‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 18 sur 157 · CHAPITRE II. 3Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 3Î

L'empereur Iturbide était né en septembre 1783, à Valladolidy aujourd'hui Morelia; il entra dans Tarmée, où il se fit rapidement une belle situation ; la première Assemblée nationale qui se réunit à Mexico en fit un empereur, et il fut proclamé le 22 mai 1822 par soixante-sept voix contre quinze. Couronné avec sa femme dans la cathédrale de Mexico sous le nom d'An*giistin P', il ne devait pas jouir longtemps de cette position élevée, mais peu enviable.

Avant qu'il se fût passé un an, la République était proclamée, le 6 décembre 1822, à Vera Cruz, par le général Santa Ana, et, un mois après, tout le pays était rallié au nouveau régime : seule, Mexico restait fidèle à son empereur.

• Iturbide réunit le Congrès, ofi*rit sa démission, qui ne fut pas acceptée sous ce prétexte extraordinaire, mais véridique, que sa nomination n'avait pas été légale, et on se contenta de le bannir. Il se retira à Londres, d'où il écrivit au gouvernement, quelques mois après son arrivée, pour le prévenir que le clergé mexicain s'agitait pour faire revivre au Mexique la domination des Jésuites, et il terminait en ofi*rant ses services au gouvernement. Par une malheureuse chance, le gouvernement ne voulut pas croire à la sincérité de ses assertions et s'empressa de promulguer un décret par lequel l'ancien empereur était déclaré traître à sa patrie et condamné à mort. L'empereur Iturbide, qui ignorait ce décret et qui tenait à rentrer dans son pays, revint au Mexique, et à peine débarqué fut fait prisonnier, conduit devant le parlement de Taulipas, condamné à mort après une courte délibéra*

Mon et fusillé le 19 juillet 1824, à Soto la Marina. . L'hôtel qui porte son nom est d'une belle construction, avec un patio énorme sur lequel donnent deux étages avec galeries ; mais c'est tout. La simplicité de Tédifice intérieurement est rachetée par une belle et Intéressante façade en pierre de taille sur la rue, avec 4ine porte monumentale, et toute couverte de sculptures. L'ameublement est sommaire et le confortable relatif.

A la porte de Thôtel, qui est le réceptacle de tous les Américains du Nord, car on n'y entend que des I guesSj you het, hâve a drink, se tiennent quelques voyageurs que j'entends discuter la question du change, en ce moment fort élevé. Chez le changeur, on m'a remis délicatement cent quatre-vingts francs en papier mexicain en échange d'un billet de cent francs français : ce commerçant avait l'air ravi de me donner de très sales chiffons de papier remplis de tous les microbes de la terre, en échange de mon beau billet bleu.

La rue San Francisco, où donne Thôtel Iturbide, est la plus fréquentée de Mexico ; elle est de la largeur de la rue Vivienne, et bordée d'un bout à l'autre des meilleurs magasins, restaurants ou cafés de la ville; elle est fort longue, mais, par une bizarre coutume, «lie ne porte pas le même nom sur tout son parcours ; ainsi, au commencement, près de la place, elle s'appelle Galle Plateros, sans doute en raison des nombreux bijoutiers, dont les boutiques sont éblouissantes, puis SecundadeSan Francisco, Primera de San Francisco, et enfin Puente de San Francisco ! Une autre rue, égaler

Page 1