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PHASES COLORÉES DES IMAGES ACCIDENTELLES. (379) A

avec un bord rouge, autour duquel se forma un anneau vert-bleu sombre. Avec un simple verre jaune, qui laissait passer du rouge, du jaune, du vert et des traces de bleu, on obtenait successivement du jaune, du vert, puis du gris-bleu avec un contour rouge sombre. — Avec le jaune prismatique pur, j'ai vu également le passage au vert et le contour rouge sombre. Le vert et le rouge se présentent sous les mêmes conditions dans l'image accidentelle du blanc. Purkinje (1) , au contraire, après avoir regardé pendant 12 à 60 secondes la flamme d'une bougie, observa la série : blanc éblouissant, jaune, rouge, bleu, blanc modéré, noir.

Feclmer obtint un vert assez pur, mélangé de jaune, par l'association d'un verre vert avec un bleu clair et deux jaune clair. Le soleil, regardé à travers le tout, paraissait d'un blanc verdâtre ; l'image accidentelle présentait la même coloration, avec un contour rouge sombre. En regardant à travers trois verres verts et un jaune, il obtenait du vert mélangé de très-peu de bleu et de jaune. Le soleil paraissait presque blanc et l'image accidentelle de même, mais un peu verdâtre avec un liséré blanc bleuâtre : puis, l'image devenait blanc bleuâtre avec un contour rouge sombre autour duquel on voyait pendant quelque temps un faible reflet couleur lilas. — Pour ma part, j'ai obtenu avec du vert prismatique une image accidentelle verte, bordée de bleu, et, sur fond blanc, un pourpre foncé, bordé de jaune.

Un bleu mêlé de vert fut produit par Feclmer au moyen d'une solulution de cuivre. Le soleil paraissait blanc à travers cette solution. L'image accidentelle , blanche au premier abord, devenait bleue. Il se développait ensuite un contour vert positif bordé d'un rouge négatif. — Le bleu prismatique m'a également présenté le liséré pourpre, tandis que le fond paraissait teinté de la couleur jaune d'or complémentaire.

Quant au violet homogène, Fechner l'obtint au moyen d'une couche épaisse de sulfate de cuivre décomposé par l'ammoniac (bleu céleste) et d'un verre violet. Le soleil paraissait blanc bleuâtre. Il en fut de même, au commencement, de l'image accidentelle; elle s'entourait ensuite d'un contour violet foncé qui se bordait de rouge sombre ; le fond était verdâtre. Le phénomène disparaissait avant que la couleur du contour se fût propagée jusqu'au centre.

Dans tous les cas, lorsque le bord de l'image accidentelle commence à devenir négatif, on voit le liséré rouge, tel qu'il se présente aussi dans les images accidentelles du blanc, comme si la couleur homogène était

(1) Beobachtungeu und Vcrsuche, I, 100.

500 ($80) DEUXIÈME PÂUtlE. — t)ES SENSAÎIONS VISUELLES. § 23. mélangée avec du blanc dont les phases deviennent sensibles au moment où l'effet persistant positif de la couleur principale se trouve en équilibre avec l'effet négatif de la couleur complémentaire»

Si la lumière primaire, blanche ou chromatique, est de faible intensit« ou si , tout en présentant une intensité modérée , elle ne dure que fort peu de temps, il reste des images positives, dont les phases passent par des tons blanchâtres faiblement colorés, dont la nuance est difficile à dénommer et peut se modifier de la manière la plus remarquable par des effets de contraste; aussi trouve-t-on, dans les résultats, les contradictions apparentes les plus singulières. Si l'on a dans le champ visuel un grand nombre d'objets de différentes couleurs, les différences de couleur de l'image accidentelle baissent de ton. Les images accidentelles obtenues par Aubert en éclairant des objets colorés avec l'étincelle électrique paraissent avoir été du genre de celles que je viens de signaler. Ainsi, des carrés rouges sur fond blanc lui présentent des images accidentelles rouges, tandis qu'il voyait en vert l'image accidentelle d'une bande rouge un peu large, du même rouge que les carrés précédents, posée sur fond blanc, et sur laquelle il avait collé des carrés blancs. Il voyait toujours en jaune l'image accidentelle de bandes bleues et jaunes parsemées de carrés noirs et placées sur fond noir ; placées sur fond blanc, les deux bandes bleue et jaune lui donnaient des images accidentelles bleues. La cause de ces particularités est encore à trouver.

