‹ Opinions choisiesChapitre 32 sur 48 · AUTRE PRINCE · texte numérisé non relu

AUTRE PRINCE

(Ecrit en mars 1910).

M. Aristide Briand....

Mais, pardon, ne prenez point, s'il vous plaît, un air sentencieux ou chagrin. M. Aristide Briand est, j'en conviens, président du Conseil. Je l'avoue encore, il gouverne la France. Et cependant, on peut parler de lui sans verser dans la politique. Cet homme est en train de charmer le pays, selon le joli vieux sens du mot « charmer ». Constater cela, c'est faire œuvre de romancier, c'est presque raconter une histoire d'amour. Vous voyez qu'on peut sourire. Il n'est pas question d'un ministre, il ne s'agit que d'un séducteur : c'est bien plus sérieux, mais c'est beaucoup moins grave.

Il faut avouer que le cas de M. Briand est singulier. Si les Français avaient le triste privilège d'être logiques, il n'y a point d'homme d'Etat dont le nom dût éveiller plus, de cris d'horreur, tant à droite qu'à gauche.

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