‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 53 sur 157 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

porter de la terre d'un point à un autre, une corbeille pleine de terre sur la tête, et ayant à traverser à Taller et au retour des séries de flaques d'eau à gué, ayant de Teau souvent jusqu'aux aisselles, et cela pendant dix heures par jour. Il faut être en fer ou... Indien pour résister à cela.

A Thacienda, Tlndien est bien payé et n'est pas brutalisé; il le comprend et aime son maître; il est doux, soumis et travaille bien, mais il n'est pas vif; il garde dans tout ce qu'il fait une grande dignité, et quand on le voit, le dimanche, jour de repos, drapé dans son zarapé, au milieu de ses camarades, avec son grand chapeau et son immobilité impassive, il ne manque pas d'une certaine grandeur; on sent la race déchue*

A six heures, nous montons à cheval et nous voilà partis pour aller chasser le canard ; chacun de nous est suivi d'un mozo qui porte nos cartouches. Je ne vous raconterai pas notre chasse, mais je vous dirai qu'au bout de quatre heures de chevauchée dans des marais» le long d'une jolie rivière, le cheval dans l'eau jusqu'au ventre, nous nous retrouvions avec nos camarades sur les bords du lac Chiapala, après avoir tiré chacun une centaine de coups de fusil et tué à nous quatre une centaine de palmipèdes ou autres oiseaux aquatiques. Cette chasse est curieuse, car il faut tirer à cheval, et mon guide allait chercher les pièces tuées jusque dans la rivière avec de l'eau jusqu'au pommeau de la selle, son cheval à la nage. Sous des arbres, à l'abri du soleil qui brûle, se dresse une table rustique façonnée en branchages, œuvre des Indiens; sur celte table nous attend un succulent déjeuner ; le coup d'oeil est pitto-*

resque; nous retrouvons là le restant de nos amis qui sont venus en voiture et une vingtaine dlndiens à cheval que nous verrons tout à Theure courir après les troupeaux pour les rassembler.

Le lac s'étend devant nous, avec ses fonds lointains de hautes montagnes; le bord est sablonneux, Tidèe de nous y plonger nous vient; il est midi, et une légère brise ride imperceptiblement la surface des eaux. Un petit canot est là à point pour nous recevoir, et une demi-heure après, à six cents mètres du bord par fond de sable de 1 m. 50, nous savourons les délices d'un bain tiède, mais rafraîchissant.

Le déjeuner achevé, nous nous embarquons dans un canot de grande dimension, et sous Timpulsion de deux vigoureux Indiens, qui poussent avec deux gaffes, Tun à Tavant, Tautre à Tarrière, nous nous dirigeons vers les plaines, de l'autre côté du lac, où nous devons assister à un coleadero.

Le lac n'a pas de profondeur : sur les bords et jus-^ qu'à 500 mètres vers le centre on compte environ un mètre d'eau : il n'y a que dans le milieu que les fonds atteignent 15, 20 et jusqu'à 40 mètres. De nombreux cours d'eau viennent aboutir au lac, et, comme il n'y a pas de route possible pour se rendre aux villages riverains, les habitants passent dans le lac le long des rives; ils ont acquis une telle connaissance des lieux qu'ils semblen tsuivre des routes tracées sousTeau. Nous rencontrons deux Indiennes avec leurs chevaux qui ont de l'eau jusqu'au ventre ; elles portent leur enfant attaché derrière le dos, et de chaque côté de la selle pendent de nombreux ballots. Le cheval marche vigou-

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