CHAPITRE XII
citer le théâtre Guzman (1), aiijoard*hui débaptisé, le Musée National et la cathédrale.
Sur une colline à Touest s*élève, garnie d^arbres, la promenade du Calvaire, où Ton monte par une route tournante, sous de beaux ombrages, et au sommet de laquelle je trouve naturellement une autre statue de Bolivar. La vue y est panoramique et embrasse toute la vallée de Caracas, vaste dépression qui semble être le fond d'un cratère, entourée qu'elle est par des sommets et des formations volcaniques. Là sont d'immenses réservoirs qui alimentent la ville et dont Teau a parcouru quarante kilomètres de tuyaux avant d'y arriver. C'est un travail magnifique et bien réussi.
Cette ville, qui est si bien avantagée au point de vue des fortunes acquises, de la société qui existe ici et du climat, devrait être un centre de sociabilité, mais, bêlas! c'est le contraire qui a lieu. On ne recherche pas les occasions de se voir, de se réunir, de s'amuser; on vit retiré, il n'y a pas de paseo, la vie élégante est restreinte et un peu cachée. Le milieu scientifique , au contraire, se perfectionne et se tient bien au courant du progrès; il y a nombre d'institutions fort bien tenues, telles que l'Académie vénézuélienne, la Bibliothèque nationale, le Musée, l'Académie de médecine, etc.
Le côté sanitaire de la ville est remarquable; la police y est bonne, la criminalité faible et la ville administrée à souhait par un conseil municipal qui ne
(i) On peut dire à juste titre que Caracas doit son importanfe au général Guzman Blanco, qui a su Tembellir et Torner de beaupi et somptueux monuments.
280 ONZE nais AU MEXIQUE.
fait pas de politique... pour le moment. II faut citer aussi les hôpitaux et la maison de santé, située en de* hors de la ville.
Caracas est pi us importante que les capi taies d u Centre- Amérique et peut se considérer comme plus civilisée; son mouvement commercial est sérieux; le pays est éminemment servi par la nature, car, en dehors des énormes cours d'eau, comme TOrénoqne, qui fertilisent le Venezuela, et des grandes plaines qui favorisent le développement de Télevage, il y a encore des mines fabuleusement productives, commeleCallao, et une foule d^autres richesses, telles que bois, caoutchouc, gommes, etc. Ce qui fait défaut, ce sont les chemins, les moyens de transport, et surtout les bras! On ne compte dans cet immense pays que 2,500,000 habitants.
Ce qui manque aussi dans ce pays charmant, c*est la sécurité politique; on a beau se dire qu'il y a un gouvernement établi, cela n*empéche qu'on sent un certain malaise qui tient à Tétat de division de tous les partis qui veulent le pouvoir; le pays est sans cesse travaillé en sous main par les agitateurs, et on est loin d'être tranquille; malgré l'attitude énergique du pouvoir, la situation est tendue; pendant mon séjour, cela paraissait aller bien ; mais est-on jamais sûr du lendemain dans un Etat qui a déjà subi tant de contrecoups? Il faut toujours être sur ses gardes, témoin le Président de la République, qui entoure sa maison de soldats en armes; il y en a partout, jusque sur une petite hauteur qui domine son habitation, où j'ai vu un poste d'observation avec un officier fouillant de sa lorgnette les alentours, et dix soldats, le fusil à la main.