‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 122 sur 157 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Pourquoi n'a-t-on pas fini le chemin de fer? En somme, il n'y avait pas d'insurmontables difficultés : il doit y avoir des dessous... On m*a conté que cette difficulté énorme de transporter les marchandises à la capitale par cette voie était profitable au port de laLibertad, situé de Taulre côté, et que certains intérêts étant en jeu, on n'achevait pas la voie ferrée; mais tout cela, c'est de la politique, et je me suis promis de ne pas en faire.

En haut de cette côte insensée, on suit une belle route bordée de propriétés cafetières jusqu'au village de Santa Thécla, qui est le Saint-Germain du Salvador. Ce n'est pas précisément la même chose, et ce village est laid, mais ce doit être sain, caries rues sont larges et les maisons ont l'apparence confortable.

La diligence me dépose à la porte de la station, car s'il est vrai qu'il y ait une solution de continuité, l'orgueil des Salvadoréniens est satisfait, puisqu'ils peuvent dire qu'on arrive à San Salvador en chemin de fer (1).

Là ,tout est anglais : locomotive, wagons, employés^ jusqu'à l'odeur sut generis que les compartiments ont conservée.

Dans le train, quelques dames de Santa Thécla, en costume de soirée, qui vont au théâtre; à sept heures nous sommes arrivés.

Le voyage a duré quinze heures, et il est permis de dire que le trajet est accidenté : mule, chemin de fer, trois changements de train, diligence, etc. En arrivant à l'hôtel Bronchy, je suis invité à diner par le con-

(1) De Sauta Thécla à San Salvador il y a environ 12 kilomètres.

sol de France, qui donne un grand dinar en ThonDeur des officiers français arrivés tout récemment.

Je retrouvais des camarades et des Français : c'était double plaisir pour moi, et j'ai pu me faire Tillusioa que j'étais dans mon pays.

On a beaucoup toasté, et la fête s'est terminée parla Marseillaise, dont aucun de nous d'ailleurs ne savait les paroles. Les convives se composaient de quatre Parisiens, quatre Méridionaux, deux Alsaciens, un Auvergnat, un Salvadorénien fils de parents français, ua Normand et un Bordelais.

San Salvador a ce grand avantage, sur les villes que j'ai déjà vues, qu'elle est propre, que le pavé est bon, les maisons peintes, les magasins avec des vitrines et l'ensemble plus attrayant. Cela a toujours un peu le caractère village, car les rues sont larges et les constructions basses, mais il y plus de civilisation, du moins à l'œil.

Les fiacres sont commodes, propres; les policemen pareils à ceux de New- York, et la population indienne moins débraillée qu'ailleurs : au point de vue général, il est bien évident que les hautes bâtisses qui se trouvent de temps en temps en façade sur les rues donnent un aspect tout autre; ainsi la maison du Président, en forme de chalet, avec ses trois étages, est charmante; la cathédrale eât, je crois, unique au monde : elle est tout entièrement construite en bois : c'est une merveille !

Le commerce semble prospère, à en juger par le mouvement qui se produit dès le matin; l'hygiène et la salubrité sont excellentes; Teau, malheureusement,

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