‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 81 sur 353 · ACTE -V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE -V, SCÈNE II

TafFût d'un canon... car ils sentent encore Todeur de la poudre et du cigarre!... Lisez, Monsieur, lisez!

ALBERT, jetant les yeux sur le manuscrit,

0 ciel!...

LE COMTE

Connaissez-vous cette écriture?

ALBERT

Si je la connais!

LE COMTE, d'un air triomphant.

Vous voyez donc bien !

ALBERT

C'est la mienne!...

LE COMTE, stupéfait.,

La vôtre !

ALBERT

Eh oui !... c'est mon roman.

LE COMTE, attéré.

Un roman !

Composé par moi en Afrique!., et que je croyais perdu pour jamais, car je ne me rappelais plus un mot de mon chef-d'œuvre! Et au fait!,., depuis cinq ans.

LE COMTE

Que dites-vous?

ALBERT

J'avais eu le bonheur de l'oublier, et c^est vous qui me le rendez... (Parcourant le manuscrit.) Oui, Vraiment... c'cst bicu cela... un roman historique... roman à la Walter Scott... où je fais jouer un rôle important à mon général... et à moi.

LE COMTE

Quoi!... Monsieur... c'est de vous!...

ALBERT, feuilletant toujours le manuscrit.

Hélas! oui! c'était même si mauvais que le général, à qui je l'avais donné à lire... m'avait répondu avec un juron : « Occupetoi de ta théorie et ne pense plus à ces niaiseries-là... ou sinon... » Ce qui est cause... que je n'ai pas même pensé à lui redemander mon manuscrit resté entre ses mains. Voilà comment, après sa mort, on l'aura trouvé dans ses papiers.

LE COMTE, dans k' plus grand trouble.

Permettez, Monsieur, permettez... rappelez bien tous vos souvenirs,., ètes-vous sur...

^02 LE PTTF.

ALBERT, ^uilletant t nijours.

Parbleu!... voilà tous mes personnages... tosis mes noms qui me reviennent... Taide-de-camp, Hector de Maugiron^ c'élait moi... la jeune fille qu'il adore... et qu'il espère épouser au retour... c'est... (Hésitan!.) uue porsoune, dont il est inutile de vous parler... et quant à la puissante tribu des Beni-Ballaboud... c'est bien cela!... une tribu de mon invention... et la Mahoura... ah! je savais bien que ce nom-là ne m'était pas inconnu... tenez, Monsieur, tenez, voyez-vous écrit en marge : faute de mieux. Il me fallait dans le moment une rivière... et n'en ayant pas sous la main... j'ai inventé celle-là... quitte à la changer plus tard contre une véritable!

LE COMTE, à part.

0 ciel !

ALBERT

Et c'est là ce que vous imprimez comme de l'histoire! c'est là ce qui vous vaut les éloges de la presse et Tadmiration publique.

LE COMTE

Est-ce ma faute. Monsieur, si victime moi-môme d'une erreur... chèrement payée...

ALBERT

Je le sais!... Aussi je n'accuse plus votre bonne foi; mais ni vous, \y moi, Monsieur, n'avons le droit d'attribuer au général des absurdités dont je suis seul coupable et responsable. A chacun ses œuvres! et pour la mémoire comme pour l'honneur de M. de Saint-Avold, il faut que la vérité soit connue.

LE COMTE

Quoi, Monsieur... publier qu'un livre d'histoire est un roman.

ALBERT

Ce ne sera pas le premier.

LE COMTE

Un livre admiré, cité, vanté et adopté par TUniversité.

ALBERT

Jusqu'à demain. Monsieur, je garderai le silence. D'ici là, avisez vous-même aux moyens de faire cet aveu, sinon je m'en chargerai !

Mais songez donc aux suites...

ALBERT

Elles sont toutes simples. C'est une erreur I... vous vous empressez de la reconnaître je ne vois pas quels inconvenienis...

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