UNE LETTRE DE JULES RENARD
Naguère, jadis, et. il y a même plus longtemps encore, en 1902 enfin, le hasard m'amena chez un libraire, chez l'un de ceux qui vendent des vieux livres. Le hasard seul, car je crains les vieux livres. Il en sort une poussière redoutable.
Parmi tout un fatras reposait une plaquette. Crime de village, signée : Renard, tout court. Qui savait l'existence de ce petit livre, édité le l^r octobre 1888 par la Grande Correspondance ? Presque personne, du moins je m'en flattais. Le libraire, en tout cas, n'ignorait point l'auteur.
« — Penh ! me dit cet excellent homme, emportez ça pour vos 25 sous, c'est de Jules Renard.
— Vous le connaissez ?
— Oui, il a fait VEcornifleur. Depuis ce temps, il bricole par-ci par-là... »
Mon pauvre grand ami Jules Renard ! il avait « bricolé » en écrivant les Histoires naturelles, les Bucoliques, Poil de Carotte... Que les Muses pardonnent à ce libraire !