Ligne* de visée
i°. — Soient A et B (fi&. 208) deux points inégalement distants de l'œil (pinnules d'une alidade, cran de mire et guidon d'un fusil...).
Viser, c'est amener le mieux possible en coïncidence les cercles de diffusion de ces points.
L'accommodation ne peut être simultanément correcte pour À et pour B ; elle est exacte pour l'un, pour l'autre, ou pour un point quelconque intermédiaire. Pour la visée parfaite, les points A et B doivent être sur une droite qui passe par le centre C 4 de l'image P 4 de la pupille à travers la cornée {ligne de visée). La droite conjuguée est C f A'B' : les centres des cercles de diffusion coïncident.
Comme cas particulier, l'image stigmatique de l'un des points A, B, est au centre du cercle de diffusion de l'autre.
2°. — Voici une curieuse conséquence des principes posés.
On demande à quelle condition des objets identiques O, O', ... situés à des distances quelconques d'une lentille L, normalement à son axe, et regardés simultanément, peuvent se superposer sur la rétine d'un œil placé derrière la lentille.
On serait tenté de dire qu'il faut amener en coïncidence le foyer postérieur F' de la lentille et le point nodal antérieur N de l'œil (fig. 207) : c'est la solution du § 179.
Elle est inexacte ici, parce que le problème n'est pas le même.
Il ne s'agit plus, en effet, de regarder nettement et successivement les objets O, O', ... ; il s'agit de les regarder simultanément.
Dans ces conditions, pour que les images des objets se superpo*
sent au mieux sur la rétine, il faut que les extrémités de leurs images dans l'air se trouvent sur deux droites passant par le point C k . Il faut donc amener encoïncidence F' et C r
Badal a basé sur ce principe la construction d'un appareil destiné à déterminer le point C t (intersection des lignes de visée).
L'inexactitude de la première solution tie»t à l'impossibilité de s'accommoder simultanément sur des points situés à des distances différentes de l'œil.