DEL
Visc, Op, var. T. IV.
A VV E h 'l' I M t N T O
Le seguenti DcbCiizioin ed Illustrazioni di Monumenti antichi sono tolte dalla magnifica Opera incominciala nel 1806 col titolo di Musée Napoléon e. proseguita con quello di Musée Français. È noto che quando gli Editori di essa ne presentarono il primo volume a Napoleone, questi, malcontento delle illustrazioni che accompagnavano le tavole de' Monumenti , volle che si consultassero Visconti e Denon , i quali dovessero proporgli un nuovo compilatore per quello che rimaneva da farsi , riservandone a sé la conferma : ed è pur noto che la loro scolla cadde unanimamente sopra il sig. Enieric-David, autore dell'opera intitolata fìecherches sur Vari statuaire considéré chez les Aticìins et chez les Modernes , il quale volle avere a collaboratore , per quella parte che riguardava le antiche Statue, Busti, Bassirilievi , ec. , il Visconti. Sessantaquattro sono pertanto i monumenti dal Visconti illustrati in quelr opera , molti de' quali provenivano dal Museo Pio-Clementina da lui con tanta gloria descritto. Se non che ritornando egli sopra una materia di già trattata , ed alla quale erano sempre nondimeno rivolti i suoi studi, potè non di poco vantaggiarne l'esposizione con ogni maniera di lumi , onde queste nuove illustrazioni riescono sommamente preziose. E noi abbiamo creduto opportuno di far intagliare col solilo metodo le tavole di tutti que' monumenti che non furono già dal Visconti pubblicali in altre sue opere; e le aggiungiamo a corredo di questa parte, che non sarà certamente la meno importante, della nostra edizione. — Gli Editori.
JuPlTKn ET DEUX DÉESSES
Bas-relief (i)
I je père des Dieux (V. Tav. I), appuyant sa main droite sur un long sceptre ^ et enveloppé , suivant son costume ordinaire, dans un large manteau qui, ne remontant que jusqu'aux reins , laisse la partie supérieure de son corps toute nue , est assis sur un siège très simple qui a la forme d'une pierre carrée. 11 tourne , avec une expression de bonté, son front majestueux vers une Déesse qui paroit le caresser. Celle-ci n'a d'autre vêtement qu'un peplum qui couvre avec décence la partie inférieure de ses membres. On remarque dans son altitude une espèce d'abandon j ses jambes sont croisées, sa main droite est posée sur l'épaule et touche presque à la barbe de Jupiter ; la Déesse s'appuie sur lui. Le temps a fait disparoitre la main gauche de cette figure (2).
(i) Ce bas-relief en marbre pentélique, haut d'un pied , si'pt pouces sur un pied, dix pouces de largeur, avoit e'té transporté autrefois de Rome à Turin ; il se voyolt dans 1 liôtel de l'académie de cette ville du temps du marquis IMiiftei, qui le publia dans le Jiluseuni Feronetue ^ p. 211. On ne l'a pas encore exposé dans le Musée.
(2) On l'a rétablie dans le dessin.
De l'autre côté, une Déesse j nobleiuent vêLue , paroît s\nvancer lentement. Un bandeau j ou diadème ^ serre sa chevelure artistement arrangée- un sceptre surmonté tPun fleuroUj et semblable à celui de Jupiter j est dans sa main gauche; sa droite, ornée de bracelets, relève avec grâce derrière les épaules un voile qu'elle paroît avoir laissé tomber de dessus sa tête.
Jupiter , Junon et Vénus sont les personnages qui se présentent à Timagination aussitôt qu'on fixe les yeux sur ce bas-relief. Le culte public , peut-être un culte local , ou une dévotion particulière ont pu fournir des motifs à l'artiste pour renfermer dans un même taljleau ces trois Divinités , étroitement unies par les liens du sang.
Une observation plus soutenue pourroit confirmer celte conjecture à Tégard des deux premières Divinités j mais on n'en est pas également content à regard de la troisième. La physionomie de celle-ci n'est pas assez divine- sa coiffure paroît trop négligée ou trop siujple pour convenir à Vénus , quoique la nudité de la figure semble indiquer celte Déesse.
