‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 13 sur 353 · BOUVARD, MAXENCE, ALBERT · texte numérisé non relu

BOUVARD, MAXENCE, ALBERT

MAXEÎSCE, l'arrêtant.

Eh! Dieu me pardonne!.,. Albert d'Angreinont

ALBERT

Maxence !... (Ils se jettent dans les bras l'un de l'autre.) BOUVARD.

Tiens!... ils se connaissent!...

MAXENCE

Toi de retour !... Qu'es-tu devenu depuis cinq ans?

ALBERT

Je n'ai pas quitté TAfrique.

MAXENCE

Je n'ai pas quitté Paris, (a Bouvard.) Tous deux élèves de Saint- Cyr, nous sommes sortis ensemble de TÉcole.

ALBERT

Et nous devions ensemble faire nos premières campagnes...

MAXENCE

C'est vrai! mais dès que j'ai eu essayé, de la vie parisienne et des divinités de l'Opéra, j'ai renoncé à la gloire militaire... j'aime trop mes aises, et j'ai dit adieu à la patrie de Jugurtha et d'Abdel-Kader.

ALBERT

Où tu commençais bien cependant... et où il y avait pour toi de l'honneur à acquérir !

MAXENCE

Je ne dis pas non!... mais il y faisait trop chaud!... tandis qu'ici...

Monsieur le vicomte de la Roche-Bernard a raison! quand on est comme lui gentilhomme, quand on a une haute naissance... et une immense fortune...

MAXENCE, avec impatience.

C'est bien !

BOUVARD

Quand on peut, comme capitaliste... régner à la Bourse!... commander à la hausse et à la baisse...

ALBERT

Ah: tu joues à la Bourse...

MAXENCE

Il faut bien s'occuper!... (vivement.) Et toi, es-tu toujours amoureux?

ALBERT

Toujours!

MAXENCE

Comme il y a cinq ans?

ALBERT

Plus encore!...

BOUVARD, à demi-Toix» n ritnt.

Je ne m'étonne plus alors s'il ne voit pas juste... et si sa têle...

MAXEN'CE, à Bouvard.

Amour ardent... véritable et discret... car il n'a jamais

voulu, même à moi... me confier le nom de sa passion... (a Albert.) Mais tu ne partais que pour acquérir gloire et fortune... pour revenir di^ne d'elle l as-tu réussi?

ALBERT

Eh! mon Dieu, non! celle que j'aime, par malheur, est

belle... jeune... riche... d'une illustre famille.

MAXE^CE,

Tant mieux. Tu ne pouvais mieux choisir.

ALBERT

Et moi... malgré le de (Montrant Bouvard.) quc Monsieur a découvert à mon nom, je suis fils d'un pauvre et honnête avocat de province, qui m'a laissé cent louis de rentes en terres, plus, ma paie de capitaine! voilà mon revenu! et tant que mon sort ne changera pas, comment me présenter?... comment oser me déclarer?

MAXENCE

Tu t'effraies d'un rien. Je t'atteste d'abord, moi, gentilhomme, que dans la société actuelle... il n'y a plus ni rang... ni naissance... égalité complète.

BOUVARD

Tous les Français sont égaux.

ALBERT

Je le sais!... devant la loi.

MAXENCE

Non, devant la fortune! Sois riche, tous les obstacles disparaîtront! sois riche... on t'accordera les plus beaux partis de la France... il s'agit donc seulement de t'enrichir.

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