‹ Onvriers du temps passéChapitre 21 sur 36 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L La paie; la nature du salaire, — Comment se fixait le taux du salaire. — Gomment le payait-on? Salaires au jour, à la semaine, au mois, à Tannée. Salaires en nourriture, en logement. Salaires dans une industrie d'Etat. — II. Taux des salaires. — Lois sur le maximum des salaires. Lenteur de la hausse des salairesau xvi° siècle. — Règlement de 1601 sur les gages des ouvriers ruraux. — III. Bu régime corporatif et des salaires. — Les corporations ont-elles exercé une influence sur les salaires ? Leur influence, jointe à celle des pouvoirs publics a eu pour effet de maintenir la staDiiité des salaires, c'est-à-dire,, en réalité, de les déprimer.

La loi de TEtat et les statuts corporatifs s'accordent pour assurer à l'ouvrier proprement dit, au compagnon, une rémunération de son travail. La créance de Touvrier à raison du contrat de travail est même considérée par les tribunaux d'alors comme une créance privilégiée \ « Jugements de salaires jusques à 25 livres tournois se doivent exécuter nonobstant lappel en ce qu'ils concernent le salaire, » d'après un arrêt de Paris, de 1530 ^. Mais, à côté de cette décision tutélaire, il faut en signa-

(1) Voy. également notre Code civil, art. 2100.

(2) Papon, VL 12 xi ; mars 1529 (anc. style).

LES SALAm::s S3

1er d'autres qui le sont moins : s'il y a doute sur la quotité du salaire convenu, on condamne le maître à payer non pas le maximum ni même la moyenne des salaires locaux, mais seulement le minimum : « Vignerons payés dit Papon *, à raison du moins. — Un citoyen de Grenoble envoie besogner à ses vignes plusieurs manœuvres, et leur fait promesse de les payer à même raison et prix chacun jour, que les autres citoyens de Grenoble payeront leurs vignerons. Après il s'en trouve qui ont baillé quinze deniers, les autres dix-huit, les autres vingt. Ce maître en présente quinze. Fut jugé à raison de quinze à Grenoble. » L'équité, semble-t-il, eût voulu qu'il payât 17 ou 18 deniers, c'est-à-dire la moyenne.

Il était rare d'ailleurs que le taux du salaire fût ainsi déterminé par une convention librement débattue entre les parties. Dans les villes jurées, l'Etat ou l'autorité seigneuriale ou municipale dont relevait la jurande édictait souvent un taux des salaires ; non pas un taux minimum, comme le demandent aujourd'hui nos socialistes, mais bien au contraire un maximum.

Dans le bâtiment, à Paris, en 1867, il est décidé que ce taux sera fixé chaque année ; pour l'année courante, il sera :

Pour les ouvriers de . . 10 livres t. (par mois?) — aides 5 — —

« avec défenses de demander ou exiger plus grand prix que dessus, sur peine de prison et d'amende arbitraire ». Gomment les salaires se payaient-ils? A Saint- Omer dans plusieurs métiers, l'usage était de régler les ouvriers à la fin de chaque semaine, contre la présentation par eux des jetons ou « méreaux » que le maître leur remettait

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