‹ Optique géométrique élémentaire: focométrie, optométrieChapitre 155 sur 199 · Accommodation · texte numérisé non relu

Accommodation

i°. — Avant d'arriver aux théories modernes de l'accommodation, toutes les hypothèses ont été essayées. L'accommodation étant l'opération par laquelle les images d'objets situés à des distances différentes peuvent successivement se former nettes sur la rétine, on a 'd'abord supposé que la rétine se déplaçait, que le globe oculaire s'allongeait o\i se raccourcissait dans le sens antéro-postérieur : ce qu'on a démontré faux.

Force était donc d'invoquer un changement de convergence du système optique formant l'image. On a d'abord supposé que la cornée changeait de courbure : ce qu'on a démontré faux : la surface extérieure de l'œil demeure tout entière invariable.

11 fallait invoquer une modification intérieure de* l'organe. On a d'abord supposé que le cristallin se déplaçait sans se déformer; mais les déplacements nécessaires seraient tels que cette théorie dut être abandonnée, ne serait-ce qu'à cause de l'incompressibilité.

Aujourd'hui tout le monde est d'accord pour dire que le cristallin se déforme.

2°. — Les discussions n'ont pas cessé pouç cela, car il fallait déterminer la déformation et sa cause mécanique.

Quand on passe de la vision d'objets éloignés à la vision d'objets rapprochés, il est incontestable que le sommet antérieur du cristallin s'avance et que ses faces deviennent plus courbes; le changement de courbure porte principalement sur la face antérieure.

Pendant l'accommodation, le cristallin augmente donc d'épaisseur; corrélativement, le diamètre de son cercle équatorial diminue.

La surface extérieure de l'œil ne changeant pas et les milieux de l'œil devant être considérés comme incompressibles, les parties périphériques de l'iris reculent légèrement.

Physicien, je me garderai d'entrer dans la discussion des théories sur le mécanisme de l'accommodation; voici celle d'HelmhoItz, qui, v à quelques détails près, semble universellement admise.

Le cristallin est constamment tiré radialement par la zonule de Zinn. Solidement attachée à l'arrière de l'œil et en avant à l'équateur du cristallin, elle comprime le corps vitré tout en aplatissant le cristallin et en augmentant le diamètre k de son cercle équatorial. Si, pour une raison quelconque, la tension de la zonule diminue, le cristallin se bombe sous l'action de son élasticité propre et tend à revenir à sa forme naturelle non déformée.

C'est ici qu'interviennent les fibres méridiennes ou radiales du muscle ciliaire.

Nous avons vu qu'elles s'insèrent en avant sur la circonférence de

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jonction de la cornée et de la sclérotique, à l'arrière sur les parties postérieures de la zonule. Quand les fibres du muscle ciliaire se contractent, elles font donc avancer ces parties, par suite diminuent la tension exercée par la zonule. Le cristallin reprend plus ou moins sa forme naturelle; obéissant à son élasticité propre, il se bombe.

La figure 203 représente un modèle mécanique. Le cristallin G est figuré par ttne lame ovale élastique qu'aplatit la tension du ressort Z (zonule). L'action du muscle est représentée par des poids placés sur le plateau M. Ils tendent le ressort Z et permettent à la lame de reprendre sa forme naturelle plus voisine du cercle.

Nous avons conscience que l'état de repos de l'œil correspond à la vision éloignée. Certains alcaloïdes narcotiques, comme l'atropine, qui paralysent l'action des muscles, laissent l'œil adapté sur le punctum remotum.

Fig. 203.

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