On observe d'autres phénomènes de phases colorées sur les disques rotatifs à secteurs noirs et blancs et qui ne tournent pas assez rapidement pour produire une sensation tout à fait continue dans l'œil. — Si l'on fait tourner un semblable disque, lentement d'abord, puis, graduellement, de plus en plus vite, et qu'on le regarde fixement, en évitant de de suivre du regard l'image en mouvement, on remarque que le blanc se colore en rougeâtre sur le bord qui se présente le premier, et en bleuâtre sur le bord postérieur. Pour un faible éclairage, le ton rougeâtre tire plus sur le jaune-rouge, le bleuâtre sur le violet ; pour un éclairage intense, le premier tire sur le rose, le second sur le bleu-vert Si la rotation est lente, le ton bleuâtre s'étend d'abord sur une plus grande partie du blanc que le ton rougeâtre. Si, au contraire, la rotation est rapide, le rouge s'étend en rose sur tout le blanc, tandis que le bleuvert s'avance sur les secteurs noirs ; en somme, le violet paraît alors prédominer sur tout le disque. Pour une rotation encore plus rapide, on ne distingue plus l'un de l'autre les différents secteurs ; on voit alors

g 93, nïSQl'KS HOTATIFS PAPILLOTANTS, 501

le cù^mp finement jasp* de taches qui papillotent entre le rose violet et le gris-vert. Enfin, si la rapidité de la rotation augmente encore, le papillotago diminue, la couleur grise résultant du blanc et du nonressort de mieux en mieux et n'est plus recouverte que par de grandes taches variables, d'an rose violet, qui présentent l'aspect des taches et des bandes qu'on voit sur un tissu de soie mouillé.

On voit très-bien l'une à côté de l'autre ces différentes périodes du phénomène lorsqu'on divise un disque en trois couronnes concentriques, comme dans la figure 1/i9 : la couronne intérieure porte un secteur noir et un blanc, la couronne intermédiaire on porte deux de chaque sorte, et la couronne extérieure en porte quatre. Lorsque le disque tourne avec une certaine rapidité, on a sur le champ intérieur la coloration verdâtre prédominante du blanc, sur le champ moyen, la coloration rose, et sur le champ externe, le papillotage finement jaspé. Pour une rotation plus rapide, le champ intérieur présente la coloration rose; le champ médian, le jaspé papillotant; l'externe, le gris

Fit;. 149.

Fie. 150.

ondoyé de \iolet. Je ferai encore remarquer que la bande sur laquelle le rose est développé avec le plus de pureté paraît toujours plus foncée que les bandes voisines dans lesquelles la rapidité des alternances est, soit plus, soit moins considérable (Cf. plus haut, p, 455). Sur un disque divisé en secteurs, on ne reconnaît qu'après un peu d'exercice la disposition des couleurs qui se présentent d'abord sur les bandes blanches ; on la reconnaît plus facilement sur un disque (fig. 150) yqcouvert de deux spiralçs, noire et blanche, d'égale largeur, Jl résulte de ces observations que lorsqu'un point de la rétine reçoit des alternances rapides de lumière blanche et d'o})sçurité\ ce qui met la rétine dans des

502 (381) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § 23. états successifs d'excitation croissante et décroissante, le moment des maximums d'excitation n'est pas le même pour toutes les couleurs : l'excitation a lieu plus tôt pour le rouge et pour le violet que poulie vert.

Ces phénomènes de coloration ne se présentent pas ordinairement au premier aspect ; il faut prolonger l'observation pendant quelque temps, et alors les couleurs deviennent graduellement de plus en plus brillantes. Il paraît donc nécessaire que l'œil soit amené à un certain degré de fatigue par la lumière papillotante. Il vient s'ajouter, en outre, d'autres phénomènes qui paraissent provenir de ce que les différentes parties de la rétine sont différemment accessibles à cette sorte d'excitation. On voit apparaître, en effet, dans la lumière papillotante, certains dessins qui se rapportent en partie à des portions déterminées de la rétine : c'est Y image d'ombres et de lumières de Purkinje (1). Si la vitesse de la rotation est assez grande pour qu'on ne puisse plus distinguer les différents secteurs, leur nombre paraît augmenté, et ils forment comme un treillis de bâtons recourbés et mal délimités, dont les mailles ont leur plus grande longueur suivant le rayon du disque. Si la rapidité de la rotation augmente, le dessin devient plus fin, analogue à celui d'une broderie, et, à la partie du champ papillotant qui répond à la tache jaune, on remarque une figure arrondie ou ovale transversalement, d'un aspect particulier, qui présente des contrastes bien tranchés de lumière et d'obscurité, et qu'on peut comparer à une rose dont les pétales très-nombreux affecteraient une forme à peu près hexagonale. Au centre, on voit un point obscur entouré d'un cercle noir. On peut reproduire les mêmes figures en se tournant avec les paupières fermées vers une lumière brillante, et en faisant mouvoir devant l'œil les doigts écartés, de telle sorte que l'œil éprouve des alternatives rapides de lumière et d'obscurité. Il suffit, en somme, de produire de rapides successions d'ombre et de lumière. Purkinje distingue dans ces figures des formes primaires et des formes secondaires. Dans son œil droit, les formes primaires sont des carrés grands et petits, clairs et sombres comme sur un damier, et qui recouvrent la plus grande partie du champ visuel. Ce n'est que pour une certaine région située au-dessous du centre qu'il voit de grands hexagones. Il paraît n'avoir vu que quelques traits de la rosette assez régulière qui se forme sur la tache jaune de mon œil ; par contre, chez moi, les taches éloignées du centre ne forment ni des carrés, ni des hexagones réguliers : elles sont irrégulières et augmentent de dimensions vers la périphérie. Purkinje les voyait

(1) Beobachtungen und Vcrsuche, I, Prag, 1823, p. 10 (Lichtschattenfigur).

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