SCÈNE VIT
Les précédents; HENRIETTE.
HENRIETTE
Eh bien! Monsiem', qu'est-ce que vous faites donc? de tous les côtés on demande le marié ; on ne sait ce qu'il est devenu, et Monsieur est là à causer bien tranquillement, pendant que j'étais d'une inquiétude...
LÉON
Je devine, c'est là ta femme.
HENRIETTE
Oui, Monsiem*; et ce n'est pas bien à vous de venir ainsi déranger mon mari; vous êtes cause (jue j'ai brouillé deux contredanses, parce que je regardais toujoms par la fenêtre si
c't'liiit bien avec un mon^k'Ill■ 'ju'i! causait: et qnanfl il faut danser là-bas, cl être ici, ça no va pas du lout.
ROGEn.
C'est qu' voyez-vous, par caractère, ma femme est un peu jalouse.
HENRIETTE
Oui, Monsieur; je ne m'en défends pas.
LÉON
C'est moi seul qui suis coupable; pardon, Mademoiselle.
HENRIETTE, d'un air fâché.
Tiens, Mademoiselle !
LÉON, souriant.
J'ai tort, je devais dire Madame.
HENRIETTE
A la bonne heure ! ça n'est pas par fierté , mai* ce mot-là me fait tant de plaisir à entendre ! il y a si longtemps que je l'attendais! j'avais tant d'envie d'être appelée madame Roger! Madame Roger, c'est un beau nom; n'est-ce pas, Monsiem-?
Celte chère Henriette !
LÉON
Ah! que vous êtes heureux! toi du moins, rien ne s'oppoiîe à ton union; tu peux épouser celle que tu aimes... tu avais raison tout à l'heiue; il n'est pas en mon pouvoir de rien ajouter cî ton bonheur, mais je veiLs, du moins, avant de vous quitter, faire mon cadeau à la mariée, (otant une bague de son doigt.) Tenez, ma belle enfant.
HENRIETTE, retirant sa main gauche qu'il veut prendre.
Oh! non. Monsieur, pas à cette main-là, c'est l'anneau que Roger m'a donné. En vous remerciant bien, (a Roger.) Vois, comme il est brillant; mais c'est égal, j'aime mieux l'autre. (Regardant son autre main.) Mais rentrons dans la salle du bal, où l'on doit danser longtemps encore, car il n'est que neul" heures.
LÉON , vivement.
Neuf hem-es! vous en êtes bien sûre?
ROGKR , soupirant et regardant Henriette.
Oh ! OTii, Monsieur : il n'est qtie cela.
LÉON
Adieu, mes amis; adieu, comptez sur moi. (Revenant et leur prenant la main.) Et si jamais uous étions séparés, si je ne devais