‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 34 sur 157 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

sacrifices humains : on y voit la rigole par où s'écoulait le sang...

Dans les galeries hautes du musée sont réunis tous les spédmens de poterie, de vieilles faïences trouvées dans les fouilles : d'antiques peintures sur parchemin, sur tissus fibreux, font dérouler sous nos yeux les scènes de la vie usuelle, militaires et champêtres, de ces races si vigoureuses, si étonnantes que Ton s'intéresse à elles et que Tenvie vous prend de les connaître plus à fond.

Dans une autre salle sont deux voitures d'aspect bien difierent et que le hasard n'a pas seul réunies en ce lieu : la première est le carrosse qui portait Maximilien le jour de son sacre ; la deuxième est une vieille calèche de louage usée qui servit à iuarei quand il revint à Mexico. Contraste cherché et malheureux, car il ne prouve rien !

Dans une autre salle, en haut, au premier étage, est la collection la plus incohérente : je cite au courant de la plume les objets qui se présentent à mes yeux, en suivant l'ordre qu'ils occupent dans la galerie : le lit de cuivre très simple où est mort Juarez; un portrait de Maximilien, énorme; son argenterie de chez Christophe ; dans une vitrine, des vêtements ayant appartenu aux divers présidents du Mexique; des loques portées par le curé Hidalgo ; des écharpes de généraux fusillés, portant la trace des balles et remplies de sang; un moulage en cire de la tête de Juarez sur son lit de mort; un fauteuil en bois ayant appartenu à je ne sais quel grand personnage du temps de la conquête; la plume ayant signé le traité

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de la Soledad en 1862, et enfin, contre le mur, une vasque en bois d*une seule pièce, appelée pompeusement la baignoire de TEmpereur I

16 octobre. — Nous nous retrouvons avec un plaisir toujours nouveau avec nos collègues sur la PlazaMayor à huit heures et demie.

Trois cars spéciaux nous attendent pour aller à Coyoacan voir la maison où habita Hernan Gortez, et de là à San Angel et Chapultepec, résidence d^été du Président de la République. Nous montons dans les tramways, portant à la boutonnière nos insignes spéciaux : une médaille en argent retenue par un nœud de faveur aux couleurs nationales. Quelques dames sont de la partie; malheureusement elles ont à peu près dépassé Tâge de raison et seraient incapables d'offrir à unaméricaniste des distractions contraires à ses travaux scientifiques. Nouspartons à fond de train, et, aprèsavoir traversé un faubourg très populeux, nous arrivons à un carrefour où, en un clin d'oeil, les animaux sont dételés, les cars reliés par une simple barre à crochets à un train d'autres cars déjà formé sur la voie et à la tète duquel se trouve attelée la plus élégante petite locomotive qui se puisse voir, américaine, bien entendu, réduction des grands modèles, qui se met en marche au son de sa cloche, et nous voilà lancés à une vitesse remarquable sur une large route poussiéreuse que nous suivons en accotement.

A droite et à gauche s'étcudent de vastes prairies, quelques-UDes sous Teau, due aux aguaceros tombés la veille, et où, plongés jusqu'au ventre dans le liquide passager qui inonde ces plaines, s'ébattent des trou-

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