CHAPITRE PREMIER
Il fait grand jour quand je monte sur le pont : c*est propre et reluisant. Je vais me payer le luxe de me faire faire à moi-même le tour du propriétaire, et je me dirige à Tavant : là sont parqués, immobilisés par les parois d*étroites stalles, quarante génisses et taureaux arrachés au sol fertile de la Suisse pour venir revivifier et fortifier la race bovine mexicaine : joli troupeau, bêtes fines et pleines de santé; le poil est lustré, la tête ornée de deux petits bouts de corne insignifiants qui feraient le bonheur d'un banderillero espagnol ; la race est nerveuse et docile. Le taureau a sa place réservée et un boxe spécial : à tout seigneur, tout honneur !
On a dû construire cette étable provisoire sur le pont avant, ce qui le rend impraticable; plus loin, je pénètre jusqu'au poste de l'équipage , sombre réduit où rhomme de mer fatigué vient chercher le repos et rêver à des plaisirs on à des fêtes dont la naïveté arracherait un sourire au viveur le plus endurci. Au- , dessus du poste, sur chaque flanc du navire, les deux tourelles où sont les feux rouges et verts, et enfin les ancres, ces crocs fourchus, broyeurs des existences sous-marines enfouies sous la vase, monstrueuses griffes qui labourent les sols inconnus !
Je reviens sur mes pas; tout le long du steamer s'étendent les plates-formes de promenade, bordées par les hautes parois verticales où geint la machine et d'où s'échappent les hurlements rauques des en bas; puis je passe successivement devant la timonerie, la chambre du capitaine, la descente dans les salons, le fumoir, etc.
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Grâce à lai, la traTersêe m*a para coorte, car la coDi ersation, toar à toor sérieuse et gaie, n^a pas langui une minute, les sonienirs de jeanesse da liealeoant de f aisseau alteroant arec les causeries sor les sujets les plus éleiés et axec les dissertations scientifiques les plus ardues, llarin expérimente et sérienx, il a su capter la cooGance absolue de son équipage et de ses officiers. - C est un rude mariu et un homme « , disent les matelots. Cest tout dire.
La glace est enfin rompue, les conversations s^échangent et deviennent générales, on commence à se lier ; liaisons éphémères, mais que l'impossibilité de vivre isolé à bord rend nécessaires et souvent agréables : nous fraternisons avec la compagnie italienne, dont les répétitions au piano ont commencé : la musique de Mozart et de Bellinî pénètre jusque dans les recoins du steamer.
Le poker tient également sa place dans la répar*^