CHAPITRE H
cîdence, sous Tautel dit des Rois! A côté de ]eur tombeau , on nous a montré un autel dédié aux âmes dû purgatoire et où un prêtre, mort récemment à quatrei/ingt-dix ans, aurait dit vingt-quatre mille messes!
Un peu plus loin, dans la chapelle de Saint^Pierre» se trouve un tombeau, celui de Thomme au masque de fer « Gregorio Lopez » , supposé un fils de Philippe IL Cette découverte m*a plongé dans le plus complet ahurissement. On a déjà beaucoup écrit sur le pauvre prisonnier masqué, et voilà que ma découverte va faire verser des flots d*encre sur ce second masque de fer ! Bizarre aventure ! Un Français fils de roi avec un masque en fer, çw^ encore; mais unllexicain!*.. (1) En sortant de la cathédrale, j'aperçois à ma gauche le palais National ; qui prend tout un côté du vaste qua« drilatëre occupé par la place, près de deux cent cin*^ ■quante mètres de façade. Cela n'est pas gracieux à Tœil ; cela ressemble à une caserne avec un fronton et une horloge monumentale.
Trois grandes portes, avec deux factionnaires à chacune, y donnent accès; Tintérieur correspond à Texterieur : c'est très simple; de grands salons se suivant, meublés avec ce goût qui caractérise les palais nationaux modernes de tous les pays, puis une salle dite des Ambassadeurs, de cent mètres de long, avec un plafond à poutrelles bas et dont la largeur, ridiculement étroite, fait ressembler le salon à un boyau ou à un corridor. Pas un fauteuil, pas un canapé, sauf à l'extrémité un trône, celui du Président, avec les armes
(1) Je n'ai pu avoir aucun ronseignenicnt précis à ce sujet.
Ae la. République, oii se distingue un beau, bonnet phrygien» et surmonté d'un dais en velours rouge garni de crépines et de passementeries d*or. Sur un des murs, les portraits, grandeur naturelle, des Présidents et un tableau représentant la seule victoire importante des Mexicains sur les Français à Puebla par les troupes An général Saragoza, le 5 mai 1862. Il est juste d'ajouter que, le 17 mai de Tannée suivante, nous entrions triomphalement dans cette même ville. Étant données les réelles sympathies qui relient maintenant nos deux pays, cette date du 5 mai , qui est aujourd'hui la date d'une fête nationale,' aurait pu sans difficulté étre^emplacée par une autre date, celle du 1" décembre 1884, jour où, pour son bonheur, le peuple mexicain a appelé à la présidence le général Porfirio Diaz, actuel Président de la. République. C'est à lui qu'est dû le relèvement financier du Mexique, ainsi que la paix à jamais rétablie par l'affirmation résolue d'un pouvoir central, auquel se ramifie l'autorité absolue des gouverneurs des États du Mexique, tous choisis par le général Diaz «t dévoués, sinon à sa personnalité sympathique, du moinisà sa politique tenace pour assurer la tranquillité du pays (1).
Dans le même palais, le Sénat tient ses séances; il •n'y a que soixante sénateurs, et il a été facile de le loger dans cet immense édifice. La Chambre des députés occupe l'ancien théâtre Iturbide.
De l'autre côté de la Plaza Mayor s'élève un pâté de
(1) Le général Porfirio Diaz vient d*être renommé pour quatre BUS, à la salisfaction générale de lout le pays.