‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 104 sur 157 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

La ville estassez mal tenue» Tenlèvement des ordures ménagères se fait mal et le balayage des rues, en raison de leur mauvais établissement» est difficile ; la marche sur les trottoirs est pénible, car c'est une succession de grosses dalles mal ajustées et mal jointes et de pierres mal taillées; joignez à cela tous les poteaux en bois ou en fer, et vous penserez, comme moi, que Taspect de Guatemala n'est pas très séduisant. Il y a cependant une quantité de grands édifices et de monuments qui embellissent la ville par endroits : tels Técole de droit» rhôtel des télégraphes, des postes, etc.

L'école de droit, fondée en 1676 par le premier évêque du Guatemala, fut soumise à la règle de l'université de Salamanca. C'est un monument à l'architecture sobre et en même temps élégant. Un grand patio permet aux élèves de se promener entre les cours. Des conférences y sont données par des maîtres jurisconsultes, et il faut reconnaître que si la nature du Guatémaltèque est par elle-même un peu indolente, le niveau des études est élevé et l'instruction solide. Dans l'intérieur de cet édifice se trouve la bibliothèque nationale, qui, grâce à la sollicitude éclairée du gouvernement, possède unf. collection de plus de trente-cinq mille volumes, parmi lesquels quelques livres et manuscrits rares.

L'école de médecine est très moderne et vaut une visite, malgré les statues en nombre imposant dont on a cru devoir orner le jardin et qui devraient disparaître.

On a d'ailleurs en ce moment la monomanie des statues en marbre. On a dû certainement faire une

affaire en bloc avec une de ces fabriques nombreuses qui existent en Italie et où ou ne travaille que pour l'exportation; on vient, en effet, de placer environ trente statues au paseo, au boulevard, comme on rappelle ici, qui sont indignes d'une ville comme Guatemala.

Ces figures en marbre, grandeur naturelle, sont juchées sur des socles de deux mètres de haut et représentent des femmes de tous les pays, depuis la Romaine au péplum flottant jusqu'à la femme de nos jours.

J'en ai remarqué surtout trois, dont Tune représentait une dame en costume d'aujourd'hui avec un chapeau à plumes et un parapluie à la main, l'autre en toilette d'intérieur, nu-téte et se faisant les ongles, et la troisième en costume de chasseur masculin avec culotte, fusil et chien! Le tout en marbre du plus beau blanc ! Il me semble que le conseil municipal devrait bien donner un coup de balai là-dessus et reléguer tout cela dans des magasins qu'ils seront obligés de créer pour y renfermer tous les rossignols qu'on leur a fait prendre de gré ou de force !

L'école de médecine a formé de bons médecins, et les aménagements sont fort intéressants et bien compris. Je noterai, en passant, que la plupart des chirurgiens d'ici , comme leurs confrères d'Europe, ne pensent qu'à faire des opérations; c'est leur bonheur! Ce goût a franchi l'eau.

Je sortais de l'école de médecine quand je rencontre un Français qui servit jadis au d" hussards, régiment faisant partie de ma brigade, et avec lequel nous avions

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