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Depuis

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c< plante, à peu près de la même manière dont le « corps des mouches et des fourmis , que l'on « trouve enfermés dans l'ambre jaune, ont été « dissipés et ne sont plusTien de palpable, mais « de simples délinéations. » Il ajoute ensuite , avec ce tour ingénieux qui s'associe si bien, chez lui, à un grand esprit, « qu'on peut imiter cet « effet d'une manière assez curieuse... On prend, c< dit-il, une araignée ou quelque autre animal « convenable, et on l'ensevelit dans l'argile^ en « gardant une ouverture qui entre du dehors « dans le creux. On met la masse au feu pour la c< durcir; la matière de l'êmimal s'en va en cen- « dres, qu'on tait sortir par le moyen de quelque « liqueur. Après quoi on verse par l'ouverturt « de l'argent fondu, qui, étant refroidi, on trouve « au dedans de la masse la figure de l'animal ff assez bien représentée en argent ^ »

i. Hist, de l'Acad, des se, an. 1706, p î>.

Des grands ossements fossiles trouvés dans le Nord.

La question plus ou moins confuse des coquilles fossiles est bien ancienne, comme on vient de Yoir ; la notion confuse des grands ossements fossiles ne Test pas moins. Ces os ont été connus de tout temps ; mais on les attribuait à des géants; et, comme il arrive presque toujours, une erreur en accréditait une aulre. Il y avait certainement eu des géants, puisqu'on en retrouvait les os.

Vers le commencement du dix-septième siècle, on trouve dans une sablonnière, près du château de Chaumont ou Languon , en Dauphîné, de grands ossements, dont une partie est brisée par

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les ouvriers. Uû chirurgien de Beaurepaire , nommé Mazurier^ achète ceux de ces os qui sont restés entiers, et les fait porter à Paris, où il les montre pour de Targent, en assurant, dans une brochure, qu*on les a tirés d'un sépulcre long de trente pieds , et sur lequel étaient inscrits ces mots : Teutobochus rex. Teutobochus passe pour avoir été le roi d'un des peuples barbares Ambrons ou Teutons* qui furent défaits, près du

i , Mazurier, ou plutôt l'auteur de la brochure de Mazurier, appelle Teutobochus : « Roi des Teutons, Cimbres « et Ambrosins. » (Yoyez Portai : fit^^ de t*anat., art. Habicot.) M. Cuvier dit, sans autre explication, de Teutobochus : « On sait que c'était le roi des Cimbres qui « combattit contre Marins. » [Bech, sur les oss. foss., t. I, p. 102.) Mais \* Plutarque appelle le roi des Cimbres, Bœorix ; et 2^ ce n'est pas, comme chacun sait^ près du Rhône, que les Cimbres furent défaits : « Boaorix donques (( le roy des Cimbres, approchant du camp de Marins avec « un petit nombre de gens de cheval, l'envoya desfier à « prendre jour et lieu de battaille, pour combattre à qui

a demeureroit le pays : à quoy Marins feit response

« Ainsi arrestèrent-iis entre eux que ce seroit le troisième « jour ensuyvant en la plaine de Verselles (Verceil, ville u du Piëmont).«..v » (Vie de Mariris.) Florus, que cite Fauteur de la brochure de Mazurier, nomme en effet Teutobochus, et parle de sa haute taille; mais il dit que c'était le roi des Teutons, et qu'il fut pris vivant : « Certe rex « ipse Teutobochus, quaternos, senosque equos transilire « solilus, vix unum, quumfugeret adscendit; proximoque

262 SUCCESSION DBS ÊTRES.

Rhdne, par Marîus. Et ce roi, selon Ifazurier, était un géant qui n'aurait pas eu moins de vingtcinq pieds de haut.

Qui le croirait aujourd'hui ? un aussi pitoyable ramas d'assertions étranges devint le sujet d'un très-long débat *. Mazurier eut des partisans. En général, on se moqua de lui et de son géant. Habicot, chirurgien de Paris, prit la défense de Mazurier et des géants dans un écrit intitulé : Gigantostéobgie. Riolan répondit à la Grigantostéologie par la Giganiomachie^ enchanté d'avoir une oc* casion de faire parade de son savoir en anatomie, savoir qui était immense, et plus enchanté encore d'avoir une occasion de tourner en ridicule l'ignorance des diirurgiens. «c Le sieur Habicot me per- M mettra, dit-il, s'il aime la vérité, de lui remon- « trer les erreurs et faussetés qui sont dans son « écrit, rempli autant de mensonges que d'i- « gnorance, qui contient autant d'inepties que « de mots ; car, outre le langage qui est mau-

« in saltu comprehensus, insigne spectacolnm trîumphi « fait : quippe vir proceritatis eximiâe super tropaea sua u eminefcât. » (Ânn. Flori Epit., lib. III, cap. m.)

i . M. Guvier cite jusqu'à dix ou douze brochures qui furent publiées à cette occasion (Rech. sur les oss, fossmy 1. 1*', p. \m.

