‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 101 sur 157 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

d'une activité prodigieuse. Il est sans cesse à pousser à la création de nouvelles affaires qui puissent donner un grand essor au commerce et à Tindustrie, et, pour arriver à ce résultat, il accorde de nombreuses concessions et facilite les travaux de construction de chemins de fer, d'égouts, de voirie, banques, télégraphes, routes, canaux.

Le gouvernement est démocratique, républicain et représentatif : il se divise en pouvoir exécutif, pouvoir législatif et pouvoir judiciaire. Le pays nomme directement le Président de la République, qui gouverne pendant six ans avec six ministres qu'il nomme, et un Conseil d'Etat de neuf membres. Au fond, cette division des pouvoirs n'est que théorique, car, dans la pratique, le chef de l'État détient à lui seul le pouvoir suprême ; c'est un monarque absolu dans toute Tacception du mot: personne d'ailleurs ne s'enplaint,et on se montre fort satisfait de cette situation. Le pouvoir législatif se compose de soixante-neuf députés, soi-disant élus du suffrage universel, mais qui sont toujours prêts à soutenir les idées du Président; le pouvoir judiciaire est exercé par des juges de première instance, par des juges d'appel et par un tribunal suprême.

L'instruction publique est obligatoire et laïque ; elle €st gratuite et elle est assez avancée, surtout pour les jeunes filles, dont l'éducation est généralement plus complète que dans les autres pays d'origine espagnole.

La religion catholique est respectée par le gouvernement et l'exercice en est libre ; on a même autorisé l€s processions, il y a peu de temps, et, pour donner

satisfaction aux radicaux» qui, ici comme partout, auraient pu protester, on a taxé les processions et on leur a fait payer une contribution versée au budget de la ville !

Les membres du clergé ne portent pas la soutane et revêtent le vêtement laïque pour sortir.

Les églises sont riches et bien décorées, les chapitres et les fabriques sont en bonne situation, la séparation de rÉglise et de TEtat ayant favorisé celle-ci.

La ville est située à 1 ,483 mètres, et la moyenne de la température y est de dix-huit degrés centigrades. Le seul ennui de ces pays est la saison des pluies, qui commence en mai, et ce sont alors des déluges, des aguaceros formidables qui surviennent généralement vers quatre heures du soir et durent une heure, deux heures, quelquefois plus. En août commence la saison sèche. J'arrête ici cette digression qui finirait par des statistiques, et je rentre dans ma tiarration.

La première station importante où s'arrête le train en venant de San José est Escuintla : une heure d'arrêt, buffet.

Sur le quai j'aperçois une jeune femme très élégante, vêtue d'une robe en mousseline blanche, coiffée d'un chapeau de paille garni de roses et artistement posé sur une luxuriante chevelure blonde Titien : à côté d'elle se tiennent deux officiers en grand uniforme : ce La Présidente » , me dit un compagnon de voyage.

Mme Barrios est ici l'arbitre de la mode, et, grâce à ses goûts artistiques, je suis certain de trouver à Guatemala une civilisation féminine avancée, car je sais déjà qu'il y a une société très » dans le train d . Cette

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