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L'HUMILIATION

Dans cette affaire de Fachoda, deux points paraissent hors de doute.

Nos droits à occuper ce précieux marécage pouvaient être discutables : ils ne Tétaient pas plus que ceux de TAngleterre. Si, au vague arrière-plan d'un de nos pays de protectorat, les Anglais avaient tenté et réussi un coup analogue, quant aux conditions de droit international, à l'occupation de Fachoda, ils seraient évidemment restés parce qu'ils auraient été les plus forts. Autrement dit, nous aurions eu, à Fachoda, le droit, si nous avions eu la force : cela est clair comme le jour.

Et voici qui n'est pas moins certain. Que notre tort ait été, comme quelques-uns le prétendent, de ne pas mesurer nos desseins à nos forces et de commencer une entreprise que nous étions incapables de soutenir jusqu'au bout, là n'est plus la question. Nous étions parfaitement résignés à reconnaître, sinon le droit, du moins la puissance supérieure de nos adversaires, et à leur abandonner le fruit d'une

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