‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 80 sur 157 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ment aux conDaîssances qu'il recherche, car il possède un esprit d'assimilation vif, et son intelligence, s'il la met au travail, acquiert vitaet bien; seulement il lui manque souvent la volonté, défaut qui peut s^expliquer par son tempérament et le manque d'esprit de suite.

Que vous dire de Tampico, sinon que le chemin de fer qui conduit à ce port est une merveille d'art, et que la ville est laide, bien que placée sur un beau fleuve qui se jette dans l'Atlantique? Elle fait une concurrence terrible à Vera Cruz au point de vue commercial, et les transactions y sont très actives. La rivière qui passe là s'appelle le Panuco; elle est profonde, excellente comme mouillage, et on pourrait y réunir toute une flotte à l'abri du vent du nord : elle confond ses eaux dans la mer avec un affluent, le Tamesi, également navigable et fort recommandable par la beauté de ses rives. On retrouve à Tampico le caractère des villes espagnoles avec son architecture à balcons, ses fenêtres en avance et surtout par les détails de sa construction.

Je comptais continuer mon voyage vers le Nord, mais le temps me presse, et à mon grand regret je ne pourrai vous initier aux beautés de Monterey, Saltillo, etc.; mais l'intérêt qui s'attache à ces régions n'est pas assez palpitant pour éveiller de longs regrets, et je rentre à Mexico, qui est toujours une belle et puissante capitale.

Je m'étais depuis longtemps engagé avec mon ami M. Battrès^ inspecteur des monuments archéologiques du Mexique, à aller visiter avec lui les ruines de Xochicalco, situées dans l'État dei)Iorelos. C'est au reçu de sa dépêche que je fus obligé d'interrompre mon expédition dans le Nord.

M. Léopold Battrès, est, en outre des ses fonctioDS officielles, un anthropologiste des plus distingués. II a étudié longtemps avec M. de Quatrefages de Paris, et je me promettais de faire une partie fort intéressante.

Notre caravane se compose de M. Boulard-Poqueville, chargé d'affaires de France, de M. Battrès, d'un de ses amis et de votre serviteur. Nous prenons à six heures du matin le train pour Cuernavaca. Le chemin de fer grimpe sur une montagne fort escarpée dans le sud de la vallée de Mexico, laissant à ses pieds Chapultepec, et, après avoir eu pendant deux heures sous les yeux un panorama adorable , nous arrivons à Très Marias, petite station perdue dans un bois de sapins où se termine la voie ferrée, les ingénieurs n'ayant pu arriver encore à se mettre d'accord sur la manière de descendre les douze cents mètres d'élévation qui dominent la vallée de Morelos. Quelques constructions en bois se dressent ça et là, et trois wagons hors de service servent de cuisine et de restaurant, où nous attend un repas modeste, mais mauvais, servi par quatre Chinois, qui nous apportent huit soucoupes où nage quelque chose... On a faim, on mange tout de même; une tasse de café, un bon cigare, et nous grimpons dans une diligence exactement semblable à celle que Buffalo Bill avait exhibée à Paris, et dans laquelle sont déjà six femmes, deux enfants et un voyageur; je préfère me hisser à l'impériale avec Boulard; au moins, nous verrons le paysage et nous aurons de l'air. Dix mules ardentes sont attelées à notre véhicule; nous roulons; chemin sablonneux, puis au détour de la route une vue immense sur la vallée, avec ses champs

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