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LA SORBOXXE ET LA CRISE DU FRANÇAIS

cats, comme les Débats et V Opinion, ont constaté le mal et se sont émus... Voilà ce que l'on est bien forcé d'observer, même si l'on ne prend point parti. Voilà la vérité pure, que quiconque a le devoir de montrer nue comme elle est. Nous aurions scrupule à mal parler de la So" bonne : mais que les licenjeiés ès-lettres écrivent comme des apprentis et ignorent leur langue, c'est un fait. Or, était-ce prévu, cela, par les philologues de la rue des Ecoles ? L'ont-ils préparée à dessein dans leurs programmes d'études, cette conspiration contre la langue française, et, par suite, contre l'esprit français, dont ils se trouvent devenus aujourd'hui les destructeurs responsables ?

Car il ne faut pas nier non plus qu'il n'y ait une « crise du français », et que bien loin de s'en émouvoir, la Sorbonne ne s'en soucie guère. Le français, cette langue « littéraire », peuh ! quelle baliverne ! Vous ne voudriez pas que des esprits scientifiques, ivres de fiches, eussent l'enfantillage de s'arrêter à de telles fariboles ?

Deux causes principales nous semblent avoir produit cette maladie évidente du français. Et déclarons tout de suite que l'argot et la négligence, qu'on accuse toujours, font moins de mal, en somme, que l'on ne croit. L'argot est pittoresque, au contraire, nerveux, bien fait, jailli de source ; il abrège et colore ; c'est du sang nouveau, puisse-t-il donc s'infuser dans la langue ! Par négligence, d'autre

part, on sabote assurément le langage courant, mais à la bonne franquette, et sans nulle préméditation. Ce n'est pas très, très grave.

Deux autres poisons autrement nocifs ont pourri et ridiculisé notre pauvre langage, à savoir les Concourt etlesHomais, les artistes « indépendants «et les savantasses, les esthètes et les pédants; les prétentieux et les lourdauds : les premiers ayant sur la conscience tous les solécismes d'art que se croient forcés de com- . mettre à présent jusqu'aux moindres reporters, aussitôt que ceux-ci ébauchent seulement deux lignes de description, ou qu'ils s'appliquent un peu ; tandis que nous devons aux seconds ces termes bouffis, raidis, artificiels et hideux, des céphalalgie pour mal de têts, des clôturer pour clore, des émotionner pour émouvoir, des solutionner pour résoudre, et des instituteurs, au lieu de ce vieux terme simple et charmant, les maîtres d'école.

On a eu honte de ne point paraître savants, dans un temps oij, même en ce qui touche aux belles-lettres, la science était officiellement divinisée : et alors le brave empailleur est devenu le navrant taxidermiste ; le haut mal, qui ne faisait pas trop peur, s'est changé en épilepsie ou en hystéro-ie ne sais quoi, qui sont des maladies affreuses à nommer ; les casseurs de pierre souffraient d'une affection nommée innocemment la cailloute, mais ce n'était pas un mot sérieux, et l'on en a fait la pneumochaliose.

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