‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 54 sur 157 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

reusement, fendant Teau de son poitrail, et semblant un cheval marin : derrière vient un malheureux chien qui n'a pas pied, mais qui nage avec énergie; on voit qu'il est habitué à cet exercice. Nous les suivons de rœil... le parcours est long... Enfin on sort de Teau, le chien prend pied, se secoue et part en gambadant devant les chevaux, qui disparaissent dans les brousses qui bordent le lac.

Nous continuons notre navigation à la perche et nous nous engageons dans un cours d'eau assez large, mais peu profond ; à trois cents mètres devant nous, nous apercevons, traversant la rivière à la nage, tout un troupeau de bêtes à cornes qui changent de pâturage. Les animaux ne se mettent à Teau que Tun derrière l'autre ; il semble que ce travail leur coûte, et qu'il ne le font qu'à contre-cœur.

. Dans une vaste prairie sur notre gauche, je vois un bétail immense entouré par des vaqueros à cheval. Nous débarquons, les chevaux sont là, et en un temps de galop nous sommes au rendez-vous pour le colea-dero.

Le bétail est ainsi réuni et cerné pour qu'il ne puisse se débander : le but de l'opération que nous allons voir est de séparer les différentes catégories, de les classer, de les compter, et aussi de provoquer les accouplements pour les taureaux, qui jusque-là sont mêlés avec les bœufs et les génisses.

On commence par faire sortir du tas les bœufs appelés cabestroSj on les emmène à trois cents mètres et on fait ensuite sortir les taureaux qui doivent les rejoindre. A cet effet, le chef des vaq.ueros entre avec

son cheval au milieu du troupeau, et, avec sa lance, il pousse le taureau hors du cercle : deux vaqueros se mettent alors de chaque côté du taureau, qui prend sa course droit devant lui, escorté par les deux cavaliers qui Texcitent de leurs cris et sont collés à ses flancs; pendant cette marche effrénée, un des deux hommes se jette hors de sa selle, à laquelle il se cramponne par la palette ronde autour de laquelle il a passé son bras gauche, et se couche sur le dos en travers sur le corps du taureau, les jambes du côté de son camarade; au bout de deux ou trois cents mètres à cette allure désordonnée, les chevaux ralentissent, le taureau continue son chemin, et Thomme, toujours accroché à sa selle, a glissé à terre, arrêté son cheval, et en un clin d'œil il est de nouveau sur sa monture; cela fait, il retourne au pas avec son camarade chercher un autre animal. Ce sport s'appelle faire la planche. Un autre exercice consiste, tout en galopant à fond de train à côté du taureau, à le saisir par la queue, la passer rapidement sous la jambe le long de la selle et à arrêter brusquement son cheval. Le taureau tombe à terre comme une masse I On peut alors le marquer, ce qui est vite fait par les hommes à pied qui sont près de Tendroitoù lesvaque^ ros ramènent.

Nous étions rangés sur la gauche du troupeau, de façon que toutes les bêtes fussent obligées de passer devant nous : le spectacle est intéressant; j'ai voulu par moi-même me rendre compte de ces exercices, et j'ai accompagné Tanimal à la course, mais je ne me suis livré ni à l'exercice de la planche, ni à l'opération du renversement.

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