I.ÉON
Je connais donc maintenant quel est mon bieN.faiteur ! Grâce au ciel, tu ne peux plus m'échapper ; et demain , mon cher Roger, tu auras de mes nouvelles.
ROGER
Je dois tout à vos bontés; je vous dois ma femme, celle que j'aime; je ne veux rien de plus.
LÉON
Non pas, je suis encore ton débiteur; quoique grand seigneur, je tiens à payer mes dettes, et nous nous revenons.
KOGER.
Quoi ! vous nous quittez déjà! Si j'osais vous demander une grâce!
LFON.
Qu'est-ce? parle vite.
Je sais que vous êtes bien au-dessus de pauvres artisans tels que nous; mais si j'en crois mon cœur, le vôtre doit être bon et généreux : c'est à vous que je dois mon mariage; et si j'osais vous prier de vouloir bien rester ce soir à la noce; c'est la seule faveur que je vous demande, et je n'en veux pas d'autres.
LÉON
Que dis-tu?
ROGER
Ça nous portera bonheur à moi et à ma femme; vous verrez comme elle est jolie , et combien je l'aime. Et peut-être vous-même, Monseigneur, trouverez-vous quelque plaisir à voir les hexureux que vous avez faits?
LÉON
Tu as raison, une telle soirée m'eût charmé. Mais, mon pauvre garçon, pour la première chose que tu me demandes, je suis obligé de te refuser.
ROGER , avec douleur.
Je vous demande pardon de mon indiscrétion.
LÉON
Crois-tu que ce soit pai- fierté ? non, mon ami ; tu me connais mal. Mais celle que tu vas épouser, lu l'aimais, tu en' étais amom'eux ; alors tu me compiendras sans peine. Ap-