CHAPITRE IV, : 105i
- Enfin, pour terminer, nous avons eu le travail au lasso. Les Mexicains y excellent; entre leur main la corde tournoie, se tend et ne rate jamais son but :: ranimai désigné au milieu du troupeau est amarré en unclind'œil par les cornes. Sitôt sorti hors de ses congénères, un autre vaquero se lance derrière Tanimal, déjà retenu par la tète et qui essaye de se dégager en sautant : il lui jette le lasso dans les jambes de derrière qui sont ficelées en une seconde; la bête tombe et on la marque. Pour nous faire admirer la solidité de ces cavaliers étonnants qu'on nomme vaqueros, on fit lasser par devant et par derrière lin taureau assez gros. Ainsi attaché et solidement maintenu par deux hommes, cramponnés à ses cornes, on lui passa une double corde autour du corps, bien serrée, et un des hommes, avec ses longs éperons, monta sur son dos : cela fait, on lâcha les lassos ; Tanimal, étonné et furieux de sentir sur son échine un poids inusité, se mit à faire des bonds et des. sauts d'une violence inouïe : Thomme, les deux mains agrippées à la corde, ne lâchait pas prise et avec une habileté admirable sut se maintenir pendant plus de cinq minutes, au bout desquelles le taureau impuissant, éreinté et voyant qu'il n'y avait aucun moyen de se débarrasser de son fardeau, se mit au pas tranquilleinent et s'en alla rejoindre ses camarades pendant que le vaquero avait mis pied à terre avec facilité.
Il est quatre heures, il faut nous arracher à ces saines réjouissances, mais il nous manquait un sport pour que la journée fût complète; notre hôte y avait pensé, et, en retournant en bateau, nous pûmes assister à la levée d'un immense filet qui avait été tendu
dès la matinée dans le lac. Deux canots montés d*Indiens se livrent à cette opération avec une grande adresse; malheureusement il y a peu de poissons.
Le soleil descend derrière les montagnes, la nuit arrive à grands pas, nous rejoignons Tendroit où nous attendent les voitures, et, deux heures, après nous sommes à Thacienda.
^ Pendant le repas, la conversation vient à tomber sur
v les moustiques, sur les insectes piquants de ces ré-
^ gions; la veille au soir, j*avais tué deux de ces nuisi-
bles éphémères.
tt II y a ici un animal dont nous ne pouvons pas I nous débarrasser, nous dit à ce moment un des direc-
'^ teurs ; il y en a partout, et sa piqûre n*est pas bonne, n
Ce début n'était guère rassurant. ^ C*est le scorpion noir, ajouta-t-il d'un ton léger. A ce propos, messieurs, je crois qu'il est prudent de ne pas se coucher sans jeter un coup d'œil dans son lit. »
Nous nous regardions un peu émus, quand le maître de la maison, voulant réparer un peu la maladresse de son employé, nous dit qu'en effet il y avait des scorpions dans le pays, mais que dans les chambres il n'y en avait pas et que les domestiques y veillaient.
Ces paroles furent loin de nous rassurer, et nous nous sommes livrés chacun pour notre compte» avant de nous endormir, à une chasse en règle et à des perquisitions minutieuses dans nos chambres. Je n*ai pas laissé un centimètre carré de la mienne sans Tavoir [ examiné.
La nuit s'est passée sans incidents et sans scorpions; le lendemain matin, je venais de me lever d'un hamac