‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 134 sur 353 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

L'ABBÉ, LE PRINCE, entrant par le fond; MAURICE. LE PRINCE^ apercevant la porte à droite qui vient de se fermer.

Ah! Ton vous y prend, mon cher...

MAURICE, avec trouble.

Vous ici, Messieurs?...

LE PRINCE, riant.

Tai vu la dame, je Tai vue!

C'est une plaisanterie, sans doute!

LE PRI^CE

Non, parbleu! la robe blanche flottante... qui disparaissait... Voici donc la Saxe aux prises avec la France...

MAURICE

Qu'est-ce que cela signifie^

l'abbé.

Que nous sommes au fait, mon cher comte.

LE PRINCE, gaiement.

Et que cela ne se passera pas à huis clos, il nous faut de l'éclat et du scandale. (Frappam sur répauie de l'abbé.) Nous ne sommes pas des abbés pour rien... n'est-il pas vrai?

MAURICE, au prince avec impatience.

Eh! Monsieur, j'aurais cru, au contraire, que c'était pour vous qu'il fallait éviter le bruit... Mais puisque vous le voulez, puisque vous savez tout...

LE PRINCE, riant.

Tout... et de plus nous avons les preuves...

MAURICE, froidement et mettant son chapeau.

Monsieur le prince, je suis à vos ordres... Monsieur l'abbé consentira, je Fespère (le costume n'y fait rien), à nous servir de témoin, et comme il y a, je crois, un jardin, nous pouvons y descendre.

LE PRINCE, riant.

A cette heure?

Il est toujours Theure de se battre... et pourvu que nous en finissions promptement... cela doit vous convenir.

ilO ADRIENNE LECOUVREUR.

L ABBEj qui a remonté le théâtre, redescend près de Maurice.

Voilà où est votre erreur. Nous ne tenons pas à en finir^ au contraire, nous voulons que cela dure :

Amour fidèle,

Flamme éternelle!

Comme dit l'air de Rameau! Et par un héroïsme qui surpasse toutes les magnanimités d'opéra, M. le prince vous abandonne votre conquête !

MAUaiCE.

Qu'est-ce à dire?

j^'abbé.

A la condition que le traité de paix sera signé ici, à soupe^, à l'éclat des flambeaux !

LE PRINCE

Au bruit des verres et du Champagne

MAURICE

Est-ce de moi. Messieurs, que l'on veut rire?

l'abbé.

Vous l'avez dit !

LE PRINCE

Mon seul but étant de prouver à la Duclos...

LaDuclos...

LE PRINCE, montrant la porte à droite.

Que je ne tiens plus à ses charmes.

l'abbé.

Et que si la France et la Saxe se battaient pour elle...

LE PRINCE

Et pour sa vertu...

l'abbé.

Ce serait là une querelle d'Allemand que M. le prince ne se pardonnerait jamais... Ah! ah! ah!

le P.llNCE, riant aussi.

Ah! ah! ah! c'est drôle, n'est-il pas vrai?... Et loin de rire... comme nous... vous avez un air étonné...

MAURICE

Oui, d'abord... Mais, maintenant, cela me paraît en effet si original...

le PRINCE.

N'est-ce pas?,.. Ab! ah! i)i 'enlever la Puclos... de mon consentement,., un service d'ami!...

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