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xxxvm.
Jeune Héros Statue (i)
Parmi les altitudes simples et nobles que nous ofTrent les monumens les plus anciens de l'art des Grecs j on doit remarquer celle où l'un des pieds de la figure est élevé , soit sur une roche , soit sur un marchepied, et où le corps incliné de ce même côté paroit se faire un support du bras appuyé sur la cuisse (2).
Les artistes anciens employèrent souvent cette pose dans les sujets héroïques ; nous la voyons dans différents bas-reliefs et dans plusieurs sta-
(i) Cette statue sculptée en marbre penlclique, et trouvée dans la Grèce , est haute d'un mètre , vingt-quatre centimètres ( trois pieds , dix pouces ). Elle n'a de moderne qu'une partie des jambes , entre le genou et la cheville du pied.
(2) Antilochus avoit celte pose dans une grande peinture de Polignote, qui avoit pour sujet la descente d'Ulysse chez les morts ( Pausanias , I. X , c. 3o). On trouve la même attitude dans une des figures gravées qui ornent le pourleur d'un vase de bronze, découvert près de l'ancien Preneste , et publié dans les momintenla aerea Musaci Kircheriani ^ tom. I, pi. 7. Ce vase a été ciselé par un artiste romain très ancien , qui avoit imité sans doute des ouvrages exécutés par des Grecs d'Italie.
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tues ( I ) •■ dans les figures de femmes , eile forme un des traits caractéristiques de Melpomene (2).
Le héros représenté dans la statue que nous examinons { V. Tav. XXI ) ne se distingue par aucune autre particularité que par cette pose même, par sa jeunesse et par la nudité propre à un personnage mythologique. Il tient les bras croisés; le bras droit est placé au-dessus de l'autre qui est enveloppé d'un petit manteau. Cette attitude tranquille s'accorde avec l'expression des yeux (3) , qui annonce l'attention , et avec le mouvement de la tête légèrement élevée et tournée vers fépaule droite, comme celle d'une personne qui écoute.
Cet âge, ce costume et cette attitude peuvent convenir au jeune Thésée, attentif au discours de sa mère qui lui révèle le secret de sa naissance; et on retrouve en effet tous ces divers caractères dans quelques figures qui représentent le fus d'E-
(i) On la remarque deux fois dans les bas-reliefs du beau vase de Médicis , qui représentent Iphigénie en Aulide; dans une statue du Musée CapiloUn (t. III, pi. 61), dans laquelle je reconnois Mercui'e , etc. Voy. Buonarroti, Medaglioni , p. 8 de la préface.
(2) Museo Pio-Clementino , T. I, p. 89 et 4o (*). Dans les statues connues sous le nom de la famille de Lycomède , et qui autrefois représentoient les Muses , la figure de Melpomene qui étoit dans la même attitude , est devenue par la restauration celle de Déidamie à genoux.
(3) Pour rendre cette expression plus sensible, le sculpteur a marqué très distinctement les prunelles des yeux.
(•) Ediz. di Borna. T. I , p. i3i edit. di Milano. — Gli Editori,
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gée (i)j mais il n'j a rien dans tout cela qui ne puisse convenir également à d'autres héros de la fable.
Cette iîgure est d'une grande intégrité , mais d'une exécution médiocre. La beauté de la composition doit néanmoins la faire regarder comme une imitation de quelque ouvrage estimé de Técole grecque.
(i) Winckelraaon, Monum. inediti , n. 96; Hancarvîlle, Aiìtifjuìlcs ctriisques, grecques et romaines du Cabinet de Hamilton, tom. II, pi. n6: voyez aussi la \A. 137 dti toni. I.
Jeune homme remerciant les Dieux Statue de bronze (i)
En considérant avec attention ce bel ouvrage ( V, Tav. XXII ) , on ne peut se méprendre sur le sentiment religieux de reconnoissance qui anime le personnage dont l'artiste nous a transmis les traits j on voit dans ses regards et sur sa physionomie l'expression de l'attendrissement et celle de la joie. L'attitude de ses mains élevées , et dont le carpe est tourné vers le ciel est celle que la nature suggère, pour ainsi dire, elle même aux hommes qui solHcitent les bienfaits d'une puissance céleste. Cette attitude a été consacrée dans les ri-
(i) Cette statue , haute d'un mètre , trois décimètres ( quatre pieds , quatre pouces ) est due aux conquêtes de S. M. en Allemagne. Le roi de Prusse , Frédéric II , l'avoit achetée du prince Wenceslas de Lichtensteln , dans le cabinet duquel elle étoit passée après avoir appartenu au prince Eugène de Savoie. On dit que c^étoit un don fait à ce prince par le pape Clément XI , et que la statue avoit été trouvée dans le Tibre ( Conrad Levezow , de ju-'enis adorantis signa, Berlin, 1808, in-4, pag. 3). Suivant une autre tradition , ce bronze avoit été découvert à Herculanum à une époque bien antérieure aux fouilles ouvertes dans le même endroit par ordre du roi de Naples. Quant à l'intégrité de la statue , une portion du bras droit avec la main est moderne , mais la position en est assez clairement déterminée par ce qui reste d'antique.
