‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 52 sur 157 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

cabane : trois femmes en baillons sont assises dans un ooin et discutent avec vivacité dans leur idiome incompréhensible; le sol est humide, un pelit cochon s'y vautre avec deux enfants qui lui tirent les oreilles ; une division en branches d'arbres grossièrement taillées coupe la hutte en deux; la pièce où je suis sert de salon, de cuisine, de salle à manger; dans un coin est une grosse pierre qui constitue le fourneau, au-dessus duquel pend une corde pour y accrocher une marmite en terre; des instruments de travail, des chapeaux pointus accrochés et des loques blanches, qui doivent être les habits des jours de fête; sur une planche à hauteur de la main, des provisions, bananes, viande salée, calebasses, oignons et quelques terrines en terre.

La chambre à coucher est également fort simple; le lit consiste en un monceau de feuilles sèches sur lequel on étend le zarapé ou couverture. Pas un meuble, pas un siège; ô surprise, je découvre accrochées à une corde deux chemises d'homme très bien blanchies et empesées !

Deux images de la Vierge de la Guadeloupe ornent les murs de la hutte indienne, et du plafond pendent des cierges que l'Indien ira aux jours de fête allumer devant la Vierge miraculeuse, dont la copie décore le maitre-autel de la chapelle de l'hacienda. Un jeune prêtre est attaché au personnel de l'habitation et remplit les devoirs de son ministère.

Sous des hangards sont des bœufs et des taureaux, puis des chevaux en quantité, car il en faut beaucoup pour le service de l'exploitation.

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Je rentre à la maison, on déjeune dans une vaste salle à manger, le maître réunissant à sa table, outre ses amis, les secrétaires de Thacienda, les comptables, les directeurs des services, etc. C'est le vieil usage patriarcal. Ce doit être pour tous ces braves gens line bonne fortune quand il vient du monde, car la vie avec les Indiens est monotone.

Des quatre villages indiens qui se trouvent sur la propriété, il y en a deux qui sont fixés d'une façon permanente ; les autres sont mobiles et peuplés de nomades qui viennent, avec leurs familles, s'installer là pendant six mois ou un an, gagnent leur solde, car on les fait travailler, et un beau jour préviennent le chef de leur district qu'ils s'en vont. Ils démolissent leurs cabanes, qu'ils ont d'ailleurs construites, et partent, pour une autre hacienda. II y a environ un millier d'Indiens qui viennent ainsi chaque année; quelques*, uns disparaissent sans rien dire. On en tient un contrôle aussi exact que possible, car à l'unique entrée de la propriété, qui est baignée d'eau de tous côtés, se tient un vieil Indien, homme prodigieusement doué, qui d'un seul coup d'œil juge si l'Indien est fixe ou nomade. Dans ce cas il l'envoie à un des directeurs qui lui fait indiquer le point où il peut bâtir sa demeure.

La race des Indiens de Coumato est forte, puissante et robuste, les hommes sont très durs à la peine. Il y a certains travaux qui se font dans des conditions par-* ticulièrement exceptionnelles; on m'a cité, entre autres, la construction d'une digue pour éviter des inonda* tions, travail pour lequel les hommes avaient à trans*

RKGOLTE Dl' PULQUE AUX ENVIRONS DE UËXICO Cliché de M. Driqoet, à Mexico.

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