LE PRINCE, L'ABBÉ
LA PRI^■CESSE, à Athénais.
C'est vous, ma toute belle, quelle bonne fortune! Qui vous amène de si bon matin?
150 ABRIENNE LECOUVREUR,
LE PRIMCE.
Un service que madame la duchesse veut vous demander.
LA PRINCESSE
Un plaisir de plus. Et comment avez-voiis rencontré mon mari, que moi je n'ai pas aperçu depuis avant-hier?..,
ATHÉNAÏS
Chez le cardinal de Fleury, mon oncle!
LE PRINCE
Oui, vraiment!... le grand ministre qui nous gouverne, et que j'ai connu quand il était évèque de Fréjus, est membre, comme moi, de FAcadémie des sciences... c'est aussi un savant, et, comme tel, je lui avais dédié mon nouveau traité de chimie... ce livre qui a étonné M. de Voltaire lui-même!... Jamais, m'at-il dit, il n'avait lu d'ouvrage écrit comme celui-là! Ce sont ses propres paroles, et je le crois de bonne foi!
LA PRINCESSE
Moi aussi... mais le cardinal premier ministre...
LE PRINCE
Nous y voici. (A un valet qui entre portant un petit coffret.) Bien! pOSCZ là ce coffret. (Le valet pos^ le coffret sur la table à droite et sort.) Lc Cardilial,
qui, comme homme d'État et comme chimiste, connaît mes talents, m'avait prié de passer à son hôtel, pour me confier une mission honorable... et terrible...
TOUS
Qu'est-ce donc?
LE PRINCE
L'analyse scientifique et judiciaire... des matières renfermées dans ce cofiret... poudre dite de succession, inventée sous le grand roi à l'usage des familles trop nombreuses, et dont la nièce du chevalier d'Effiat est accusée, comme son oncle, d'avoir voulu se servir...
LA PRINCESSE, faisant un pas vers le coffret.
En vérité !
ATHÉNAIS, de même, et gaiement»
Ah! voyons.
LE PRINCE, la retenant.
Gardez-vous-en bien !... si ce que l'on dit est vrai, rien qu'une pincée de cette poudre dans une paire de gants ou dans une fleur, suffit pour produire d'abord un étourdissementv^igne, [luis une exaltation au cerveau... et enfin un délire élra.ige... qui