LÉONIE, LA COMTESSE
LA COMTESSE, tout en décachetant ses lettres.
Jusau'à M. Charles, jusqu'aux domestiques qui veulent se donner de l'importance!...
LÉOISIE.
Oh! mais... une importance dont vous n'avez pas idée...
LA COMTESSE, ouvrant une des lettres.
En vérité... dis-moi donc cela? (Vivement.) Non, non... tout à l'heure!... laisse-moi d'abord parcourir mon courrier!
LÉONIE
C'est trop juste! je viens de lire le mien. (La comtesse, à droite du
spectateur, lit avec émotion et à part la lettre qu'elle vient de décacheter, tandis que Léonie, près de la table à gauche, parcourt les journaux.) LA COMTESSE.
C'est d'elle !... Pauvre amie !... comme elle tremblait en écrivant ! « Ma chère Cécile, soyez bénie mille fois î Je reprends « espoir depuis que je sais mon fils auprès de vous. Votre chà- <( teau, situé à deux lieues de la frontière, lui permet d'attendre « sans danger l'issue de ce procès fatal... et d'ailleurs qui pource raie soupçonner que le château de la comtesse d'Autreval ré- « cèle un homme accusé de conspiration contre le roi? Du reste, « que vos opinions politiques se rassurent...» (S'interrompant.) Estce que mon cœur a des opinions politiques?... (Reprenant.) «Henri « n'est pas coupable; un malheureux coup de tète qu'il vous rate contera lui a seul donné une apparence de conspirateur; mais « cette apparence suffirait mille fois pour le perdre, s'il était « pris. D'un autre côté, l'on assure qu'on ne veut pas pousser « plus loin les rigueurs, et l'on dit, mais est-ce vrai? que le « maréchal commandant la division vient de partir pour Lyon « avec une mission de clémence... »
LÉONIE, à droite uoussant un cri.
Ah! qu'est-ce que je lis !
Qu'est-ce donc?
LÉONIE, montrant le journal.
Encore une condamnation à mort !
LA COMTESSE
Ah ! mon Dieu !
LÉONIE
« Le conseil de guerre, séant à Lyon, a condamne hier le « principal chef du complot bonapartiste, M. Henri de Flavi- « gueul, un jeune homme de vingt-cinq ans! »
LA COMTESSE
Qui heureusement s'est évadé avec l'aide de quelques amis, m'a-t"on dit.