SCÈNE IL ALBERT, M. DE MARIGNAN
LE COMTE, sortant de l'appartement à droite et parlant à la cantonadÊ.
Bien, mon cher Maxence... faites les honneurs pour moi. (Se reiouvnant vers Albert.) Ils sout tous daus Ic petit salou à prendre le café, et me voici, Monsieur, prêt à vous entendre.
ALBERT
Monsieur... j'ai eu pour ami... et pour protecteur dans ma carrière militaire, M. le général de Saint-Avold, qui a été pour moi un père plutôt qu'un chef. Je dois le peu que je suis à ses conseils; je dois la vie à son courage. Plus tard, et c'est là ce qui me lie à lui par une éternelle reconnaissance, il m'a confié ses plus secrètes pensées. Les qualités distinctives de son caractère, étaient l'horreur de la vanterie et du mensonge, son amour pour son pays et surtout le culte qu'il professait pour l'iionncur. 11 n'eût pas soulTert que l'on portât au sien la plus légère atteinte ! et il eût versé jusqu'à la dernière goutte de son sang pour le conserver pur et intact. Aujourd'hui ({u'il n'est plus, c'est un soin qu'il nous a légué, à nous qui fûmes ses soldats, à moi qui fus son ami, et je viens vous demander compte de la manière