CHAPITRE Vil
qui aurait servi à transporter sur des bers spéciaux les vaisseaux d'un océan dans Tautre. Il avait étudié avec
un soin méticuleux son projet : il était parfaitement exécutable, mais la seule chose qu'il n'avait pas pu prévoir, c'était le cas d'un accident.
Vous figurez-vous un navire de quatre mille tonneaux avec son plein chargement de marchandises et de passagers à bord, déraillant dans une forêt vierge! Je crois que le renflouage aurait été difficile, poar ne pas dire impossible ! Quoi qu'il en soit, le projet était curieux (1).
Après les insuccès des chemins de fer projetés, le gouvernement mexicain se décida à le construire et à le garder sous sa gestion. Il y a environ deux ans qu'il est terminé, et actuellement, s'il ne rapporte rien et coûte encore cher à l'Etat, au moins il marche régulièrement et il y a peu d'accidents.
Dans mon wagon il n'y a que des Indiens, car le train est mixte et ne comporte pas de 1'* classe; marchandises et 3* classe. Nous traversons des forêts marécageuses où la végétation est folle et a poussé sans ordre ni méthode; le terrain se relève un peu, et la voie roule dans de verdoyantes plaines parsemées de bouquets de bois pas très hauts, mais touffus.
A huit heures le train me dépose à la petite station en bois de Jaltipam, où m'attend un ancien ami à moi, que je n'avais pas vu depuis vingt ans, M. de Miramon, fils de l'infortuné géuéral compagnon de Maxi-
(1) Il serait question en ce moment, parait-il, de construire un semblable railway mettant en communication les deux océans à travers la France. Pourquoi pas?
miliflD, et martyr de soa dévouement à sou ei«fk reur.
Le pays est ravissant, couvert de collines boisées, le champs de tabac, de mais, de prairies, nxec un beu gazon qui ne demande qu'À se laisser pailie; de l'esu de source, des haies vives ofi gazouillent des oiseau inconnui, et des fleurs.
Ce n'est pas encore la grande végétation de la forit vierge que je dois rencontrer plus avant dans l'isthme. Le village est distant de la slaliou de quatre kilomètr» environ que nous parcourrons rapidement à cheval.
Jallipam est un village charmant, avec ses mesgazoonées, ses maisonnettes de pisé proprettes, sesbabitants vêtus de blanc, les femmes nues jnsqu'à la ceinture et qui ne sont guère sauvages ! '
Elles marchent par groupes de deux ans. sotircesqai sont dans le bas du village, et là, ainsi q ne j'ai pu le constater de visu, elles se baignent dans \ë toslumt très primitif de nos premiers parents, peu préoccupées des regards qui peuvent en apprécier les formel.
La propreté règne en maître ici, car les enfants, qui vont tous nus, sont baignés deux ou trois fois pu jour.
Les femmes mettent uue certaine coijnelterie à se parer de feuillages et à se piquer des fleiirs dans les cheveux. Elles ont le bas du corps dra|.é dans une pièce d'étoffe serrée à la ceinture et poileul généralement autour du cou une servielte-éponge lun^ne ilont les deux bouts pendent deiant et recouvrent tant bieo que mal la gorge. Elles sont presque toujours nues jusqu'à la ceinture et ne sont protégées que par celle