CHAPITRE III
et oot été créées par le gouvernement avec Tidée d'en faire une police rurale montée ; la réussite a été complète, car, en peu de temps, le pays a pu être ramené à Tordre le plus absolu : la sécurité est parfaite, grâce à ces brillants escadrons, dont les hommes sont choisis parmi les sous-officiers de Tarmée les plus disciplinés, les plus solides à cheval, ou, à leur défaut, parmi des hommes d'une moralité sûre et bons cavaliers.
Cette troupe est éblouissante à voir, car, montés sur des chevaux petits, mais solides, les cavaliers portent un uniforme en cuir fauve, avec pantalon et jambières, tout entièrement bordé et soutaché de galons et de tresses d'argent : le chapeau pointu en feutre gris est presque entièrement galonné d'argent.
La selle est très riche, comme toutes les selles mexicaines, et la bride est également curieuse, avec son long mors et l'imperceptible ganse qui sert de rêne unique.
L'armement se compose d'une carabine à neuf coups, d'un sabre très affilé, d'un revolver à cinq coups et d'un couteau-poignard. Les hommes sont bien exercés, bien nourris dans les casernes où ils sont logés, et très experts dans le maniement de leurs chevaux et de leurs armes.
Tous les jours des patrouilles parcourent les grandes routes, et le service est admirablement fait. Le rôle des ruraux a été l'instrument capital de la pacification du Mexique, et on ne saurait trop rappeler le rôle utile de ces corps d'élite à nos gouvernants qui ont voulu modifier à un moment l'uniforme de nos gendarmes ; la tenue des ruraux a servi beaucoup comme efi*et moral,
et c'est pour cela que le tricorne est nécessaire dans nos pays. Les Indiens les redoutent comme la peste; ils savent que les ruraux ont de la poigne
Le premier soin de nos hôtes en nous recevant est de nous faire une ample distribution de chapeaux de paille, les plus pointus que j'aie encore vus et qui, je l'avoue à ma honte, sont reçus par nous avec une satis* faction béate, car le soleil commence à piquer; je me coiffe donc d'un de ces couvre-chefs qui jusqu'ici n'avait encore excité que mon mépris, et avant la fin de la journée je le bénissais et me promettais de remporter comme souvenir.
Par une attention à laquelle je me montrai fort sensible, le général, sachant que j'appartenais à l'armée comme capitaine de réserve au 1*' de cuirassiers, me fit offrir un cheval, et nous nous mimes tous en route, les Américanistes en voiture et moi à cheval, suivi des ruraux, pour les pyramides de Téotihuacan.
Que Ton se figure, au centre d'une vaste pleine, à l'ouest du chemin de fer, à cinq kilomètres environ, deux montagnes, en forme de hautes pyramides triangulaires, se faisant vis-à-vis et reliées entre elles par une sorte de voie Appienne bordée de tumuli et renfermant des débris de temples, des sarcophages remplis d'objets en terre cuite, en argent, de bijoux, etc., remontant aux civilisations passées.
Ces constructions mesurent ; celles du Soleil, 232 mètres à la base, 68 mètres de hauteur et 31 pour 100 de pente; celle de la Lune mesure 130 mètres à la base et 46 mètres de hauteur : elles sont construites par assises régulières en pierres et en ciment» et recou-