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CHAPITRE IX

Les mules sont épuisées, et il faut les alterner avec les autres toutes les deux heures. Ce moyen de voyager avec son relais ambulant est fort pratique, et on peut arriver ainsi à faire de grandes courses.

Nous arrivons à onze heures à une petite auberge, à un endroit appelé Chichoi , sise sur un promontoire jie montagnes d'où Ton jouit d'un coup d'œil féerique.

Au loin, Tœil embrasse un horizon immense d'où se détachent, hauts dans le ciel, huit volcans tous éteints: volcan de Sanlucas, Tolmian, Santiago, San Pedro, etc. Au pied de ce dernier, j'entrevois la masse azurée du lac d'Atitlan, sur les bords duquel sont de nombreux villages : Solola, Santa-Cruz, Atitlan et une infinité de petits hameaux ; région riche en café , en cannes à sucre et en cacao.

De tous côtés l'on ne voit que ramifications de montagnes, forêts et précipices, plateaux et vallons; c'est une débauche de dénivellations dues aux soulèvements successifs de ces énormes souffleries en ébullition. Toute la surface du sol a subi des éventrements, des bouleversements terribles, et le feu, disparu petit à petit de ces cheminées , a laissé l'écorce terrestre se refroidir, mais conserver la marque des boursouflures tourmentées qui sont la caractéristique du Guatemala. Toute cette région est uniquement d'origine volcanique.

Sans aimer outre mesure la Beauce, je dois avouer qu'au point de vue de la facilité des voyages, je la préfère; le déjeuner à Chichoi est plus que mauvais, et il me faut encore cinq heures de voiture, par une afireuse

route, poor arriver à Encaentros , point d'intersection de quatre routes qui vont à Solola, à Quiche, à Guatemala et à Quésaltenango. Là il n'y a pas de village» mais le gouvernement y a établi une sorte d'hôtellerie où se trouvent un relais de poste, une dizaine de chambres, un bureau télégraphique, une cuisine tenue par un ménage, et des lits dans de grandes chambres complètement nues, blanchies à la chaux. Cest suffisant pour une nuit.

Le lendemain à six heures, je repars avec mon véhicule, qui est vraiment laid et sale.

Je me figurais naïvement en avoir fini avec les côtes, mais, hélas ! la multiplication des dépressions continue de plus belle. Mes mules n'en peuvent mais; quant à mon cocher, il ne peut plus émettre que des grognements rauques dus au mélange de poussière et d'alcool bu à tous les ranchos de la route; il devient aphone, et comme les animaux ne marchent qu'au cri, sinon ils s'arrêtent, je suis obligé de remplacer mon automédon.

A deux heures, après un arrêt d'une heure à une misérable auberge nommée le Desconsuelo, au milieu d'un bois de sapins, à une hauteur de trois mille mètres, commence, une descente égale à peu près à la montée de Tépam, qui nous amène à Totonicapam, petite ville assez habitée, qui est établie sur une grande plateforme taillée à pic sur le flanc d'une montagne.

Encore une série de montées, et à cinq heures du soir je suis à Salcaja, sur un petit cours d'eau, qui n'ofiFre d'original que l'amour de la verroterie développé à Texcès : toutes les Indiennes sont couvertes

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