CHAPITRE VII
tableau à faire, et, pour la première fois de ma vie, je regrettai sérieusement de ne pas être peintre ; aussi me suis-je contenté de faire fonctionner mon Kodack. Personne ne s'est effarouché; on a paru étonné cepen-» dant que je ne me sois pas mis dans le même costume et que je n'aie pas pris un bain? Les gens d'ici font en général peu attention à l'étranger ; ils vaquent à leurs affaires sans s'occuper de ce qui ne les intéresse pas!
Le commerce est nul dans cette ville, car la vie y est rudimentaire et on n'a pas de besoins. L'homme y est enclin à la boisson : il se grise avec de l'eau-de-vie de canne à sucre, qui est vendue assez bon marché, mais l'ivresse de l'Indien est moins sanguinaire dans l'isthme que celle des Indiens du Nord ; il tombe vite abruti.
Je rencontre sur ma route un être horrible. Il est Indien et a le dessus des mains, la nuque, le cou, la poitrine couvertes de taches blanches comme l'ivoire et de marbrures qui ressemblent à celles d'une peau de lézard. C'est un » Pinto » .
Un grand nombre de villages de ces régions sud du Mexique possèdent des populations de Pintos ; il y a des endroits où tous les habitants sont atteints de cette odieuse maladie, qui est une sorte de lèpre. Le corps se couvre de ces taches, qui sont, dit-on, dues au travail lent d'un microbe; elles sont blanches, bleues ou noires; la peau devient tendue et visqueuse , et les taches vont s'agrandissant régulièrement, et cependant les Pintos vivent vieux; la maladie est, paraît-il, contagieuse, et on évite avec soin de les toucher. On prétend que c'est la piqûre d'un insecte très rare qui
produit cette anomalie, et qu'on peut éviter le mal» u on s'en aperçoit à temps, en brûlant la piqûre avec de Tacide phénique pur. J'opine à croire que c'est plutôt une décomposition du sang transmissible par hérédité. La peau reste fine, mais elle est luisante, et l^aspect en est répugnant. A la période noire, des ulcères se forment, et le corps se couvre de plaies. C'est horrible !
Le vent du sud souffle avec furie, la poussière inonde ma chambre, et la chaleur est insupportable. J'avais pensé à prendre le vapeur qui doit passer le 3 février pour Guatemala, mais il est en retard de huit jours.
produit cette anomalie, et qu'on peut éviter le mal, M on s'en aperçoit à temps, en brûlant la piqûre avec de Tacide phénique pur. J'opine à croire que c'est plutôt une décomposition du sang transmissible par hérédité. La peau reste fine, mais elle est luisante, et t^aspect en est répugnant. A la période noire, des ulcères se forment, et le corps se couvre de plaies. C'est horrible !
Le vent du sud souffle avec furie, la poussière inonde ma chambre, et la chaleur est insupportable. J'avais pensé à prendre le vapeur qui doit passer le 3 février pour Guatemala, mais il est en retard de huit jours.