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« vais français, l'orthographe y est du tout ria dicuie. »

Tout le reste de cet écrit, singulier et savant, est sur ce ton-là. Quant au fond du débat, c'est-àdire quant aux os du prétendu géant, Riolan conjectura fort sensément que ce devaient être des os d'éléphant ; et c'est tout ce qu'on pouvait faire alors. On a aujourd'hui, au Muséum, les os mêmes que montrait Mazurier, et l'on a reconnu qu'ils appartiennent en effet à un animal très -voisin de l'éléphant , au mastodonte.

Dans un excellent Mémoire, lu en 1762 à l'Académie des sciences, Daubenton combattit enfin, d'une manière positive et définitive, la vieille erreur, toujours subsistante, des grands ossements fossiles rapportés à des géants ; il fit voir que tous ces os sont des os d'éléphants ou d'animaux semblables ; et, pour la première fois, il posa ce beau problème d'anatomie comparée, si complètement résolu depuis par M. Cuvier : un os quelconque d'un squelette étant donné, reconnaître l'animal auquel cet os a appartenu \

1 . Mémoire sur des os et des dents remarquables par leur grandeur. Mém, de VAcad» des se, ann. 4764, p. 206. —

Le raomoire de Daubenton se place, par sa date, entre la relation du voyage de Gmelin, publiée en 1 751 , et le premier des deux célèbres mémoires dé Pallas, qui est de 1769.

Pallas et Gmelin sont les deux hommes qui nous ont le plus instruits sur les grands ossements fossiles. On en avait souvent trouvé en Europe, comme il vient d'être dit, mais toujours pai' pièces séparées, par fragments, ou tout au plus par squelettes plus ou moins incomplets. Gmelin et Pallas nous apprirent qu'on en trouvait en Sibérie, comme on trouve en Europe et partout des coquilles fossiles, c'est-à-dire en nombre innombrable. C'est de ces os que vient l'ivoire fossile de Sibérie qui est un article, et un article considérable, inépuisable, du commerce de ce pays. Et comme le fabuleux se mêle presque toujours au réel, quand le réel a quelque chose de merveilleux, nous voyons dans Gmelin que les Russes, pour expliquer toute cette quantité énorme d'os-

« Trouver à quelle espèce ou du moins à quel genre d'à- « nimaux appartient un os isolé et inconnu, c'est une sorte « de problème qu'on peut espérer de résoudre après avoir « fait des observations sur une suite de squelettes aussi « nombreuse que celle qui est au Cabinet du roi. » Ibid.^ p. 224.

semcnts fossiles, ont imaginé un animal qu'ils nomment mammouth , lequel vit sous terre, et y meurt enterré par des éboulemenls.

« Le crédule Muller, dit Gmelîn, donne au mam- « mouth huit ou dix pieds de haut, et environ « dix- huit pieds de long, la couleur grise, deux « cornes placées au-dessus des yeux, et qu'il re- « mue et peut croiser Tune sur l'autre. Lorsqu'il « marche, il s'étend beaucoup, et peut aussi se « resserrer dans un petit espace : ses pattes sont « grosses comme celles de l'ours. Isbrand-Ides t< avoue sincèrement que personne n'a pu lui dire (( avoir vu un mammouth vivant ; et il n'y a rien « en cela qui puisse surprendre : il faut mettre « cet animal au rang des sirènes, des phénix et tt des gritPons '. »

c( Ces têtes et ces autres os, qui ressemblent « parfaitement à ceux de l'éléphant , ont sans « doute fait partie, dit très-bien Gmelin^ d'un « animal de cette espèce *• » Et il ajoute avec un grand sens : a Nous ne révoquons point en « doute un fait constaté par une médaille, une « statue, un bas-relief, un seul monument de

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