‹ Opération de la hernie étrangléeChapitre 6 sur 12 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Hernie crurale élranglée depuis cinq jours, taxis forcé; opération; caillots dans le sac; gangrène du sac; persistance de l'étranglement, due à une bride épiploïque; péritonite. Mort; autopsie.

H.... (Jean), âgé de 78 ans, entré le 7 janvier 1862, n° 7, salIeSaint- Lazare, service de M. le professeur Jarjavay.

Atteint de hernie crurale droite depuis quatre ans, a porté de mauvais bandages ; par deux fois sa hernie a produit des accidents d’étranglement, mais on a pu la réduire.

Elle est sortie, dans son lit, le 2 janvier pendant la nuit; il ne s’en est aperçu que lorsqu’il a éprouvé les premières coliques. Il a été pris de vomissements, de douleurs vives dans le ventre; les vomissements sont devenus fétides et ont continué jusqu’au mardi 7 janvier ; avec cela une constipation opiniâtre.

Une femme, ancienne infirmière, a fait des tentatives de taxis, d’une heure chaque fois, et plusieurs fois répétées les deux premiers jours ; elle n’a cessé que lorsque le malade a éprouvé des douleurs si vives qu’il s’est refusé à la laisser continuer.

7 janvier. A son entrée à l’hôpital, la tumeur est arrondie, du volume d’un œuf de poule, tendue, douloureuse à la pression ; elle est située au-dessous de l’arcade fémorale , en dehors de l’épine du pubis. Le malade vomit, a la face altérée, le pouls très-petit. M. Jarjavay procède à l’opération sans renouveler des tentatives de taxis.

La peau est incisée suivant une ligne courbe qui contourne la partie inférieure de la tumeur ; après avoir traversé les couches sous-cutanées, il arrive sur une membrane lisse, vasculaire, qui n’est autre chose que l'enveloppe du sac. Il l’incise et tombe sur des

1862. — Dieuzaide.

caillots, qui forment une couche d’un demi-centimètre, sans sérosité étalée sur la tumeur; il les écarte et arrive sur l’anse intestinale, d’un rouge noirâtre, tendue, et qui ne parait que fortement congestionnée.

M. Jarjavay débride au niveau de l’étranglement, et arrive jusque sur le ligament de Gimbernat, qu’il débride également; la réduction se fait sans difficulté.

Le soir ce malade se trouve bien, n’a plus de vomissements, mais se plaint de sa constipation ; le ventre est ballonné; la soif est vive; la face est animée; le pouls est à 100.

Cataplasme; une pii. opium de 0,05 grammes.

8 janvier. Le malade ne se trouve pas mal ; le ventre est peu douloureux, mais* la soif est vive, la langue sèche ; pas de selles.

Huile de ricin, 15 grammes.

Le soir, pas de selles; envie de vomir; face grippée; pouls petit; les bords de la plaie sont noirâtres.

9 janvier. Le malade meurt à six heures du matin.

Autopsie. — Les parois du sac sont noires, presque gangrenées. On trouve une masse épiploïque qui se trouvait au dehors de la tumeur et qu’on n’avait pas soupçonnée pendant l’opération. Cet épiploon est aussi très-noir; le collet dtr sac ne présente aucun pli, aucune induration ; il est lisse et ne paraît pas avoir produit l’étranglement. Le iigament de Gimbernat porte les traces de l’incision sans être complètement détruit. En soulevant l’anse herniée, on la trouve étranglée par l’épiploon tordu comme une corde, qui a ainsi empêché le retour des selles. L’intestin est rouge, noirâtre, sans perforation; il présente un liséré noir au point comprimé; la muqueuse n’est pas ulcérée à ce niveau; la portion herniée appartient à l’intestin grêle à quatre travers de doigt du cæcum.

Le petit bassin renferme une quantité considérable de pus, qui agglutine ies diverses portions de l’intestin, mais il y a du pus également dans le reste de la cavité abdominale.

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