Je pense que le sujet {\^ ce bas-relief est tiré du premier livre de flliade. Dans cette supposition, la femme à demi-nue seroit Thétis: plusieurs nionumens nous offrent celte Nymphe dans ce même costume- sa chevelure négligée, son air caressant conviennent au chagrin et à la posilion de la mère d'Achille. Le sculpteur semble même avoir eu l'attention di; ne j)as donner à la physionomie de la Néréide un degré de beauté qui pût la faire prendre pour Vénus. Elle vient d'ob-
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tenir de Jupiter cello promesse auguste et solennelle qu'Homère a énoncée par des vers admirables. Junon sur})rend ces deux Divinités dans leur tête-à-léte; elle les voit sans être aperçue ni de l'un ni de Tautre (i).
La porte dont le chambranle et l'architrave sont indiqués dans le bas- relief, derrière la figure de Junon (2); la draperie soulevée, comme si la Déesse craignoit que le bruit de sa robe ondoyante ne la décelât , l'espèce d'isolement où les deux premières figures paroissent placées h l'égard de celle-là 5 tout me l'ait croire que l'ancienne sculpteur a eu véritablement en vue ce Irait de riiiade.
Le lieu de la scène est le dehors de la maison d'airain de Jupiter, bâtie par Vulcain au sommet de l Olympe. Les ornemens de la porte, la corniche, ornée de quelques feuillages foiblement tracés, qui couronne le haut du murj le siège forme d'une pierre lisse; tout se rapporte à rarchilecture des temps héroïques.
C'est sur cette pierre que le sculpteur a marqué son nom en latin : DIADVMENI ( ouvrage ) de Diadunictiiis. Dautres anliqups nous présentent les noms en latin des artistes Polftimiis , IS'icofuûchus , Iiigenmis , etc. ; celui d^Ingenuus est également au génitif.
L'époque, où ce bas-relief a été exécuté, peut se renfermer dans l'espace d'environ deux siècles. Le nom grec écrit en latin ne permet pas de
(1) Iliade I, V. 536, 537.
(2) Un fragment détaché du bord de ce bas-relief laisse voir plus clairement l'entrée de la porle.
Fassigner aux leinps de la ié|Mil»lu|uc : in gcut ci la finesse du travail ne conviennenl point à une école postérieure au règne des Anlonins.
La figure de Jupiter ne ressemble à aucune autre figure de ce Dieu : elle est noble , et dans l'allilude la plus convenable à Taction que nous lui avons supposée, ou à quelque ani re semblable. Le geste et le mouvement de Junon se retrouvent dans d'autres monumens. et en particulier dans des peintures de vases grecs* la position de Vénus ou Thétis se rapprocbe d^ celle d'une Nymphe que Ton voit dans la célèbre fresque des Noces Aïdohrandincs.
Jupiter et Triton
Jupiter., tête colossale (i)
Cette sublime sculpture , où les traits de Jupiter ne sont pas équivoques , nous présente la plus
(i) Les deux antiques réunies sur cette planche forment le pendant l'une de l'autre dans l'une des salles du IMusée Napoléon; cependant elles n'ont d'autres rapport entre elles que celui de leurs dimensions, La tête de Jupiter, qui se trouve à droite sur la planche, est sculptée en marbre de Liini ou de Carrare. La hauteur du masque , depuis la racine des cheveux jusqu'à l'extrémité du menton , est de trois décimètres et demi ( treize pouces ) ; le col et les épaules sont modernes. Ce fragment, trouvé à Oiricoli vers la fin du dernier siècle , étoit placé au Musée du Vatican : il a paru pour la première fois dans mon ouvrage intitulé Museo Pio-Clemenlhio , t. VI, pi. i.
colossale, ot j'ose dire la plus majestueuse de toutes les images de ce Dieu, dont l'un des princi- 'paux caraclèies est la majesté. La figure de Jupiter est ici d'autant plus admirable, qu'avec une noblesse imposante elle n'offre rien de terrible. Le calme d'un être Iieureux par soi-même, la sagesse accompagnée de la toute-puissance , se jxngnent sur sa pliysionomic. La hauteur et les saillies du front, sans trop s'écarter de la verilé, répandent sur la figure quelque chose qui paroît surnaturel (i).
