‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 134 sur 157 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

La cathédrale est simple, maison y retrouve la mai» des artistes espagnols du temps de la conquête; j'y ai remarqué deux trônes épiscopaux; Tun est pour Tarchevèque de Guatemala, primat du Centre-Amérique^ exilé de son pays et qui réside ici, et l'autre est pour Tévèque de Costa Rica.

Le palais du Président est une maison bourgeoise sans apparence, sans factionnaire, sans attributs, qui indique que la simplicité est à Tordre du jour dans ce délicieux pays; la culture scientifique et industrielle y est très développée. Il m'a été donné de visiter rinstitut géographique et météorologique, et, par les travaux exécutés et en exécution, on voit l'intention de marcher de pair avec les nations européennes. Le Musée est riche en antiquités; bien que le pays ne renferme pas de monuments, on trouve souvent des^ tombeaux dans lesquels les fouilles exécutées ont mis à jour des pièces du plus haut intérêt, telles que lesplaques d'or repoussé qui sont dans la collection ; il y a aussi des spécimens de la faune et des oiseaux da pays, ainsi qu'une quantité de débris de poteries et decuriosités des époques passées.

L'habitant de Costa Rica est plus simple et plus calme que ses congénères du Centre-Amérique; il est^ aimable et sociable; on se crée vite de bonnes relations et on ne retrouve pas ici la raideur un peu vaniteuse du Mexicain, ni l'orgueil des Guatémaltèques, ni la vaillance exagérée du Salvadorénicn : la seule chose que l'on pourrait reprocher au Costaricacien, c'est son égoïsme et son ostracisme : il ne tient pas à voir venir dans son pays des capitaux étrangers ni des^

colons : il est jaloux de son sol, il est heureux, il gagne de Targent, il vit bien, et au fond il est peut-être dans le vrai en se figurant que l'étranger, avec ses capitaux, ferait du tort à ses afiaires .

La femme est charmante, simple, naturelle; il existe à San José un noyau de bonne société qui sait vivre en bonne intelligence et ne pofine pas trop; on s'habille bien, sans luxe, mais avec goût, et cela est d'autant plus apprécié que les négresses, qui sont nombreuses ici, portent des toilettes extrêmement criardes.

Les mœurs sont moins dissolues qu'ailleurs, et la note dominante est la simplicité.

Le Président en donne l'exemple, car il est impossible de le distinguer du commun des mortels; il n'a jamais d'escorte, va à pied presque toujours, sans aide de camp.

La presse est représentée par quelques journaux qui ont un bon service de dépêches et sont bien rédigés ; la police est confiée à des agents vêtus à l'américaine, polis et vigilants; les hôtels sont convenables, et on vient de construire un théâtre qui a coûté cinq millions.

Malheureusement, ce qui m'a gâté mon plaisir, c'est de voir la quantité fabuleuse d'Allemands qui ont mis leur pied — et il est gros — sur ce ravissant territoire : on regrette d'y voir peu de Français, d'autant plus que les quelques compatriotes que j'y ai trouvés ont fait de belles fortunes. C'est dans ce pays que devrait se diriger l'émigration française, d'autant plus que le gouvernement fait en ce moment des avantages sérieux et doune des primes pour les plantations de café.

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