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tes de plusieurs religions j et particulièrement dans ceux de la religion grecque (i).
La nudité absolue de la figure, et l'absence de tout symbole et de tout accessoire, peuvent faire })re'sumev que le jeune homme dont ce bronze offre Timage, étoit im de ceux qui s'exercoient dans les gymnases de la Grèce , et qu'il avoit remporté quelque victoire dans les jeux solennels , et vraisemblablement à la course du stade. J'avance cependant cette idée comme une simple conjecture, sans prélendre contrarier l'opinion de ceux qui ne verroient dans la nudité de cette figure qu'un effet du goût et des habitudes des artistes grecs.
La statue d'un personnage suppliant les dieux, ou leur rendant des actions de grâces, exécutée en bronze par Bédas de Byzance , un des élèves des plus habiles de Lysippe, étoit célèbre chez les anciens (2) 3 et il est assez vraisemblable que
(i) L'usage de lever les mains vers le c el , dans la prière , est attesté par un grand nombre de passages d'auteurs anciens, et par plusieurs ouvrages de Icii,, Homère, Ilind. \. Yl , V. 3oi ; Antich. d' Ercolanù , Bronzi, t. Il, pî. 83; Museo Pio-Clementino ^ tom. Il , pi. 4? » M. Levezow, daus l'opuscule cité ci-dessus , pag. 8. Mais le geste de celle statue nous explique plus clairement ce qu'entendoit Eschyle , par l'expression vnziàiy^aaiv x^P^"^ ( Prom. , y. ïoo4) , Virgile et d'autres par celle de manus supincui ( Cerda ad Firgil. ^ JEn. , 1. IV, v. 2o5 ). Ces expressions désignent la position des mams dont l'intérieur est tourné vers le ciel , et le dos vers la terre. Le suppliant , par ce geste , paroît disposé à recevoir dans ses mains les dons du ciel , ou à porter vers les dieux les actions de grâces qu'il leur adresse.
(2) Pline, 1. XXXIV, § 19., n. i3. Vitruve parle avec e»tîmfc de ce même artiste, dans la préface du livre Ilï.
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cette statue est celle que nous avons sous les yeux. 'VTinckelmann en avoit remarqué à Rome une répétition en marbre (1)5 j'en ai retrouvé une imitation dans une miniature antique (2)3 et rien, comme on le sait, n'atteste mieux la réputation d'un ancien ouvrage de l'art que les répétitions et les imitations qui en ont été faites dans l'antiquité. Il n'y aura point de connoisseur qui en voyant la pose simple et naturelle de cette figure , ses belles proportions j la grâce du mouvement, et la vérité de l'expression, n'applaudisse à l'opinion que Pline et Vitruve paroissent avoir eu de son auteur 5 la conjecture que je présente est plus probable que celle de divers amateurs qui voudroient attribuer cette figure à Galamis. Le style répond bien à celui qu'on admiroit dans les ouvrages grecs du siècle et de l'école de Lysippe , et ne peut nullement convenir aux ouvrages savans mais durs et maigres deCalamis, statuaire bien plus ancien. En outre , les figures des jeunes Siciliens remerciant les dieux, que l'opinion commune attribuoit à cet artiste, au temps de
(i) Histoire de Part chez les anciens, liv. VIII , c, 2 » § 29 , éd. de M. Fea.
(2) C'est la figure d'Anchise représentée dans le monument où il implore la clémence des dieux en voyant la flamme voltiger autour de la tête d'Ascagne. Elle se trouve dans les miniatures d'un manuscrit de Virgile , gravées par S. Barloli. Quoique cette figure soit drapée , et qu'elle représente un homme avancé en âge , elle ne ressemble pas pour cela moins parfaitement , par la pose et par l'altitude , à la statue que nous examinons.
Vise. Op. var. T. IV.
Pausanias (r) , étoient dans une autre attitude, autorisée également par les rites du culte payen • ils ctoient représentés levant seulement la main droite 3 geste qui accompagnoit les acclamations et les euphèinismes dans la cérémonie des sacrifices. Plusieurs monumens qui nous offrent des exemples de ce geste religieux (2) ne nous permettent ni d'accuser de peu d'exactitude la description que Pausanias nous a laissée de ces statues, ni de lallérer par des explications forcées.
(i) L, V, <•. 25. Eiles représentoient de jeunes Agrigentins TTporeîvo-JTSç ràç ^sliàç, fjui levoient leurs mains droiteSj dans l'attitude de la prière.
(2) On voit ce geste, de lever une seule main, dans le bas-relief représentant l'apothéose d"Homère , et dans un médaillon de la Ville de Colophon , en Ionie , publié par Spanheim , ad Callimach.^ pag. 479- Souvent cette attitude caractérise , dans les sujets bacchiques , les figures qui crient Evoë.