Les traits de Jii|)i(ei' furent , à ce qui paroît , fixés par Phidias dans le colosse d'Olympie. 11 avoit pris lui-même son modèle tlans 1 lliiide , du moins pour le mouvement tles cheveux élevés au dessus du front (2).
Cette tête, fragment d'une statue colossale placée autrefois dans une colonie de la Sabine , ne peut-être regardée comme un ouvrage venu de Ja Grèce : la qualité même du marbre s'opposeroit à cette opinion. Mais il est constant que des artistes grecs avoient exécuté à Rome, après Phidias, et -sans doute en fimitant , des statues de Jupiter. Le Jupiter de Praxitèle est célèbre encore aujourd'hui: c'étoit un colosse d'ivoire (3). On peut croire
(i) On peut voir, dans les Rccherciics sur Fart statuaire de mon savant collaborateur M. Emerlc DavirJ , ses belles et ingénieuses oiiservalions sur le front de ce Jupiter, pag. 366.
(2) Musco Pio-Clementiiio, loc. cit.; Slrabon , 1. VIIÏ , p. 244 , éd. de 1587.
(3) Ialine, XXXVl, § IV, n 12, et XXXV, § XLV. Praxitèle éloit né en Italie , dans la grande Grèce : il devint citoyen de Rome.
que cette tête admirable ap])arl('iioit à une léjX'tition de ce colosse. Elle a clé sculptée par un artiste habile, qui, sûr de sa touche et maître de son ciseau , a visé plutôt à l'effet de l'ensemble , qu'à une exactitude scrupuleuse dans les détails.
Triton , hernies colossal (i)
Ces cornes qui s'élèvent au-dessus des tempes , cette barbe ondoyante, ces dauphins qui s'y cachent, ces membranes écailleuses qui dessinent les joues et les sourcils , ces ondes qui flottent au bas de Thermes, tout retrace ici l'image du demi-Dieu , fils de Neptune , compagnon des Néréides , qui fait retentir les rivages des sons de sa conque marine. Ces attributs qui caractérisent les Tritons sur divers monumens de sculpture antique , nous ont fait préférer la denomination de Triton à celle d^Oceân , ou de Portumne (2) , que d'autres avoient donnée à cet hermès.
Les poètes et les m3^thologues attribuent aux Tritons le même goût pour le vin, qu'aux Faunes
(i) La hauteur de cet hermès est de huit décimèlres , sept centimètres (deux pieds, huit pouces); il est de marbre grec , de l'espèce qu'à Rome on appelle grechello. Déterré sur les bords de la mer de N;iples, aux environs de Po zz uclo , il avoit probablement servi d'ornement aux jardins de quelque Romain. Je l'ai publié dans le sixième vol. , pi. V du Museo Pio-Clementi no , où il étoit placé autrefois.
(2) Winckelmann, Monum, ined. , n. 35;, Federico Dolce, Gemme, tav. I, n. 22; Museo Pio - dementino , t. VI, pi. V, dans les notes, et t. IV, pi. 33.
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et aux Satyres. On peut dire en général que les anciens avoient associé les Divinités de la mer au culte de Bacchus (i) : de là les raisins et les pampres dont cette figure est couronnée.
Le rivage de Pozzuolo, où ce monument a été découvert, donne lieu à des conjectures qui pourroient aussi expliquer pourquoi Ton a représenté ce Triton avec des cornes naissantes et une couronne de pampres. Les coteaux de la Campanie, élevés en amphithéâtre sur les bords de la mer Tyrrhénienne , produisoient les vins les plus célèbres de l'Italie , le Cécube , le Massique et le Falerne. Ce même rivage a été de tout temps exposé aux tremblemens de terre et aux explosions volcaniques , dont les anciens attribuoient la cause secrète aux Divinités de la mer et des eaux. Ces motifs, qui les avoient portés a donner des cornes, et même la figure d'un taureau , aux Dieux des fleuves, à l'Océan, h Neptune (a), ont pu faire donner le même symbole au Triton représenté dans ce marbre.
(i) Pausanias , IX, 21 et 12; Orphée, Hymn. XXIII.
(2) Orphée , Hjnin. XVI et XXII ; Euripide , Oreste , V. i38o, et les autorités citées par Mizochi ad Tabul. Heracl. , pag. 5i2. Les cornes et la figure de taureau, données aux fleuves, ne sont pas rares sur les médailles.