‹ Ontologie naturelleChapitre 57 sur 156 · Protogœa, sive déprima fade telluris^ etc., iC · texte numérisé non relu

Protogœa, sive déprima fade telluris^ etc., iC

^. An essay towards the natural history of the carth, etc. ,

De quelques idées complétives de Vidée (Tien grand déluge.

La mer a donc couvert la terre. Les coquilles marines, répandues sur la terre, le prouvent. Ces mêmes coquilles, contenues, renfermées dans certaines roches, prouvent plus encore ; elles prouvent que ces roches, aujourd'hui solides, ont commencé par être liquides ou tenues en suspeu« sion dans un liquide. Car, en effets si elles eussent été solides, les coquilles n^auraient pas pu y entrer. Le problème des coquilles fossiles, contenues dans des roches solides, est Tun des premiers que la géologie se soit posés, et Ton des premiers qu'elle ait résolus. Chacun se rappelle ici le bel ouvrage de Stenon : De solido inter soUdum na-turaliter contento, publié en 1669. Et, sur ce point, les idées ont marché si vite, que, dès 1716, Fontenelle disait déjà, en parlant de faits relatifs à ce problème, que ce n'était plus la peine de les remarquer, a II est présentement certain, dit-il, « que toutes les pierres, sans exception *, ont été

1 . Toutes les pierres sans exception. Fontenelle n'entend ici que les pierres de formation aqueiLse ; on ne connaissait pas encore les pierres de formation ignée»

258 SUGGBSSION DES ÊTRES.

a fluides ou du moins unie pâte molle qui s'est «( desséchée et durcie. Il suffirait^ pour en être « sûr, d'ayoir vu une seule pierre où fut renfermé « quelque corps étranger qui n'aurait pas pu y « entrer^ si elle avait toujours été de la même <c consistance, car cette seule pierre conclurait « pour toutes les autres ; mais on en a vu sans « nombre et on en voit tous les jours qui renfer- « ment des corps étrangers, et ce n'est plus la « peine de les remarquer ^ m

En 1706, Leibnitz, nommé depuis peu^ Tun des huit associés étrangers de notre Académie, lui faisait une communication, pleine dlntérét^ touchant les représentations de diverses espèces de poissons et de plantes trouvées dans des veines d*ardoises du pays de Brunswick. C est précisé^ ment à Toccasion de ces représentations très-dé licates, très-fines, sans aucune épaisseur, qu'est née ridée des jeux de la nature. Leibnitz explique d'abord comment il conçoit que « quelque « eau bourbeuse s'est durcie en ardoise, et que la (( longueur du temps, ou quelque autre cause, a « détruit la matière délicate du poisson ou de la

\, Hist.del'Acad, deasc.^Uï, t716, p. 8.

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