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CHAPITRE III

offert par le Président de la République nous attend à Chapultepec, il faut nous hâter!

Nous brûlons San Angel, où on aperçoit un vieux monastère aux dômes multiples, autrefois occupé par les Carmélites, et nous continuons notre route; la végétation est très avancée, de nombreuses villas qui se dressent de tous côtes attestent que le Mexicain est, comme le Parisien, ami de la banlieue : ce ne sont que chalets, villas, palais avec jardins, fleurs et fruits; c^est un petit coin très sain et très fréquenté : que dire de Tacubaya, qui est TAsnières et le Monte-Carlo de la capitale, car on y trouve à la fois Tombrage et le jeu? Il y a des roulettes de tout côté, et on y joue gros jeu ; c'est organisé en grand avec croupiers, sous-croupiers, surveillants, etc. ; que dire de ce parc admirable entouré de murs qui appartient à M. de Mier, le ministre actuel à Paris, sinon qu'il y en a peu d'aussi bien entretenus en France !

Enfin, les cars s'arrêtent à midi à une porte monumentale où il y a un corps de garde et qui donne accès dans le parc où se trouve juché sur une élévation de terrain le palais de Chapultepec. La tradition populaire veut que cette demeure vraiment royale ait appartenu au roi Montezuma; cela est possible, car en construisant le palais actuel on a retrouvé des morceaux de muraille remontant à la plus haute antiquité. Il se compose do deux étages élevés sur une immense terrassé qui en fait le tour, et d'où la vue est tout simplement admirable et unique. Malheureusement, on a eu l'idée de décorer les murs de peintures style Pompéi, ce qui est vraiment laid. L'intérieur, que nous

font visiter le ministre président du Conseil et le ministre de Tinstruction publique, qui nous attendaient en haut du perron, est bien distribué; il fut meublé spécialement pour Tempereur Maximilien et offre un mélange d'Empire et de moderne du plus déplorable goût. La peluche y règne sans partage avec la soie rouge à ramages et le cuir gaufré : les chambres sont dans la même note. On a voulu faire riche; on a fait criard. Pour ajouter encore à cet état de choses déplo* rable, j'ai aperçu quelques grands vases de Sèvres, de ceux que le gouvernement français, hélas! a prodigués avec usure.

On ne peut arriver à ce palais que par une route assez ardue ou par un escalier qui monte directement du parc jusqu'à la cour d'honneur. On a affecté toute la partie gauche du Palais à l'Ecole militaire mexicaine» qui est uue fort belle institution et qui est vraiment sérieuse; c'est une porte ouverte aux jeunes gens de bonne famille, qui peuvent ainsi faire leur carrière militaire.

Sous une galerie, à côté d'un ravissant jardin couvert de roses, nous attend une table de cent couverts luxueusement servie. Nous nous mettons à table joyeusement et réparons nos forces aux sons d'une musique militaire d'artillerie dont lechef est un Français. Après la série des toasts aussi longs qu'il convient dans un pays où la parole est très facile, la musique entonne la marche mexicaine; tout le monde se lève; un de nos amis, Mexicain, mais très Français de cœur, va parler bas au chef de musique, qui joue la marche royale espagnole ; on se lève encore et on applaudit :

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