuxième une longueur de 6 pouces, et ainsi de suite. Dans chaque portée, il choisissait les petits , mâle et femelle , qui avaient la laiiie la plus longue pour les unir ensemble. Au bout de sept ou huit générations, il avait obtenu 22 pouces de longueur.
2^ Abondance. La toison du premier bélier reproducteur pesait 2 livres. La toison de ceux qui suivirent fut de 6 livres, puis de 8, puis de 10, et enfin de 12.
3® Finesse. La finesse suivit la même progression.
4" Pureté. La laine pure est celle qui n'a plus du tout de poils soyeux ou de jarres^ pour me servir du terme employé en économie domestique. A la quatrième génération, Daubenton avait purgé