‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 27 sur 353 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

étonne, me priver de toilettes élégantes , de chevaux, d'équipages, de cadeaux au jour de Tan, et d'étreiines aux petits enfants. Je puis refuser les billets de loterie des dames, leurs billets de concerts, et leurs listes de souscriptions... Je suis avare! !! grâce à ce titre protecteur et aux privilèges qui en dépendent, j'ai déjà, vivant bien et ne dépensant rien, presque doublé mon petit capital, pour toi ingrate, pour toi seule !

Ah! mon père!...

DESGAUDETS.

Mais de là aux millions que tu espérais il y a loin encore! voilà pourquoi je cherchais et cherche toujours un gendre raisonnable! voilà pourquoi je publie partout que je ne donne pas de dot... c'est un puff comme un autre, excepté qu'il est vrai, car moi je ne veux tromper personne ! et cependant cette fortune qu'on me suppose peut devenir un jour réelle... en partie du moins!

CORINNE, avec joie.

Que dites-vous?

DESGAUDETS.

Écoute-moi, mon enfant; de nos jours, il faut être riche, pour faire fortune. Or, me croyant riche, chacun vient me proposer les moyens de le devenir plus encore ! c'est à qui m'offrira d'excellentes affaires, d'immenses bénéfices, dont je ne prends que ce que mes capitaux me permettent d'accepter, et ma modération passe auprès des uns pour l'avarice qui craint de perdre, auprès des autres, pour l'opulence rassasiée qui dédaigne de gagner. Dans ce moment encore, deux ou trois Compagnies rivales se disputent le crédit et l'appui de mon nom... et maintenant que tu connais la prétendue avarice de ton père!... silence, car si on savait qu'elle est usurpée et que j'ai osé prendre un défaut que je n'avais pas...

CORINNE

Le monde serait sans pitié !

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