‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 56 sur 157 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

accroché sous la galerie où je m'étais allongé en attendant le déjeuner, quand — ô terreur! — ^ je vois dans ledit hamac un énorme scorpion immobile qui semblait heureux d'avoir profité de la chaleur de mon corps.

Je restai, je Tavoue, un peu effrayé, et j'appelai 0. B... en lui montrant la hideuse bête qui ne bougeait pas. tt Elle est engourdie, dis^je, et je vais Técraser. »

A ce moment arrive Castellanos, qui prend délicatement le scorpion entre le pouce et Tindex et me le place sur Tépaule sans dire un mot. Je me secoue, il ne tombe pas.

u Elle est en drap, ajoute enfin mon aimable hôte; je Tai fait faire pour habituer les gens à ne pas s'en effrayer, et surtout pour leur enseigner la manière de les prendre sans se faire piquer, comiq^ les écrevisses. »

Je me souviendrai du scorpion de Coumato !

Nous allons quitter Thacienda, mais il est intéressant de donner quelques renseignements sur Timportance de ce domaine, et on pourra ainsi juger de ce qu'est la propriété privée au Mexique, en sachant que Coumato est considérée comme une hacienda ordinaire.

La superficie mesure environ huit lieues carrées de 2,500 hectares chacune, soit 20,000 hectares. Il y a 4,000 tètes de gros bétail appartenant au propriétaire et 5,000 qui sont la propriété d*autres éleveurs, qui payent un droit de pâture de trois piastres par saison, c'est-à-dire d'août à mai, saison sèche. L*élevage comprend 800 chevaux, juments, poulinières, 600 mu-

lOS ONZE MOIS AU MEXIQUE.

ièts et ânes, 300 cochoDS et 2,000 moutons. De plus» il y a à l^engrais 1 ,300 bœufs. La culture comprend : le maïs, Torge, le chile, le blé.

La population de Thacienda, y compris les nomades, est d*environ 3,000 individus.

Le payement des salaires a lieu tous les dimanches après la messe : les Indiens passent Tun après Fautre devant un guichet où on leur donne leur argent et des bons de mais. A côté de ce guichet est assis le prêtre, chapelain de Thacienda, qui tient son chapeau sur ses genoux et ne dit pas un mot. L'Indien prend son argent, et avant de renfermer dans un coin de sa ceinture en retire un centavos ou deui qu'il laisse tomber dans le chapeau. Il sait qu'avec cet argent le prêtre allumera des cierges, achètera des ornements pour la Vierge de lu Guadeloupe, et il en est fort peu, pendant le temps que je suis resté là, qui aient manqué à cette coutume.

26 novembre, — Je suis invité à aller passer quelques jours à Thacienda de San Antonio, près de Puebla, chez M. et Mme A..., qui habitent de temps à autre Paris et qui tirent de gros revenus de Télevage des chèvres, dont les peaux sont très recherchées.

Arrivé à sept heures du soir dans la capitale, je n^eas que le temps de boucler ma valise, et le .lendemain j'étais à Puebla avec deux amis de Mexico qui m'accompagnaient.

Puebla est la deuxième capitale du Mexique ; elle est fort peuplée et a tout Taspect d'une cité importante; elle portait^autrefois le nom de cité des Anges. La tradition raconte qu'un pauvre moine voyageur.

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