‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 14 sur 157 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

tâminés et vont, sur Taile du vent, semer la terreur et produire ces effroyables maladies que Thomme sait guérir rarement et ne peut prévenir, le vomito, le typhus, la fièvre jaune ! C'est de ces massifs verdoyants, aux fleurs têtues de mille nuances, où les orchidées naissent et meurent sans que nulle main humaine les ait ternies, où les oiseaux au brillant plumage ont fait leur nid, que s'exhalent ces germes putrides qui par moments viennent décimer le malheureux Indien habitant de ces grandes solitudes, dont la case ouverte à tous les vents ne peut opposer de résistance à la mort qui se présente, et dont la fierté, peut-être encore plus que Tindolence, lui fait préférer de cultiver les quelques pieds de maïs qui le font tout juste vivre à la servitude des villes ! La végétation devient plus puissante; je passe devant quelques pâturages où je vois des bœufs et des vaches, croisement de la race espagnole et suisse; le bétail est maigre, mais il a Tair sain.

La voie commence à gravir des pentes accentuées, et nous allons pendant ciuq heures nous engager dans des montagnes, franchir des ravins et des torrents pour arriver à plus de 2,300 mètres au-dessus du niveau de la mer : le train s'arrête à toutes les stations, où invariablement se tiennent adossés à la muraille une quinzaine d'Indiens fumant mélancoliquement, les uns une vieille pipe cassée, les autres une cigarette; ils nous regardent avec leurs gros yeux hébétés sans manifester de surprise.

Pour la première fois, il m'est donné de contempler le chapeau national mexicain, singulière coiffure que

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loat le monde, ikkft am paarre, porte et qei est vraiment laid. Qa*on se tgare on ckapeaa de featre, de paille, de drap, à grands bofds lelercs, rond, et dont le dcssns Ta se tenniner en pointe à nne kanl^ qui n*est jamais moindre de traite-onq cenlimtoes. Le bord intéffienr et extérienr de oe chapenn est oné d'un large galon tressé, soit en laine, soit en or on en argent. Le nihan« antre galon non moins ride, monte le long de ce singulier pain de sncreen zigz^gnant et ne se termine quelquefois qn*an sommet. On m'a omiè qn^on a roula, en 1857, dans nn élan de patriotique enthousiasme, arborer un insigne significatif : on a pensé à Garibaldi, dont les dapeaux araioat un peu lu forme actuelle, et on lui a anpruntè s^m awrre-dief ! Pieutètre aurait-on préféré, â cette époque, le bonnet pbrpgien qui s*êtale sur les monnaies, mab le soleil a sagement inspiré les Mexicains eu leur faisant adopter une coiffure plus préserratrice de ses rayons.

A des plantalious de mais succèdent des terrains remplis de bananiers, et, sous ces arbres aux Tustes feuilles, nous apercerons le modeste caféier, qui demande de 1 ombre et de Teaa. Xoos pénétrons dans la zone du café, car il faut pour cet ari>uste une certaine élération au-dessus du nireau de la mer pour qn il produise abondammenL Trop bas, il ne i^ussit pas, trop baut, il sèche. Cest la richesse de toutes ces contrées, mais il faut, pour le colon qui se lirre à cette culture facile et lucratire, deux choses : un peu d^argent pour Tîvre cinq ans sans rerenu et une forte dose de patience, car ce pays n est pis acréable à lialiiter! liais aussi, an bout Je cinq au^iées. si un tremblement

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